International

L’Union européenne ne signe pas d’accords commerciaux avec Mercosur, Inde, Australie.

L’Union européenne a signé avec l’Australie un accord de libre-échange ce mardi, après huit ans de négociations. Cet accord permettra aux viticulteurs australiens d’utiliser le terme « prosecco » sur le marché intérieur, tout en devant cesser de l’utiliser pour les exportations après 10 ans.


Après avoir récemment établi des accords commerciaux avec des pays du Mercosur et l’Inde, l’Union européenne poursuit sa démarche. À Canberra, ce mardi, elle a signé un accord de libre-échange avec l’Australie, fruit de plusieurs années de négociations visant à dynamiser le commerce bilatéral. Cependant, cet accord suscite des réserves parmi une partie des agriculteurs européens.

**Réduire les pressions des États-Unis et de la Chine**

Le texte a été signé lors de la première visite de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans le pays depuis sa prise de fonction.

Bruxelles et Canberra visent à diversifier leurs débouchés commerciaux pour contrer les pressions des États-Unis et de la Chine. L’UE est actuellement le troisième partenaire commercial bilatéral de l’Australie et sa deuxième source d’investissements étrangers. L’année dernière, les entreprises européennes ont exporté 37 milliards d’euros de marchandises vers l’Australie et 31 milliards d’euros de services en 2024.

**Accord sur la feta et le gruyère**

Les principaux points de discorde, concernant l’utilisation par l’Australie d’appellations géographiques européennes et l’accès du bœuf australien au marché européen, ont été résolus, permettant ainsi de conclure l’accord après huit ans de négociations. Ce compromis permettra aux viticulteurs australiens d’utiliser le terme « prosecco » sur le marché intérieur, mais ils devront cesser de l’employer pour les exportations après un délai de 10 ans. L’Australie pourra également continuer d’utiliser certaines appellations géographiques, telles que « feta » et « gruyère », à condition que les producteurs utilisent ces noms depuis au moins cinq ans.

Le quota de bœuf australien autorisé à entrer dans l’UE sera plus que multiplié par dix au cours de la prochaine décennie, même s’il ne répond pas aux attentes des agriculteurs australiens. L’UE accordera aussi l’entrée de 25.000 tonnes de viande ovine et caprine australienne provenant d’animaux nourris à l’herbe, avec une mise en place progressive sur sept ans.

Par ailleurs, les constructeurs automobiles européens bénéficieront d’une augmentation du seuil de la taxe australienne sur les voitures de luxe pour les véhicules électriques, ce qui exonérera trois quarts des véhicules électriques de cette taxe.

L’accord entrera en vigueur après l’approbation du Conseil européen. Bruxelles espère éviter un nouveau mécontentement des agriculteurs, déjà en colère après l’accord commercial signé mi-janvier avec les pays du Mercosur. Concernant le bœuf, la viande ovine et le sucre, le Copa-Cogeca, représentant les principaux syndicats agricoles européens, avait prévenu avant la signature de l’accord que « accorder des concessions disproportionnées risque de nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d’affaiblir l’engagement de longue date de l’UE en faveur de normes de production élevées ».