Drogues, alcool et grooming : l’UE ne cible pas Snapchat sur mineurs.
Bruxelles a annoncé ouvrir une enquête pour déterminer si Snapchat disposait de garde-fous suffisants pour protéger les mineurs. En cas de manquement avéré envers les règles européennes, la plateforme pourrait écoper d’une amende allant jusqu’à 6 % de son chiffre d’affaires mondial et même risquer une interdiction d’exercer sur le marché européen.

Les réseaux sociaux sont sous le feu des critiques ces derniers temps. Alors que la France envisage d’interdire leur usage aux personnes de moins de 15 ans et que les grandes plateformes font l’objet d’accusations concernant leur impact sur la santé mentale de leurs utilisateurs, Snapchat fait face à des accusations sérieuses.
En s’appuyant sur le Digital Services Act, la Commission européenne a ouvert une enquête suite à des soupçons d’activités illégales sur la plateforme. Ces accusations sont d’autant plus inquiétantes que Snapchat est particulièrement populaire auprès des jeunes internautes.
Un manque de modération
La principale accusation concerne un déficit de protection des mineurs face aux tentatives de grooming, également connu sous le terme de « pédopiégage ». Snapchat est accusé de favoriser le recrutement d’enfants et d’adolescents pour des activités criminelles ou sexuelles. « Il se peut que Snapchat ne mette pas en place des mesures de protection suffisantes pour préserver les enfants de l’exposition à des contenus, des contacts ou des comportements préjudiciables », précise la Commission européenne.
D’autres reproches soulignent l’absence de modération en ce qui concerne la vente de produits illégaux, y compris des drogues ou des produits comme l’alcool et les cigarettes électroniques qui sont interdits aux mineurs. Pire encore, « la plateforme ne semble pas empêcher efficacement les utilisateurs, y compris les enfants et les adolescents, d’accéder à ce type de contenu », selon la Commission.

Enfin, la conception même de l’application pourrait être nuisible, en exposant de manière excessive les comptes de mineurs au reste du réseau, sans encadrement lors de l’inscription. Bruxelles soupçonne également Snapchat d’utiliser des interfaces trompeuses pour compliquer le signalement de contenus inappropriés.
Vers une interdiction de Snapchat ?
Avec un dossier déjà conséquent, enrichi par des signalements en provenance des Pays-Bas et d’Allemagne, la Commission européenne va examiner de près les pratiques de Snapchat, conformément aux prérogatives accordées par le DSA. « Snapchat semble avoir oublié que la loi sur les services numériques impose d’importantes normes de sécurité pour les internautes. Dans le cadre de cette enquête, nous examinerons de près leur conformité à notre législation », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne.
Pour aller plus loin
Comment supprimer ou désactiver son compte Snapchat ?
En cas de manquement avéré aux règles européennes, la plateforme pourrait faire face à une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires mondial et risquer une interdiction d’exercice sur le marché européen.

