Guerre en Iran : Trump ne prévoit pas d’envahir le Groenland.
Donald Trump n’a pas posté ce message qui menace le Groenland et les pays de l’Otan. Le président américain a en revanche bien posté ces derniers jours des messages au sujet du conflit en Iran, déclenché le 28 février par des frappes d’Israël et des Etats-Unis.
Le ton, la syntaxe, et la signature de ce post ressemblent fortement à ceux, souvent incendiaires, que Donald Trump publie plusieurs fois par jour sur son réseau Truth Social. Ce message reprend même des expressions utilisées par le président des États-Unis. Cela a-t-il contribué à tromper de nombreux internautes ce week-end ? Relayé sur les réseaux sociaux X et Bluesky, il indique que Donald Trump menace d’envahir le Groenland si ses alliés de l’Otan ne l’aident pas à sécuriser le détroit d’Ormuz, devenu un enjeu de la guerre en Iran.
« Si nos soi-disant alliés de l’Otan s’obstinent à refuser d’aider au sujet de l’ouverture du détroit d’Ormuz, ce qu’ils pourraient faire simplement, rapidement et sans danger, maintenant que la guerre a été largement gagnée, je vais peut-être devoir réaffirmer notre engagement à sécuriser le Groenland pour notre sécurité nationale, écrit ce faux post. J’espère sincèrement que nous n’en arriverons pas là, mais nous verrons. La balle est dans le camp de l’Europe. Nous finançons l’Otan depuis des décennies, sans rien obtenir en retour, il est temps pour eux de nous rendre la pareille, d’une façon ou d’une autre. J’ai reconstruit notre armée, la plus forte au monde, pendant mon premier mandat, et je la mettrai pleinement à contribution pour assurer la sécurité des États-Unis et du monde de la façon comme bon me semble. Merci pour votre attention. Président DJT. »
Donald Trump n’a pas publié ce message sur son compte Truth Social. Aucune trace de celui-ci n’a été trouvée sur ce site et aucun média n’a également rapporté un tel message ce week-end.
Le président américain a cependant effectivement publié ces derniers jours des messages concernant le conflit en Iran, qui a été déclenché le 28 février par des frappes d’Israël et des États-Unis. Samedi, il a qualifié les pays membres de l’Otan, y compris la France et le Royaume-Uni, de « lâches » en raison de leur refus d’intervenir pour le détroit d’Ormuz tant que le conflit est en cours.
Dimanche, Donald Trump a également ordonné à l’Iran de libérer le passage dans le détroit sous quarante-huit heures. Si le pays ne cesse pas son blocus, « les États-Unis d’Amérique vont frapper et détruire leurs différentes centrales électriques, en commençant par la plus grande », a menacé le président.
Avec cette menace, le président américain risque de se mettre en marge du droit international. En juin 2024, la Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt à l’égard de deux dirigeants russes soupçonnés d’avoir, entre autres, organisé une campagne de frappes contre des centrales électriques civiles ukrainiennes.
Cela dit, ce lundi, le républicain a indiqué vouloir reporter ces frappes après de « très bonnes » discussions avec Téhéran, discussions qui doivent se poursuivre cette semaine.
Concernant le Groenland, Donald Trump n’a donc pas écrit de message à son sujet, bien qu’il considère ce territoire comme essentiel pour la sécurité des États-Unis. Le président critique depuis des mois la présence de navires russes et chinois dans cette région, qu’il estime menaçante pour la sécurité américaine. À plusieurs reprises, il a exprimé son désir de s’emparer du territoire nordique, rattaché au Danemark, au point de provoquer une crise diplomatique entre les membres de l’Otan et les États-Unis.
Selon la télévision publique danoise, le Danemark a pris ces menaces au sérieux, s’apprêtant en janvier à un scénario d’invasion. En février, un groupe de travail réunissant le Groenland, le Danemark et les États-Unis a été formé pour discuter des préoccupations américaines. Pour l’instant, Donald Trump n’a pas relancé le sujet.

