Belgique

Rumeurs persistantes sur Carrefour en Belgique : ambiance compliquée dans les magasins.

Carrefour Belgique pourrait être racheté par un Fonds d’investissement allemand, Aurelius. « Carrefour reste donc pleinement mobilisé pour développer ses activités en Belgique dans la durée. »


Depuis plusieurs mois, les employés de Carrefour sont confrontés à des informations inquiétantes, parfois contradictoires. La dernière en date annonce que Carrefour Belgique pourrait être acquis par le fonds d’investissement allemand, Aurelius. « Cet acteur important du private equity européen s’intéresserait à la reprise de la branche belge de Carrefour, en tandem avec le management local », rapportent De Tijd et l’Echo, qui ont publié l’information ce mercredi matin.

En décembre, ces mêmes médias avaient évoqué un départ imminent du groupe de Belgique, jugée trop peu rentable. Cette annonce avait accéléré les discussions autour de l’ouverture dominicale de l’enseigne, que les syndicats refusaient jusqu’alors.

En février dernier, l’enseigne avait indiqué vouloir se concentrer sur ses marchés clés : la France, l’Espagne et le Brésil. Pour les autres pays où le groupe est actif, notamment la Belgique, la Pologne et l’Argentine, Carrefour visait une « gestion dynamique des actifs ». C’est dans ce contexte qu’a émergé la rumeur de rachat par le fonds d’investissement allemand.

Bien que cette rumeur ait été démentie par la direction du groupe (voir ci-dessous), toutes ces informations et annonces au niveau international érodent la relation entre les syndicats et la direction.

Pour rappel, en Belgique, Carrefour compte 40 hypermarchés, 440 Carrefour Market, 300 Express et 200 points de retrait. La majorité de ces magasins sont déjà sous franchise, mais environ 80 magasins, dont les plus grands, restent la propriété du groupe international.

Des travailleurs inquiets, qui n’arrivent plus à travailler dans des conditions sereines.

« Nous apprenons ces infos, ou ces rumeurs, dans la presse », explique Manuel Gonzalez, permanent CNE chez Carrefour. Il dénonce cette communication ou ces fuites qui compliquent les discussions possibles entre syndicats et direction. « Nous apprenons ça via des journaux sérieux, pas sur Tik Tok ou Facebook. Et même si c’est démenti par la direction, le mal est fait. Le doute est là. »

« Nous avons de plus en plus de mal à croire ce que dit la direction belge du groupe », ajoute-t-il, « Elle nous dit qu’elle se battra pour que Carrefour reste en Belgique, qu’ils feront tout ce qu’il faut. Mais nous attendons une communication du groupe mondial. C’est ça, et seulement ça, qui nous fera reprendre confiance. »

Le permanent syndical évoque aussi l’ambiance dans les magasins Carrefour ces derniers mois : « C’est difficile de continuer à travailler dans ces conditions », explique Manuel Gonzalez. « En plus, dans le contexte actuel : on a vu nos collègues de Cora, de Delhaize, d’Intermarché… On perd espoir. »

La direction internationale du groupe réagit.

Dans un communiqué adressé à tous les magasins en Belgique et à la presse, la direction du groupe insiste sur le fait que la priorité de Carrefour est « de poursuivre la transformation engagée avec succès, d’améliorer la performance opérationnelle et de construire un modèle durable, au service de nos clients et de nos partenaires […] Carrefour reste donc pleinement mobilisé pour développer ses activités en Belgique dans la durée. »

Pour la direction nationale de l’enseigne, ce message du groupe représente « un message fort et une belle reconnaissance de nos efforts. »

« Carrefour reste donc pleinement mobilisé pour développer ses activités en Belgique dans la durée. »

Il semble que Carrefour ait l’intention de rester sur le sol belge le plus longtemps possible. À noter que Carrefour Belgique s’est engagé dans un plan « Polaris », visant à améliorer le redressement opérationnel de l’enseigne dans le pays. Ce plan, initié début 2026, prévoit plusieurs millions d’euros d’investissements ainsi qu’une garantie d’emplois, et doit s’étendre jusqu’en 2028. Reste à voir si, à cette échéance, Carrefour maintiendra sa volonté de rester en Belgique.