Le Parlement européen valide des centres d’expulsion des migrants hors de l’UE.
La politique migratoire européenne se durcit avec la validation par le Parlement européen de la création de centres de rétention pour migrants, hors des frontières de l’Union européenne. En février, le centre testé par l’Italie en Albanie accueillait environ 90 personnes, selon une source au sein des autorités italiennes.
La décision a été saluée par les partis de droite et d’extrême droite en Europe. La politique migratoire au sein de l’Union européenne se renforce considérablement avec l’approbation par le Parlement européen de la création de centres de rétention pour migrants, situés en dehors des frontières de l’Union.
Actuellement, environ 20 % des décisions d’expulsion prises par les États membres de l’Union européenne aboutissent concrètement, une statistique vivement critiquée par ceux qui plaident pour une politique migratoire plus stricte. Sous pression pour adopter des mesures plus sévères, la Commission européenne a présenté il y a un an un projet visant à accroître le nombre d’expulsions.
Des « hubs de retour » déjà expérimentés
Ce dispositif a été validé jeudi matin par une large majorité d’eurodéputés, issus de la droite, de l’extrême droite et du centre, réunis en plénière à Bruxelles. Ce texte permettra de « garantir ce principe simple : si vous venez illégalement en Europe, soyez sûr que vous n’y resterez pas », a déclaré l’eurodéputé François-Xavier Bellamy.
Il donnerait aux États membres la possibilité d’ouvrir des centres pour migrants dans des pays en dehors de l’UE, où ils pourraient envoyer, et éventuellement y détenir, des personnes dont la demande d’asile a été rejetée et qui sont tenues de quitter le territoire. Ces « hubs de retour » seraient ainsi créés.
L’idée de créer des centres pour détenir des migrants avant ou après l’examen de leur demande d’asile n’est pas nouvelle. Elle a déjà été mise en pratique par l’Italie en Albanie. Ce centre est resté largement inoccupé, en raison de plusieurs contestations judiciaires. En février, il accueillait environ 90 personnes, d’après une source des autorités italiennes.
Certains pays, comme la France et l’Espagne, demeurent sceptiques quant à l’efficacité de ces centres et ont jusqu’à présent pris leurs distances par rapport aux discussions autour de leur mise en œuvre.

