À York, les habitants ne tournent pas la page sur Sarah Ferguson.
La municipalité de York a décidé de retirer le titre honorifique de « Freedom of the City of York » à Sarah Ferguson, ex-épouse de l’ex-prince Andrew, en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein. La décision a été adoptée à l’unanimité lors d’un vote au conseil municipal, auquel a assisté Helen Gibbons, enseignante retraitée de 78 ans.

« Tourner la page d’une histoire un peu honteuse ». À York, dans le nord de l’Angleterre, des résidents accueillent la décision de la municipalité de retirer son dernier titre honorifique à Sarah Ferguson, ancienne épouse du prince Andrew, en raison de ses connexions avec le pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
« Ce vote est une bonne chose »
Bien que cette mesure soit symbolique, elle représente un nouveau revers pour celle que les Britanniques appellent « Fergie », qui était duchesse de York jusqu’en octobre dernier. Helen Gibbons, une enseignante à la retraite, ne voulait pas manquer cet événement. Lorsque son mari lui a parlé d’un vote au conseil municipal jeudi pour déchoir Sarah Ferguson de cette distinction, elle a renoncé à une réunion de son club de lecture pour y assister. Cette femme de 78 ans était parmi le peu d’habitants de cette ville de 200.000 habitants à se rendre au Guildhall, l’édifice gothique où se réunit le conseil.
La décision de retirer à Sarah Ferguson, 66 ans, le titre de « Freedom of the City of York » (Liberté de la Ville de York) a été prise à l’unanimité, en quelques minutes. Un soulagement pour Helen Gibbons, qui estime que ce vote est « une bonne chose ». « Je me surprends moi-même car croyez-moi, je suis tout sauf une républicaine », confie-t-elle en posant la main sur son cœur.
Une image ternie par le scandale Epstein
En 1987, « Fergie » avait obtenu le titre de duchesse de York, un an après son mariage avec le prince Andrew. Ce dernier avait été le premier à perdre cette distinction en 2022, à cause de ses liens avec Epstein, décédé en 2019. Depuis lors, la chute d’Andrew s’est intensifiée, avec de nouvelles révélations sur ses connexions avec le pédocriminel. Fin octobre, il a perdu tous ses titres royaux, dont celui de duc d’York, entraînant de fait la suppression du titre de duchesse dont bénéficié Sarah Ferguson, avec laquelle il cohabitait encore récemment, malgré leur divorce en 1996.
Depuis février, Andrew est sous enquête judiciaire, suspecté de « manquements dans l’exercice de fonctions officielles », après que de nouveaux documents liés à l’affaire Epstein ont été publiés par le ministère américain de la Justice. Ces documents ont également mis en lumière les liens entre Sarah Ferguson et Epstein, à qui elle écrivait en 2009 qu’il était « le frère » dont elle avait « toujours rêvé ». Face au scandale, l’ancienne duchesse est restée discrète. Sa dernière apparition publique remonte à décembre 2025, lors du baptême de sa petite-fille Athéna. Bien qu’elle ne soit pas inquiétée par la justice, son image en a souffert. Plusieurs associations caritatives ont coupé les liens avec elle.
« On n’entendra plus parler de ces deux-là »
Helen Gibbons a réalisé l’ampleur du scandale autour de « Fergie » grâce à sa petite-fille de 17 ans. « Un samedi après-midi, en préparant le thé, elle est entrée dans une colère noire en voyant une vieille tasse à l’effigie d’Andrew et Sarah », raconte-t-elle. « Elle l’a jetée à la poubelle ! », ajoute-t-elle. Alors « j’ai commencé à lire les journaux… c’était assez choquant ».
Longtemps, les Britanniques ont semblé pardonner « Fergie » pour ses écarts et ses problèmes financiers, beaucoup considérant qu’elle apportait de la fraîcheur à une famille royale souvent perçue comme rigide. Cependant, dans la pittoresque rue médiévale de York, « The Shambles », l’humeur oscille désormais entre colère froide et indifférence. Robert Pratt, un ancien cheminot à la retraite, exprime son souhait de « tourner la page d’une histoire un peu honteuse ».
Au « Eagle and Child », un pub du centre-ville, les discussions portent davantage sur la guerre en Iran que sur Fergie. Cependant, une fois le sujet lancé, les langues se délient. Avec une pinte de bière à la main, Joe Whitehair, 45 ans, sans emploi, ne peut s’empêcher de lâcher quelques jurons en évoquant les noms d’Andrew et Sarah. En face de lui, Roger est convaincu : « On n’entendra plus parler de ces deux-là, c’est fini ».

