France

« Ça n’a pas marché la première fois » : l’ex-belle-mère engagée dans l’« engrenage » d’empoisonnements de son gendre

Amélie B. a offert une cafetière à Enrique B. en tant que premier cadeau. Carole D., 62 ans, a reconnu les empoisonnements, affirmant à demi-mot que « C’est ma fille, je n’ai pas eu le courage de lui dire non. »


Le premier cadeau qu’Amélie B. a offert à Enrique B. était une cafetière. Ironie du sort, aujourd’hui, le quarantenaire ne peut plus boire son café sans vider l’eau de la machine. Son ex-compagne est accusée de l’avoir empoisonné à plusieurs reprises entre début 2021 et fin 2022 avec de l’alprazolam et de l’antigel versé dans ses tasses. Ces empoisonnements auraient été en partie prémédités par son ex-belle-mère.

C’est elle qui se présente à la barre en premier, ce jeudi. Carole D., 62 ans, reconnaît facilement les empoisonnements, mais peine à fournir des détails. Elle présente des bégaiements, formule des phrases courtes et prend son temps pour réfléchir. À la question « qui a eu l’idée d’empoisonner Enrique B. ? », elle répond à demi-mot : « C’est ma fille, je n’ai pas eu le courage de lui dire non. »

Les premières plantes d’aconit tue-loup ont été commandées en mai 2021, à son nom. « Car sinon monsieur B. s’en serait rendu compte », souligne l’accusée. « Je ne savais pas qu’elles avaient un caractère mortifère. » Pourtant, c’est elle qui lave et broie les feuilles et les racines à la demande de sa fille.

Concernant l’alprazolam, caché dans des plats préparés, c’est sa fille qui lui aurait donné les comprimés. « Elle me demandait de les broyer, de les mettre dans un petit sachet, je ne sais pas ce qu’elle en faisait après. » Cette manipulation, elle dit l’avoir menée à bien à deux reprises. « Ça n’a pas marché la première fois […] il était toujours vivant », alors Carole D. et Amélie B. utilisent plus de comprimés, ajoutent de l’antigel dans son café et glissent des graines de ricin dans des olives.

« Mais votre petit-fils, il aurait pu taper dans les olives, non ? », insiste la présidente, en faisant référence au premier fils d’Amélie B. « Il n’aime pas ça. » La sexagénaire marque une pause. « Mais peut-être qu’il était au courant… Pour les olives et pour les autres plats. »

Ballottée par les questions de la cour, Carole D. laisse transparaître une certaine culpabilité. « Je regrette. […] Une séparation d’un commun accord, ça aurait été mieux, mais je le trouvais toxique pour ma fille », ajoute-t-elle en évoquant sa relation avec son ex-gendre. « J’étais prise dans un engrenage, je n’arrivais plus à m’arrêter. »

Présent depuis le début de l’audience, Enrique B. n’a pas souhaité assister aux interrogatoires des deux accusées. « Il n’en peut plus », chuchotent discrètement certains membres de la cour. Amélie B. a commencé à prendre la parole dans la soirée, en exprimant des « regrets ».