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Italie : le référendum sur la réforme de la justice échoue, ternissant l’image de Giorgia Meloni

Selon le quotidien de gauche La Repubblica, cet échec représente « la première véritable défaite » de Mme Meloni. La dette reste à un niveau vertigineux de 137% du produit intérieur brut et la croissance n’a été que de 0,5% l’an dernier.


Selon le quotidien de gauche La Repubblica, cet échec représente « la première véritable défaite » de Mme Meloni. Elly Schlein, leader du principal parti de centre-gauche, le Parti démocrate, a critiqué « l’arrogance » de Mme Meloni, estimant qu’elle devrait « écouter le pays et ses véritables priorités ». Pour l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, « lorsqu’un dirigeant perd son aura, tous ceux qui l’entourent commencent à douter et il ne peut simplement pas faire comme si rien ne s’était passé ». L’ex-Premier ministre avait démissionné il y a près de dix ans après avoir perdu un référendum.

Quant à l’ancien Premier ministre Giuseppe Conte, chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), il a qualifié ce résultat d' »avis d’expulsion » pour Giorgia Meloni. « Je ne pense pas que cela aura le moindre impact sur la stabilité du gouvernement, qui est sans doute aujourd’hui le plus stable de l’histoire de la République », estime Daniele Albertazzi, professeur de sciences politiques à l’université du Surrey, au Royaume-Uni. Mais « son image d’invincibilité n’est plus d’actualité », même si « cela ne veut pas dire, bien sûr, qu’elle perdra les élections », a-t-il ajouté.

Malgré les divergences au sein de sa coalition ultraconservatrice, le gouvernement de Giorgia Meloni s’est révélé remarquablement stable depuis son arrivée au pouvoir en 2022. Elle a également su convaincre de nombreux détracteurs grâce à son style pragmatique. Ses éloges du leader fasciste Benito Mussolini, prononcés lorsqu’elle était une jeune militante, ont été relégués au second plan.

Si l’économie italienne reste fortement endettée, la croissance s’est maintenue, notamment grâce à une arrivée massive de fonds provenant du plan de relance post-Covid de l’UE. Sur la scène internationale, elle s’est efforcée de positionner l’Italie comme une voix de modération face à la rhétorique parfois virulente entre le président américain Donald Trump et l’UE. Mais sa proximité avec Donald Trump lui vaut également de plus en plus de critiques, notamment en ce qui concerne les actions de ce dernier au Moyen-Orient.

L’Italie, qui dépend fortement des importations d’énergie, s’inquiète tout particulièrement de l’impact de la guerre sur les prix de l’essence. Carlo Calenda, sénateur de l’opposition, a écrit sur X que, selon lui, « la proximité avec Trump a beaucoup nui à Mme Meloni et à son gouvernement », expliquant en partie la défaite au référendum. Son parti, Fratelli d’Italia (FDI) reste cependant en tête dans les sondages et Giorgia Meloni a su convaincre de nombreux détracteurs grâce à son mode de gouverner, à la fois intense et terre-à-terre.

L’immigration irrégulière – un enjeu clé de la dernière campagne électorale de Giorgia Meloni et de ses alliés – est en baisse, mais le gouvernement a également augmenté le nombre de visas pour les travailleurs légaux non issus de l’UE. Rome a réduit certains impôts, durci les sanctions contre les manifestants mais n’a pas encore affronté les problèmes structurels que beaucoup estiment freiner l’Italie.

Les enquêtes montrent que les Italiens sont surtout préoccupés par le pouvoir d’achat, les salaires stagnants. Une autre plainte majeure concerne l’état du système de santé public, dont les investissements n’ont pas suivi le rythme de l’inflation.

La dette reste à un niveau vertigineux de 137% du produit intérieur brut et la croissance n’a été que de 0,5% l’an dernier.