Tunisie

Tunisie : 1,4 million de ruraux ne disposent pas d’eau potable

Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a signalé que près de 1,465 million de ruraux (39,6 %) sont privés d’eau, tandis que 700 000 citadins (7,3 %) n’ont pas d’accès direct à l’eau. Selon le FTDES, en 2025, les revendications liées à l’eau ont représenté 41 % des mouvements de protestation environnementaux en Tunisie.


Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) a demandé une révision en profondeur des politiques nationales sur l’eau afin de garantir un accès équitable à cette ressource, devenue un facteur d’inégalités majeures dans le pays.

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, célébrée chaque année le 22 mars, le FTDES a souligné l’importance de finaliser le processus de révision du Code des eaux, en vigueur depuis 1975, en intégrant une approche de genre pour protéger les femmes et les filles, particulièrement vulnérables face à la pénurie d’eau.

Le forum a également appelé à l’ouverture d’un dialogue participatif avec la société civile concernant le projet du nouveau code des eaux avant qu’il ne soit présenté au Parlement.

Il a aussi insisté sur la nécessité pour l’État de reconnaître l’eau comme un droit fondamental inaliénable, d’en garantir une quantité et une qualité suffisantes pour tous les citoyens, de développer les infrastructures nécessaires dans les zones marginalisées et de protéger les ressources contre la surexploitation industrielle.

Les revendications du forum reposent sur un constat alarmant : près de 1,465 million de ruraux (39,6 %) sont privés d’eau, tandis que 700 000 citadins (7,3 %) n’ont pas d’accès direct à l’eau, bien que le taux de raccordement au réseau de la SONEDE dans les zones urbaines atteigne 96,3 %.

L’injustice concernant l’accès à l’eau potable impacte également l’éducation, avec 527 écoles ne disposant pas d’eau potable (12 %).

De plus, le forum estime que 128 écoles manquent de blocs sanitaires, dont 74 se situent dans les gouvernorats du Centre-Ouest (Kairouan, Kasserine et Sidi Bouzid), ce qui favorise l’abandon scolaire et les maladies.

Selon le FTDES, cette crise entraîne des déplacements forcés vers les villes et aggrave la précarité des femmes rurales.

Cette situation engendre une frustration sociale croissante, puisque, en 2025, les revendications liées à l’eau ont constitué 41 % des mouvements de protestation environnementaux en Tunisie.