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Municipales 2026 à Brest : Stéphane Roudaut met fin au socialisme.

Stéphane Roudaut a été élu maire de Brest dimanche au second tour des élections municipales, battant François Cuillandre. Depuis 2014, il était maire de Gouesnou et na pas été encarté dans un parti politique.

Son nom ne vous est peut-être pas familier. À moins d’être impliqué dans les instances politiques bretonnes ou de vivre dans la région brestoise, Stéphane Roudaut n’est pas un personnage très connu dans le secteur. À 48 ans, il vient néanmoins d’accomplir un coup majeur. Non affilié à un parti, celui qui a été maire de la petite commune de Gouesnou depuis 2014 a été élu maire de Brest dimanche. Lors du second tour des élections municipales, il a éliminé le maire sortant François Cuillandre, dont l’alliance avec LFI n’a pas suscité l’adhésion. Pour la première fois en 37 ans, la ville de Brest, deuxième plus grande métropole bretonne après Rennes, ne sera plus dirigée par le Parti socialiste. Cela représente un véritable bouleversement dans le Finistère.

Stéphane Roudaut, qui se prononce « Roudaute », n’est pas un inconnu en politique. Conseiller régional dans le groupe de droite « Hissons haut la Bretagne » depuis 2015, le nouveau maire siégeait également au conseil de Brest métropole en tant que maire de Gouesnou. « C’est un homme du sérail métropolitain. À ce titre, les Brestois n’ont pas fait un saut dans l’inconnu, c’est un élu local reconnu, déjà institutionnalisé », analyse le politologue Romain Pasquier.

Stéphane Roudaut a été élu maire de Brest dimanche au second tour des élections municipales, battant le maire sortant François Cuillandre.
Stéphane Roudaut a été élu maire de Brest dimanche au second tour des élections municipales, battant le maire sortant François Cuillandre.  - Baptiste Kerrien/Sipa

Marié et père de deux enfants, le nouveau maire de Brest est connu pour sa proximité avec les citoyens. « Le matin, il partait courir et il observait tout. Le moindre lampadaire défectueux, il le remarquait et le faisait remonter », raconte l’un de ses proches collaborateurs à la mairie de Gouesnou.

Il a perdu son père très jeune

Dans cette commune de 6 600 habitants, Stéphane Roudaut avait l’habitude de prendre un café au bar-tabac, en contact avec les habitants. « Il revenait toujours avec une liste de choses à régler », confie ce même collaborateur. « C’est quelqu’un de très accessible, à l’écoute », témoigne un autre collègue, qui l’a surtout côtoyé au conseil régional. Ce dernier le décrit comme un élu « très investi dans ses missions » et possédant une bonne connaissance « des sujets liés aux infrastructures ».

Les résultats des élections municipales, commune par commune

Issu d’un milieu modeste, Stéphane Roudaut a perdu son père alors qu’il n’avait que 12 ans. Élevé par sa mère avec son frère, il a grandi entre Brest, Landeda, Plouguerneau et Guilers, dans le Finistère. Parti à Paris pour étudier la philosophie politique à la Sorbonne, il est alors surnommé « Chirac » par ses camarades de promo. « Il est chiraquien. Cela fait partie de son ADN. Il a été influencé par la théorie de la fracture sociale de Jacques Chirac », témoigne le collaborateur de la mairie de Gouesnou. « C’est un élu compétent, proche des gens. Il a les idées claires et la volonté d’agir avec conviction pour obtenir des résultats », ajoute Isabelle Le Callennec, présidente de son groupe politique à la région.

Cécile Beaudoin (LFI) et François Cuillandre (PS) ont été largement battus par Stéphane Roudaut (divers droite) dimanche au second tour des élections municipales à Brest.
Cécile Beaudoin (LFI) et François Cuillandre (PS) ont été largement battus par Stéphane Roudaut (divers droite) dimanche au second tour des élections municipales à Brest.  - Chang Martin/Sipa

Après ses études, Stéphane Roudaut intègre un cabinet d’audit, puis le secrétariat d’État aux personnes handicapées. En 2004, il devient chef de cabinet au Conseil général de l’Yonne, avant de revenir en Bretagne en 2008 pour devenir directeur de cabinet du maire de Landerneau. « C’est la droite sociale », précise le politologue Romain Pasquier. C’est un profil très différent de celui de Bernadette Malgorn, ancienne préfète battue lors des élections municipales de 2020 à Brest. « Elle avait un côté assez régalien, vertical et autoritaire dans sa manière de faire de la politique. Stéphane Roudaut est beaucoup plus flexible ». Amateur de lecture, le nouveau maire de Brest est passionné de bande dessinée et possède des centaines d’exemplaires.

Un supporter du Stade Brestois

Grand amateur de course à pied, Stéphane Roudaut a longtemps joué au football, flirtant même avec les sélections des grands clubs de l’époque. Inconditionnel supporter du Stade Brestois, dont il faudra probablement concevoir le nouveau stade, le nouveau maire de la ville de presque 150 000 habitants aura du mal à maintenir sa proximité au sein de cette dernière. Reconnu comme un très gros travailleur, il aura à cœur de déléguer ses missions. « Je pense qu’il va transformer le rôle de maire de quartier pour garder cette proximité », avance son ancien collaborateur à la mairie.