Belgique

Tests génétiques de féminité : « Cela ne respecte pas les valeurs olympiques »

Le CIO va revoir les règles d’admission aux épreuves féminines dès les prochains Jeux olympiques, en réservant les épreuves exclusivement aux femmes non-porteuses du gène SRY. Cette règle avait déjà été en vigueur entre 1968 et 1996 avant d’être abandonnée.


Le Comité international olympique (CIO) va modifier, dès les prochains Jeux olympiques, les règles d’admission aux épreuves féminines. Ce jeudi, l’organisation a annoncé que ces épreuves seraient désormais réservées uniquement aux femmes qui ne portent pas le gène SRY, établissant ainsi une règle uniforme pour tous les sports, sans permettre aux fédérations de définir leurs propres règlementations.

Hugo De Waha a interrogé Thomas Vandormaele, consultant de la RTBF pour les courses de fond et entraîneur de coureuses de haut niveau, sur ce sujet. Il a déclaré : « C’est une manière de bannir les sportives transgenres et intersexes qui seraient naturellement porteuses de variations génétiques. Pour la plupart, ce sont des athlètes considérées comme filles depuis l’enfance et qui pourraient se retrouver dans une situation où elles ne peuvent pas concourir. »

De manière générale, le coach exprime son malaise face à cette décision : « Il faut pouvoir se poser la question de savoir ce qu’est la féminité. Est-ce un test de féminité ou d’équité ? Déterminer le sexe est complexe. La communauté scientifique s’oppose fermement à ce genre de tests car vérifier l’absence du chromosome Y n’est pas suffisant pour déterminer la féminité. Certes, beaucoup d’athlètes ont souffert d’une injustice, que ce soient celles qui ont été battues par des athlètes transgenres ou d’autres qui ont été exclues comme Caster Semenya de manière relativement injuste car il n’existe aucune culpabilité de leur part. Toutefois, posséder une morphologie légèrement différente est le cas de tous les athlètes de haut niveau. Le problème ici est l’exclusion d’athlètes qui n’auront pas une catégorie à part qui leur serait réservée. Selon moi, les premières valeurs olympiques ne sont pas l’exclusion au nom d’une certaine équité mais plutôt des valeurs de partage et d’inclusion. »

Il est à noter que cette règle avait déjà été en vigueur entre 1968 et 1996 avant d’être abandonnée.