Belgique

Bart De Wever, superstar, face à la dégradation des finances belges

Ces cinq milliards d’euros sont déjà obsolètes. En 2026, la charge de la dette va s’élever à environ 12 milliards d’euros.

Des prévisions déjà obsolètes concernant le budget fédéral

Les cinq milliards d’euros prévus ne sont déjà plus d’actualité. Les experts du comité de monitoring ont terminé leurs prévisions avant le début de la guerre en Iran, ignorant ainsi son impact sur l’économie et l’inflation.

Parmi les signaux d’alerte, le coût de l’endettement. La Belgique n’a jamais payé aussi cher pour s’endetter à long terme depuis 2012, période marquée par le gouvernement Di Rupo et la crise des 541 jours qui avait entaché la crédibilité du pays. Un élément clé : la charge de la dette va atteindre environ 12 milliards d’euros en 2026. Autrement dit, cette année, le montant des intérêts équivaut au budget de la Défense. Ce chiffre atteindra 20 milliards en 2030. Et cela, avant même la guerre en Iran ; depuis, les taux n’ont cessé d’augmenter.

Un gouvernement Arizona en crise

Le gouvernement est-il capable de relever ce défi ? La réponse est incertaine. Bart De Wever a presque fait de cette tâche sa priorité : assainir et restaurer les finances publiques. Cela lui confère une grande popularité dans le nord du pays. Toutefois, la situation se détériore. Ses méthodes et les tensions au sein de sa coalition suscitent des interrogations.

L’accord de gouvernement embellissait déjà la réalité, en s’appuyant sur des effets de retour illusoires. L’accord budgétaire conclu à l’automne avait partiellement levé le voile. Il était impératif de trouver près de 9 milliards d’euros d’ici la fin de la législature. Cependant, une partie des mesures étaient de nouveau précaires. Le célèbre « chameau qui pue », selon Bart De Wever, fait référence à l’augmentation de la TVA qui n’était pas explicitement annoncée.

Il faudra donc ajouter au minimum 5 milliards supplémentaires aux 9 milliards déjà jugés en partie fictifs pour éviter que la Belgique ne devienne l’homme malade de l’Europe. Rappelons que l’objectif n’est pas de rétablir l’équilibre, cela semble hors de portée ; il n’est pas question non plus de ramener le déficit aux normes de Maastricht, soit les 3 %, c’est également inatteignable. L’enjeu est de ne pas aggraver un déficit qui pourrait atteindre près de 5 % d’ici 2029, à la fin de la législature, si aucune mesure n’est adoptée.

Un grand accord attendu cet été

Bart De Wever devra donc conclure un nouveau grand accord, probablement cet été. Le problème réside dans le fait que sa coalition est profondément divisée. La N-VA avance des solutions plutôt traditionnelles : réduction des dépenses, hausse de la TVA, saut d’index. De son côté, le MR se concentre sur les dépenses de l’État et refuse toute nouvelle taxe, de même qu’un saut d’index. Vooruit s’oppose à de nouvelles réductions dans les dépenses sociales et à un saut d’index. Le CD&V et Les Engagés ont également des lignes rouges concernant l’indexation, la santé ou la justice. Aux tabous de ces partis, qui prétendaient gouverner sans limites, s’ajoute la demande d’intervention sur les prix des carburants : le mécanisme proposé par le MR, dirigé par David Clarinval, pourrait encore aggraver le déficit.

Bart De Wever, une figure populaire

Cependant, Bart De Wever jouit d’une grande popularité, surtout dans le nord du pays. 70 % des Flamands semblent faire confiance au Premier ministre. Cela est considéré comme un atout pour lui, mais avec des réserves. En effet, ses opposants ne souhaitent sans doute pas le voir monopoliser le pouvoir et compliqueront ses efforts. C’est le cas de Vooruit et du CD&V, mais aussi du MR, qui prétend vouloir s’implanter en Flandre, où il est en concurrence directe avec le parti de Bart De Wever. Les enjeux électoraux ne s’effacent jamais devant les préoccupations nationales. C’est également cela, la réalité politique.