Hommages à Lionel Jospin : Macron et d’autres saluent son héritage.
Emmanuel Macron a rendu hommage à Lionel Jospin, décédé le 23 mars à l’âge de 88 ans, lors d’une cérémonie aux Invalides à Paris le 26 mars 2026. Les obsèques de Lionel Jospin, qui sont publiques, se dérouleront à partir de 14h30 au cimetière parisien du Montparnasse.
« Un repère dans notre Histoire et notre esprit ». Ce jeudi, lors d’une cérémonie aux Invalides, Emmanuel Macron a rendu un hommage national à Lionel Jospin, ancien Premier ministre socialiste décédé le 23 mars à l’âge de 88 ans.

Dans son discours, le président a déclaré : « Il a modernisé la vie économique, sociale et démocratique de la Nation de manière inédite », permettant à la France d’« entrer dans ce siècle qui s’ouvrait ». Emmanuel Macron a aussi souligné que l’ancien secrétaire national du Parti socialiste, à la tête de la « gauche plurielle », avait « modernisé » la France « de manière inédite ».
Présent en compagnie de sa veuve, la philosophe Sylviane Agacinsky, Emmanuel Macron a également fait plusieurs fois référence à la « rigueur » de cet « héritier » de Jean Jaurès, Léon Blum et François Mitterrand. Selon lui, « seul l’esprit de rigueur rend possible l’idéal », rappelant des réformes variées, comme les 35 heures, la couverture maladie universelle et le Pacs, préfigurant le mariage pour tous.

Une réunion de presque toute la gauche
De nombreuses personnalités étaient également présentes. Martine Aubry était là, tout comme l’ancien dirigeant du PCF, Robert Hue. Les anciens ministres de la « gauche plurielle » étaient presque tous représentés, de Pierre Moscovici, qui a évoqué son « mentor », à Hubert Védrine, Bernard Kouchner, Catherine Trautmann, ainsi que le communiste Jean-Claude Gayssot. L’ancien président François Hollande, très proche de Lionel Jospin et gardien de « la vieille maison », le Parti socialiste, en tant que Premier ministre, était aussi présent.

Finalement, la relève était aussi présente pour saluer « un modèle », a déclaré le secrétaire général du Parti socialiste, Pierre Jouvet, venu avec le actuel leader, Olivier Faure.

La cérémonie, qui s’est tenue dans la cour Sud du Dôme et non dans la cour d’honneur pavée selon la tradition en raison de travaux, a ainsi réuni cette « gauche plurielle » que Lionel Jospin avait su rassembler, incluant des socialistes, des Verts, des communistes, des radicaux et des chevènementistes.
Ce rassemblement apparaît en contraste frappant avec les divisions qui affectent aujourd’hui les gauches radicale et sociale-démocrate, considérées par certains comme « irréconciliables ».

Des bannis et des absents
Des personnalités ayant récemment été mises à l’écart pour divers scandales ont également fait le déplacement pour rendre un dernier hommage à Lionel Jospin, notamment Jack Lang et Dominique Strauss-Kahn, son ancien ministre des Finances. Ce dernier a évoqué « le souvenir d’un homme droit, construit, au service des autres […] un homme comme il y en a peu aujourd’hui ».
En revanche, Jean-Luc Mélenchon, ancien ministre de l’Enseignement professionnel de 2000 à 2002, était absent. Après avoir d’abord exprimé son mécontentement de ne pas avoir reçu d’invitation, ce que l’Élysée et les proches de l’ancien Premier ministre ont démenti, il a ensuite indiqué avoir été convié par message jeudi « matin ». Un délai qu’il a jugé trop court pour « être présent à Paris », a-t-il précisé.

Une rose en hommage
Le cercueil, entré dans la cour au son du tambour, est ressorti sur l’interprétation de « Les Feuilles mortes » de Jacques Prévert et Vladimir Kosma, par l’orchestre de la Garde républicaine. Cette chanson avait été interprétée par Lionel Jospin lui-même dans une émission télévisée en 1984. À cette occasion, le PS avait invité chaque militant à apporter une rose, symbole du parti.
Les obsèques, ouvertes au public, auront lieu à partir de 14h30 au cimetière parisien du Montparnasse.

