International

Guerre en Iran : Trafic paralysé, navires bloqués, marins tués… Bilan chiffré sur le détroit d’Ormuz

Le détroit d’Ormuz, transitant pour environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux, est au cœur des tensions depuis le début de la guerre entre l’Iran et l’alliance israélo-américaine. Depuis le 1er mars 2026, 24 navires commerciaux, dont 11 pétroliers, ont été attaqués ou signalés comme impliqués dans des incidents dans la région, selon l’agence britannique de sécurité maritime navale UKMTO.


Depuis le début du conflit entre l’Iran et l’alliance israélo-américaine, le détroit d’Ormuz, voie de passage de la majorité des hydrocarbures produits au Moyen-Orient, est au centre des tensions. En période de paix, environ 20 % du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondial transitent par ce détroit.

En instaurant un blocus de cette voie afin de négocier une résolution du conflit avec les États-Unis, l’Iran a suscité la colère de nombreux pays à travers le monde, dont les activités commerciales sont paralysées. Récemment, certains navires jugés « non-ennemis » ont de nouveau obtenu l’autorisation de traverser le détroit.

### 26 navires ont emprunté le « péage de Téhéran »

Les passages récents semblent avoir utilisé principalement une route apparemment validée par l’Iran autour de l’île de Larak, au large de ses côtes, désignée sous le nom de « péage de Téhéran » par le site maritime Lloyd’s List. Ce dernier a annoncé mercredi avoir suivi plus de 26 navires empruntant ce corridor, majoritairement appartenant à des armateurs grecs et chinois, ainsi qu’à d’autres sous pavillon indien, pakistanais et syrien.

Aucun navire suivi par un signal de transpondeur n’a emprunté la route habituelle en dehors de ce corridor depuis le 15 mars, selon Lloyd’s List. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont indiqué vendredi avoir contraint trois porte-conteneurs à faire marche arrière dans le détroit, précisant que cette voie stratégique est désormais fermée aux navires en provenance ou à destination de ports associés à « l’ennemi ».

### Un trafic maritime quasiment à l’arrêt

Jeudi, sept navires ont été détectés traversant le détroit vers l’ouest, d’après les données de la plateforme de suivi maritime Kpler. Parmi eux, deux méthaniers transportaient du gaz de pétrole liquéfié, et deux autres étaient des vraquiers transportant du maïs en provenance du port iranien de Bandar Imam Khomeini.

En temps normal, environ 120 traversées se produisent quotidiennement. Du 1er au 26 mars, seulement 165 traversées ont été effectuées par des transporteurs de marchandises, selon Kpler, représentant une chute de 95 %. Parmi ces traversées, 104 concernaient des pétroliers et des méthaniers, dont la majorité se dirigeait vers l’est, sortant du détroit.

Lloyd’s List a précisé que la plupart des navires transitant le détroit appartenaient à des armateurs grecs et chinois, ainsi qu’à d’autres armateurs indiens, pakistanais et syriens.

### Huit morts en mer, mais aucun incident depuis le 22 mars

Depuis le 1er mars 2026, 24 navires commerciaux, dont 11 pétroliers, ont été attaqués ou signalés comme étant impliqués dans des incidents dans le Golfe, le détroit d’Ormuz ou le golfe d’Oman, d’après l’agence britannique de sécurité maritime, UKMTO. Aucun incident n’a toutefois été rapporté depuis le 22 mars, date à laquelle le vraquier Phoenix a fait état d’une explosion à proximité dans les eaux émiraties.

Tous types de navires confondus, quatre attaques supplémentaires revendiquées par les Gardiens de la Révolution iraniens, l’armée idéologique de Téhéran, n’ont pas reçu de confirmation de la part des autorités internationales.

Depuis le début du conflit le 28 février, au moins huit marins ou dockers ont perdu la vie lors d’incidents survenus dans la région, selon l’OMI. Par ailleurs, quatre autres sont portés disparus et 10 ont été blessés. Environ 20 000 marins sont bloqués à bord de 3 200 navires dans la région. L’OMI a demandé la semaine dernière la mise en place d’un couloir maritime pour évacuer les navires coincés, sans succès.