Prix des carburants : Total propose les moins chers avec ses prix plafonnés.
TotalEnergies a annoncé le plafonnement des prix de l’essence et du diesel jusqu’à la fin du mois de mars. En 2022, la société avait appliqué une remise sur ses carburants, entraînant une augmentation de la fréquentation de ses stations de 30 %.
Quand TotalEnergies a annoncé le 12 mars un plafonnement des prix de ses carburants, le litre de diesel avait déjà fortement augmenté. Toutefois, il n’avait pas encore atteint les 2,20 euros, voire 2,30 euros, comme c’est le cas dans la majorité des stations-service aujourd’hui. En décidant de limiter le prix du litre de gazole à 2,09 euros, le leader français des hydrocarbures est devenu l’offre la plus compétitive dans un secteur en forte inflation, impactant le budget de tous les automobilistes utilisant des véhicules thermiques. Alors que le prix des carburants continue d’augmenter, de plus en plus de conducteurs choisissent TotalEnergies, délaissant les stations de la grande distribution.
À Rennes, nous avons observé l’afflux constant d’automobilistes dans une station du sud de la ville. « Je ne viens jamais ici d’habitude. Mais là, c’est devenu les moins chers. Je suis passé devant Super U en venant, ils étaient à 2,22 euros », déclare Steve, un commercial. Ce dernier surveille de près le prix du litre de gazole. « Je fais 1.400 kilomètres par semaine donc forcément, ça pèse dans le budget. J’ai fait le plein hier matin. Et je suis déjà obligé de revenir. »
En temps normal, Steve opte pour « au moins cher ». « Avant que ça augmente, j’avais fait le plein à 1,50 euro le litre. Là, ça fait mal. » En Corse, ce plafonnement instauré par TotalEnergies suscite le mécontentement des autres pompistes, qui ont mené des actions de pression contre le géant du pétrole. Contactée, la société pétrolière a confirmé une « hausse de la fréquentation dans les stations », sans pouvoir fournir de chiffres précis. En 2022, TotalEnergies avait déjà mis en place une remise sur ses carburants, entraînant une augmentation de 30 % de la fréquentation de ses stations.
Un couple fait le plein d’un utilitaire de location pour un déménagement de 1.000 kilomètres. « On n’a pas choisi le bon moment », commente le mari avec un sourire ironique. Ils ont également choisi Total parce que « c’est moins cher en ce moment ». Le plein de 58 litres leur a coûté 122 euros. « Je dis merci monsieur Trump et merci monsieur Netanyahou. Si nous en sommes là, c’est à cause d’eux. »
Peu après, Paul-Marie vient mettre une dizaine de litres de gazole dans sa citadine grise. « Je préfère venir régulièrement puisque le prix n’arrête pas de fluctuer. C’est moins risqué. Surtout quand le prix va finir par baisser. Parce qu’il va bien baisser un jour », lance le retraité, cherchant une confirmation. Sans colère, Paul-Marie critique la filière pétrolière, qu’il accuse de profiter de la situation. « Même quand le prix va redescendre, on continuera à payer le prix fort. » Concernant la stratégie de Total, il commente : « Ils ont beau avoir gelé les prix, ils ont beaucoup plus de clients. Donc dans tous les cas, ils sont gagnants. »
Arrivé peu après pour mettre 88 euros d’essence dans sa berline, Baptiste considère presque avec amusement cette manœuvre de communication du raffineur français. « Ils se présentent comme des bons samaritains alors qu’ils sont les plus chers le reste de l’année. Ils ont leurs stocks, ils font ce qu’ils veulent. » Bien qu’il ait noté la hausse des prix, il se montre indifférent. « De toute façon, nous n’avons pas le choix, donc autant ne pas se faire de mal. »
Une porte-parole de TotalEnergies a confirmé que l’opération se poursuivra jusqu’au 31 mars. Sa reconduction ? « Nous ne savons pas encore. Nous allons réévaluer la situation sur les marchés pétroliers début avril. » Lors de la précédente opération de remise en 2022, les rabais avaient représenté un coût « entre 500 et 600 millions d’euros », rappelle la multinationale. « Je ne suis pas inquiet pour eux », conclut Baptiste avec un sourire. En 2025, TotalEnergies a déclaré un bénéfice de 10,9 milliards d’euros, un chiffre en baisse de 17 %, en raison de la baisse des cours du pétrole l’an dernier. Un point sera fait à la fin de l’année.

