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Trois questions pour comprendre la guerre asymétrique Iran-États-Unis

Lundi 23 mars, le président américain Donald Trump a annoncé être en contact avec un responsable du régime iranien et aurait initié des négociations le jour suivant. Au 26e jour de la guerre, la Maison Blanche annonce avoir proposé un plan de paix à l’Iran, tandis que le régime des mollahs dément toute négociation.

Y a-t-il vraiment des négociations secrètes entre États-Unis et l’Iran en ce moment ?

Lundi 23 mars, le président américain Donald Trump a déclaré être en contact avec un responsable du régime iranien et aurait débuté des négociations le jour suivant, alors que les échanges de missiles dans la région se poursuivaient. Au 26e jour de la guerre, la Maison Blanche a annoncé avoir proposé un plan de paix à l’Iran. Le régime iranien, pour sa part, a nié toute négociation, mais a annoncé assouplir son blocage du détroit d’Ormuz, permettant « les navires non hostiles » d’accéder au passage du Golfe sous certaines conditions de sécurité.

Didier Leroy exprime son scepticisme quant à l’existence réelle de ces négociations, « car l’administration Trump maintient une communication intentionnellement floue pour induire l’ennemi en erreur. Il ne faut pas s’emballer. La dernière fois que des négociations ont eu lieu, l’offensive israélo-américaine a commencé, donc la confiance aujourd’hui entre les parties potentiellement négociatrices est quasiment inexistante« .

L’affaiblissement des capacités militaires iraniennes signifie-t-il que la guerre au Moyen-Orient touche à sa fin ?

L’asymétrie militaire est devenue évidente après trois semaines de conflit, illustrant l’énorme disparité des capacités entre l’Iran et ses adversaires. « La coalition israélo-américaine a démontré une puissance de feu impressionnante, réduisant objectivement les capacités iraniennes à néant« , souligne Didier Leroy.

Cependant, pour l’expert, cela n’implique pas obligatoirement que l’Iran manque de ressources : « La stratégie du régime iranien est conçue pour exceller en posture défensive, afin de créer une temporalité prolongée pour l’ennemi et ainsi impartir l’impression d’un marécage potentiel« .

En cas de pénurie de ses forces militaires conventionnelles, le régime pourrait continuer la lutte par d’autres moyens, estime Didier Leroy, tels que « le sabotage, le placement de mines sur les coques de navires, des actes de terrorisme ou des prises d’otages à l’étranger« . L’Iran a également élargi la lutte à l’ensemble de la région en soutenant des organisations alliées comme le Hezbollah au Liban, où l’armée israélienne envisage désormais une invasion du sud du pays.

Un immeuble résidentiel détruit dans le nord de la capitale iranienne Téhéran, le 23 mars 2026, après une série d’explosions. © AFP

Quelles sont les autres armes du régime iranien pour prendre l’ascendant dans cette guerre ?