France

Elections municipales 2026 : Maires élus au second tour malgré condamnations

Frédéric Boccaletti (RN) a été élu à Six-Fours-les-Plages (Var) avec 50,06 % des voix malgré un passé judiciaire lourd, ayant été condamné pour des faits de violence en réunion avec arme en août 2000. Patrice Calméjane (LR) a remporté les élections à Villemomble (Seine-Saint-Denis) avec 40 % des voix après avoir été condamné pour n’avoir pas envoyé à temps ses comptes de campagne, subissant une période d’inéligibilité de quatre mois.

«La loi est l’expression de la volonté générale », indique la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui est l’un des piliers de notre démocratie. Cependant, que penser lorsque nos élus eux-mêmes ne respectent pas la loi ? De nombreux candidats condamnés par la justice ont pu se présenter aux élections municipales. Il y a une semaine, nous avions dévoilé ceux, tous des hommes, qui avaient été élus dès le premier tour. Voici maintenant une deuxième série, qui complète la liste des candidats condamnés par la justice mais élus, cette fois au second tour. Ils sont présentés par ordre alphabétique.

Frédéric Boccaletti (RN) à Six-Fours-les-Plages (Var)

Le maire de Six-Fours-les-Plages, dans le Var, est membre du Rassemblement national, un parti où l’on observe une forte représentation d’élus condamnés par la justice, à l’instar de droite, comme l’a déjà montré le site casier-politique.fr. Il est également député et à présent maire, ayant devancé de quelques voix (50,06 % contre 49,94 %) son adversaire LR, Jean-Sébastien Vialatte. Cependant, Frédéric Boccaletti a un lourd passé judiciaire, puisqu’il a été condamné pour violence en réunion avec arme. Ces faits remontent à plus de vingt-cinq ans, en août 2000, lors d’un collage d’affiches, alors qu’il était secrétaire départemental adjoint du Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret. Il avait été incarcéré pour des « coups de feu tirés lors d’une altercation avec cinq jeunes », comme l’a rapporté Libération, entre autres.

Patrice Calméjane (LR) à Villemomble (Seine-Saint-Denis)

L’ancien maire de Villemomble fait son retour, après avoir été condamné pour ne pas avoir envoyé à temps ses comptes de campagne. Le tribunal administratif de Montreuil avait imposé une inéligibilité de quatre mois, qui a été purgée après le rejet de son recours au Conseil d’État en septembre 2019. Cela n’a pas empêché la fédération de Seine-Saint-Denis des Républicains de le réinvestir. Patrice Calméjane a remporté l’élection avec 40 % des voix, face à son concurrent Jean-Michel Bluteau (DVD), un ancien adjoint devenu rival.

Laurent Cathala (PS) à Créteil (Val-de-Marne)

Le maire de 80 ans s’apprête à entamer son neuvième mandat. Ni son âge ni une condamnation antérieure pour dénonciation calomnieuse n’ont dissuadé ses électeurs. En effet, il avait été condamné à une amende avec sursis. Il a été réélu avec 50,65 % des voix, face à une liste insoumise et une liste de droite.

Aly Diouara (LFI) à La Courneuve (Seine-Saint-Denis)

La liste menée par le député LFI Aly Diouara, âgé de 39 ans, a obtenu la première place au second tour avec 52 % des votes. Sa condamnation en première instance le 9 mars dernier pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris n’a pas changé l’issue. Il avait accusé son adversaire socialiste, Oumarou Doucouré, de « pratiques clientélistes » par l’achat de voix. Aly Diouara avait présenté un certificat médical lors du jugement en appel, le 18 mars, de sorte que son affaire sera prochainement examinée à nouveau, après une audience de fixation prévue le 26 mars.

Bruno Genest (sans étiquette) à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne)

Élu en 2014, battu en 2020, Bruno Genest est de retour. Cela malgré une condamnation pour violence conjugale en mars 2023 visant son ancienne compagne. Il avait écopé de cinq mois de prison avec sursis et de deux ans d’inéligibilité, tout en échappant à une condamnation pour viol. Sa liste a recueilli 42 % des suffrages exprimés.

Marc Petit (DVG) à Firminy (Loire)

Marc Petit a été réélu malgré son exclusion du Parti communiste. Il a remporté le second tour des élections municipales de Firminy avec 46 % des voix. En 2019, il avait été condamné pour agression sexuelle à six mois de prison avec sursis, et définitivement condamné en appel en 2021. Une employée du conseil départemental du Puy-de-Dôme l’a accusé de l’avoir conduite dans un endroit isolé du centre de congrès « pour tenter de l’embrasser et lui caresser un sein ». Les protestations et la pétition signée par plus de 9.000 personnes n’ont pas entravé son élection.

André Santini (UDI) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)

André Santini (UDI), maire d’Issy-les-Moulineaux depuis 1980, a été réélu à 85 ans avec 48 % des voix, cumulant autant d’affaires judiciaires que de mandats. Il a été condamné à plusieurs reprises, notamment pour injures publiques (« misérable minable », « complètement givrée », « petit con » faisant partie des insultes adressées à ses adversaires). Il a également fait l’objet d’une plainte pour outrage sexiste après avoir qualifié deux élues de « pin-up ». Bien qu’il ait été condamné pour détournements de fonds dans une autre affaire, il a été relaxé par la suite. Cependant, il doit encore faire face à une dernière affaire : il est accusé de harcèlement et d’agression sexuelle par deux hommes, âgés de 24 et 31 ans, des accusations qu’il nie.

Si vous avez repéré d’autres personnes élues dès le premier tour des municipales et condamnées par la justice, vous pouvez nous le signaler à l’adresse [email protected].