Georges-Louis Bouchez du MR propose un « saut d’index travailleur » face à la hausse des prix de l’énergie.
Le gouvernement fédéral a convoqué une équipe technique pour examiner les mesures envisageables face à la hausse des prix de l’énergie. Georges-Louis Bouchez, président du Mouvement Réformateur, a exprimé son refus d’élargir le statut de « Bénéficiaire de l’intervention majorée » (BIM) en affirmant qu’il y a un « nombre complètement délirant de BIM dans ce pays ».
Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient impactent le marché de l’énergie, affectant déjà le budget des ménages et des entreprises. En réponse à cette situation, le gouvernement fédéral a constitué une équipe technique pour envisager des mesures possibles, tout en prenant en compte la santé des finances publiques. Pour éviter une aggravation de la situation, l’organisation patronale flamande VOKA appelle à un saut d’index.
Cette proposition est rejetée par le Mouvement Réformateur (MR). « On dit non pour deux raisons », déclare Georges-Louis Bouchez. « La première : l’engagement de ce gouvernement est de favoriser le travail. Il est donc difficile de dire que l’on va encourager le travail tout en pénalisant les travailleurs. La deuxième raison, c’est que ce genre de saut d’index n’est que du bricolage », précise le président du MR.
Pour rappel, l’indexation des salaires est un mécanisme permettant d’augmenter les revenus, soit à intervalles réguliers, soit lorsque le coût de la vie augmente de 2%. Georges-Louis Bouchez propose aujourd’hui de créer un « index travailleur ». Cela signifierait que l’index net serait versé aux travailleurs, sans qu’ils aient à payer de fiscalité ni de cotisations sociales, ce qui entraînerait des économies pour les entreprises. Selon lui, l’État perçoit généralement 70% de la valeur de l’index à travers des impôts et des cotisations sociales.
« Il y a un État qui est devenu obèse, qui prend trop dans la poche des entreprises et des travailleurs. Il faut revenir à un système plus vertueux », soutient Bouchez.
Bien qu’il s’oppose au saut d’index réclamé par VOKA, Bouchez reconnaît l’urgence de la situation : « Pour qu’une économie fonctionne, il faut des entreprises viables et des travailleurs bien rémunérés. Aujourd’hui, pourquoi les entreprises rencontrent-elles des difficultés et les travailleurs ne sont-ils pas suffisamment rémunérés ? Parce qu’il y a un État devenu obèse qui prend trop dans la poche des entreprises et des travailleurs. Il faut revenir à un système plus vertueux ».
En plus d’un nouveau mécanisme d’indexation, Bouchez suggère une mesure à court terme : « C’est le cliquet inversé ». Il propose que « la loi stipule que le prix du carburant ne peut jamais dépasser deux euros à la pompe. Si nous atteignons des seuils supérieurs, la part de TVA et d’accises doit diminuer. Nous voulons que ce cliquet inversé soit automatique, car nous allons subir plusieurs chocs énergétiques au cours des dix à quinze prochaines années ».
Bouchez précise que cette mesure peut s’appliquer aux prix à la pompe ainsi qu’aux factures de gaz. Cette proposition intervient alors que les députés de la majorité ont approuvé en commission des Finances un projet de loi-programme qui inclut une hausse des accises sur l’énergie prévue à partir du 1er avril. La Chambre doit encore se prononcer à ce sujet lors d’une séance plénière la semaine prochaine. Cependant, Bouchez précise que « cette augmentation des accises sera lissée grâce au principe du cliquet inversé ».
Pour une perspective à long terme, il souhaite également reporter deux réglementations européennes, notamment celle concernant le mécanisme imposant un prix sur les émissions de CO₂ pour encourager les investissements dans des technologies moins polluantes, un système de taxation du carbone connu sous le nom d’ETS2.
Concernant l’aide aux ménages en difficulté face à la hausse des prix de l’énergie, Bouchez s’oppose à l’élargissement du statut de « Bénéficiaire de l’intervention majorée » (BIM) : « C’est un refus total du MR. Aujourd’hui, nous avons un nombre excessif de BIM dans ce pays. Cela n’a plus de sens. Ces mécanismes n’encouragent pas les gens à travailler ».
Bouchez appelle à créer « de l’égalité dans les classes moyennes et populaires. Les gens ne devraient pas payer des montants aussi élevés pour leur énergie, car cela entrave l’économie et le bien-être. Nous devons mettre en place des mécanismes qui s’appliquent à tous ».
En ce qui concerne une éventuelle intervention au Moyen-Orient, Bouchez déclare : « Je vais être très clair. La position du MR est de soutenir l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qui nous ont sollicité. Nous souhaitons sécuriser le détroit d’Ormuz avec des pays comme la France ou l’Angleterre ».
Il précise que ce soutien impliquerait « du matériel et certains membres du personnel de la Défense, mais non des effectifs militaires pour combattre, nous sommes dans une logique défensive », tout en ne légitimant pas l’action américano-israélienne.
Bouchez conclut : « À un moment donné, il faut savoir ce que l’on veut. On ne peut pas se plaindre du prix de l’énergie et refuser de sécuriser le détroit d’Ormuz. La Belgique ne peut pas rester en dehors de l’histoire. Si nous investissons autant dans la Défense, c’est aussi pour jouer un rôle sur la scène internationale ».

