« Sabbat El Ghoula » de Mokhtar Ladjimi sélectionné à Luxor.
Le long métrage « Sabbat El Ghoula » a été retenu en sélection officielle, hors compétition, dans le cadre de la 15e édition du Luxor African Film Festival, prévue du 29 avril au 5 mai 2026 en Égypte. Mokhtar Ladjimi y officiera en tant que président du jury des courts métrages et documentaires.
Le long métrage « Sabbat El Ghoula » (L’Odyssée de l’oubli), réalisé par le cinéaste tunisien Mokhtar Ladjimi, a été choisi pour la sélection officielle, hors compétition, de la 15e édition du Luxor African Film Festival (LAAF), qui se déroulera en Égypte du 29 avril au 5 mai 2026. Le film sera présenté lors d’une projection spéciale, en présence des actrices Hélène Catzaras et Fatma Ben Saïdane.
Cette participation s’inscrit dans une édition particulièrement riche du festival, marquée par la célébration du centenaire du célèbre cinéaste égyptien Youssef Chahine.
De plus, Mokhtar Ladjimi agira en tant que président du jury des courts métrages et documentaires, soulignant ainsi sa place unique dans le paysage cinématographique africain et arabe.
À travers « Sabbat El Ghoula », le réalisateur offre une plongée perturbante dans les méandres de la mémoire et de l’imaginaire. L’intrigue suit Zina Belkacem, une enseignante d’histoire à la retraite et romancière populaire, qui souffre de la maladie d’Alzheimer à un stade précoce.
Alors qu’elle se prépare à publier un récit autobiographique, elle revisite son enfance dans la maison familiale de La Goulette, où se sont déroulés des événements mystérieux et des expériences inexpliquées.
Entre souvenirs fragmentés, hallucinations et récits imprégnés de superstition, Zina navigue dans une zone indéfinie où réalité et fiction se mêlent. Sa mémoire vacillante évoque un passé riche, traversé par des épisodes historiques majeurs, comme la crise de Bizerte en 1961, dans le contexte de la guerre d’Algérie et de la guerre froide.
À travers ce parcours intime, le film interroge la persistance des croyances populaires et des mythes dans la société tunisienne contemporaine.
Avec une écriture alliant drame psychosocial et dimension fantastique, « Sabbat El Ghoula » explore les fractures de la mémoire individuelle et collective. Mokhtar Ladjimi dresse le portrait d’une Tunisie pluraliste, où les traditions orales, les légendes urbaines et les héritages culturels continuent d’enrichir l’imaginaire collectif, malgré les transformations de la modernité.
Grâce à cette sélection au LAAF, « Sabbat El Ghoula » entame un nouveau parcours international, attestant de l’intérêt croissant pour un cinéma tunisien audacieux, à l’intersection de l’histoire, du fantastique et de la mémoire.

