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Les négociations Washington-Téhéran ne sont pas encore confirmées.

L’Iran a tiré mercredi des missiles et des drones contre ses voisins du Golfe et Israël, tandis qu’Israël continue de bombarder Téhéran et le Liban. L’Iran a affirmé que les « navires non hostiles » pouvaient désormais « bénéficier d’un passage sûr par le détroit d’Ormuz en coordination avec les autorités compétentes », selon l’Organisation maritime internationale.


L’Iran a effectué mercredi des tirs de missiles et de drones en direction de ses voisins du Golfe et d’Israël, tandis que ce dernier poursuit ses bombardements sur Téhéran et le Liban, malgré les déclarations américaines sur un plan de paix qui ont apaisé les marchés.

Donald Trump a affirmé que l’Iran et les États-Unis négocient « en ce moment » pour tenter de mettre fin au conflit, mentionnant la participation de son émissaire Steve Witkoff, de son gendre Jared Kushner, du vice-président JD Vance et du secrétaire d’État américain Marco Rubio.

Mercredi, les prix du pétrole ont baissé et les Bourses d’Asie ont repris des couleurs, alors que l’Iran dément l’existence de discussions destinées à mettre un terme à la guerre commencée le 28 février.

Plusieurs médias, dont le New York Times et la chaîne israélienne Channel 12, rapportent que l’administration Trump a proposé à l’Iran un plan de paix en 15 points via le Pakistan, qui a de bonnes relations avec les deux parties. Selon trois sources anonymes citées par Channel 12, les États-Unis suggèrent un cessez-le-feu d’un mois pour permettre aux autorités iraniennes d’examiner leurs demandes.

D’après cette source, parmi les 15 points, cinq portent sur le programme nucléaire iranien, d’autres exigent l’arrêt du soutien aux alliés de l’Iran dans la région, tels que le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien, et un point insiste sur le maintien de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. En contrepartie, l’Iran bénéficierait d’une levée des sanctions internationales et d’un soutien pour son programme nucléaire civil.

Concernant le détroit d’Ormuz, l’Iran a déclaré que les « navires non hostiles » pouvaient désormais « bénéficier d’un passage sûr en coordination avec les autorités compétentes », selon l’Organisation maritime internationale (OMI). Ce détroit est crucial, car près de 20 % de la production mondiale d’hydrocarbures y transite. Le blocage quasi total de cette voie par Téhéran ces dernières semaines a entraîné une flambée des prix du pétrole.

Pour atténuer les conséquences de la guerre, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a déclaré qu’il était « prêt » à effectuer un nouveau déstockage de pétrole « si et quand ce sera nécessaire », suite à une demande du Japon. Donald Trump a aussi évoqué mardi un « très gros cadeau » relatif aux hydrocarbures, sans donner d’autres précisions, qui pourrait être en lien avec cette réouverture partielle du détroit.

Washington n’a pas précisé si Israël était impliqué dans ces discussions. Du côté iranien, il est catégoriquement démenti qu’il y ait des négociations avec les États-Unis. Mercredi matin, la presse locale a qualifié de « mensonges » les propos du président américain, avec le quotidien conservateur Javan publiant une caricature de Trump avec un nez de Pinocchio.

Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, présenté par le site Axios comme l’interlocuteur de Washington, a dénoncé lundi les « fausses informations » utilisées « pour manipuler les marchés financiers et pétroliers ». La diplomatie iranienne a simplement reconnu avoir reçu, par l’intermédiaire de « pays amis », des « messages transmettant une demande américaine de négociations ».

L’actualité rapporte également qu’au Koweït, une attaque de drones a provoqué un incendie dans un réservoir de carburant à l’aéroport international, selon l’Autorité de l’aviation civile, sans faire de victimes connues. L’Iran déclare viser des intérêts américains dans le Golfe.

De son côté, l’armée israélienne a affirmé avoir « lancé une série de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran », notamment sur deux sites de production de missiles de croisière navals. « Les bruits, les explosions et les missiles font désormais partie de notre vie quotidienne », a confié une femme de 35 ans, originaire du Kurdistan iranien et résidant à Téhéran.

Israël continue son offensive au Liban, où au moins neuf personnes ont été tuées la nuit dernière dans trois frappes sur le sud, considéré par Israël comme un bastion du Hezbollah. Selon l’agence de presse officielle libanaise ANI, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation des habitants de sept quartiers de la banlieue sud de Beyrouth, déjà massivement désertés après de lourdes frappes, en prévision d’actions militaires.

Depuis que le Liban a été entraîné dans le conflit régional le 2 mars à la suite d’attaques du Hezbollah contre Israël, plus d’un millier de personnes ont péri à la suite des frappes israéliennes, et plus d’un million de personnes ont été déplacées, selon les autorités. Israël a déclaré vouloir s’emparer d’une zone jusqu’au fleuve Litani, situé à environ 30 kilomètres de la frontière, afin d’assurer sa sécurité.