Infirmières d’Asalée en grève : salaires impayés depuis deux mois
Le tribunal judiciaire de Paris examine ce vendredi 27 mars la situation de l’association Asalée après sa cessation de paiements début mars. L’association revendiquait en février 2024 2.963 implantations en France métropolitaine et en Outre-mer.
«Les pouvoirs publics cherchent à prendre le contrôle de ce réseau qui fonctionne particulièrement bien, déclare Magali Courbes, infirmière au sein d’Asalée dans le Gers depuis six ans. Cela nous permettrait d’être soumis à des protocoles établis depuis des bureaux à Paris, alors que nos accompagnements se basent sur des constats de terrain.»
Ce vendredi 27 mars, le tribunal judiciaire de Paris va examiner la situation de l’association, suite à sa cessation de paiements début mars. Les salaires d’environ 2.000 infirmières de l’association Asalée, non versés depuis février, devraient être « très rapidement payés » après la prochaine audience, a annoncé mardi la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Un réseau attaché à son indépendance
Les difficultés financières d’Asalée proviennent du refus de l’Assurance maladie, son principal financeur à hauteur d’environ 100 millions d’euros par an, de continuer à verser des paiements tant que l’association n’aura pas mis en œuvre les réformes de gestion exigées par un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales, rendu public en juillet dernier.
Pour cette soignante, ce rapport, qui met en évidence des problèmes de gouvernance au sein du réseau fondé en 2004, sert de prétexte à la fin de l’indépendance de ce dispositif de médecine libérale. Basé sur une coopération unique entre médecins généralistes et infirmières diplômées d’État (IDE), il propose une éducation thérapeutique destinée aux patients atteints de maladies chroniques (diabète, prévention des risques cardiovasculaires, dépistage des troubles cognitifs, etc.).
Vers une société coopérative d’intérêt collectif ?
Les infirmières n’effectuent pas d’actes techniques, mais aident le patient à comprendre sa maladie, ses symptômes et à ajuster son hygiène de vie. « C’est essentiel pour son adhésion au traitement, car on observe qu’il décompense moins et, en fin de compte, qu’il consomme moins de médicaments, souligne Magali Courbes. Nos accompagnements permettent de réaliser des économies pour le système de santé. »
Suite au déclenchement du régime de garanties des salaires attendu après l’audience et une période de surveillance d’au moins six mois, renouvelable une fois, « nous espérons prouver que nous n’avons rien à nous reprocher et pouvoir continuer notre projet de transformation de l’association en Société coopérative d’intérêt collectif (SCIC) », conclut Magali Courbes, responsable de l’accompagnement des nouvelles équipes au sein de l’association. Asalée reçoit entre 3.000 et 4.000 candidatures chaque année d’infirmiers désireux de les rejoindre.
L’association revendiquait en février 2024 un total de 2.963 implantations en France métropolitaine et en Outre-mer.

