Vendée : « Maman poule » et « enfant gâtée » accusées d’empoisonnement inspirées par Netflix
Amélie B., 37 ans, et sa mère Carole D., 62 ans, ont tenté d’empoisonner Enrique B., le compagnon d’Amélie B., entre 2020 et 2022, en utilisant différentes substances poisonnes. Au tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon, elles assument leurs responsabilités et encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
De « l’aconit tue-loup » haché dans du chili con carne, des « graines de ricin » dissimulées dans des olives, de « l’alprazolam » glissé dans des tasses de café. Au tribunal judiciaire de La Roche-sur-Yon, la fiction s’est transformée en réalité, avec Netflix comme source d’inspiration criminelle. Ce mercredi, devant la cour d’assises, Amélie B., 37 ans, et sa mère Carole D., 62 ans, assument pleinement leurs responsabilités : oui, entre 2020 et 2022, elles ont tenté d’empoisonner Enrique B., le compagnon d’Amélie B., pour se « débarrasser de lui ». Cette entreprise a heureusement échoué malgré de nombreuses tentatives inspirées de séries à succès.
Pour « s’entraîner », Amélie B. a d’abord ajouté de l’antigel dans la nourriture de leur chien, Psycho, qui a été euthanasié après plusieurs jours d’agonie. Frustrée, elle demande à sa mère de dissoudre des comprimés d’alprazolam dans du café avant de hacher des feuilles d’aconit tue-loup, une plante toxique utilisée dans la série « You », qu’elle a ensuite fait mijoter dans un chili con carne. Des graines de ricin ont été cachées dans des olives et broyées dans un sachet de tabac. Au cours d’une audition, Amélie B. a avoué s’être inspirée d’un épisode de la série « Breaking Bad ».
Mercredi, les personnalités des deux accusées ont été analysées en détail. Carole D. est décrite comme une « maman poule » en « quête affective », vivant dans un « état de mal-être » profond depuis la mort de son fils à l’âge de neuf mois. Amélie B., née peu après, est qualifiée d’« enfant gâtée », protégée par une mère « très protectrice ». Une relation « fusionnelle » presque « passionnelle » s’est rapidement installée entre elles.
« C’est avec l’arrivée d’Enrique B. que cette relation entre la mère et la fille est interrompue », a expliqué Thibault Vincent, psychologue, à la barre. Selon Amélie B., sa relation avec le Vendéen a commencé par un « coup de foudre », une histoire « comme dans les films ». Leur bébé est né en 2020, mais leur relation s’est détériorée et tous deux ont indiqué avoir subi des violences. Malgré son apparence de caïd, crâne rasé, corps tatoué et veste en cuir, la victime, âgée de 42 ans, écoute, impassible, le récit de son histoire devant la cour d’assises.
« Dans cette période de ma vie, j’étais très ambivalente, très paradoxale. Je n’arrivais pas à partir, je l’aimais. En même temps, je me sentais prisonnière », a déclaré Amélie B. Elle se décrit elle-même comme « jalouse » et « possessive ». Elle regrette d’avoir impliqué sa mère dans ce projet d’empoisonnement, précisant que « c’est parce qu’elle n’a jamais été capable de refuser quoi que ce soit à sa fille que Carole D. a accepté d’écraser des cachets », explique une autre experte psychiatre.
Amélie B. et Carole D. risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

