Transition énergétique : les coûts cachés ne menacent pas la STEG
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) pourrait supporter seule d’importants risques financiers liés aux nouveaux accords de production d’électricité. Selon Noura Laajimi, les contrats protègent surtout les financeurs et les entreprises étrangères, au détriment de l’équilibre financier de la société nationale.
La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) risque de se retrouver seule face à d’importants enjeux financiers liés aux nouveaux accords de production d’électricité, mettent en garde des experts.
Noura Laajimi, coordinatrice de recherche à l’Observatoire tunisien de l’économie, souligne que les projets de loi actuellement soumis au Parlement pour ratifier ces accords soumettent la STEG à des charges sur une période de 25 ans.
Lors d’une intervention ce lundi sur Diwan FM, Laajimi a indiqué que les contrats privilégient principalement les financeurs et les entreprises étrangères, au détriment de la santé financière de la société nationale.
Le prix de vente de l’électricité stipulé dans ces accords demeure instable et est influencé à 80 % par les fluctuations du taux de change, transférant ainsi le risque de dépréciation du dinar tunisien à la STEG.
La coordinatrice de recherche a également précisé que la STEG doit supporter seule le coût de raccordement des projets au réseau ainsi que leur développement.
Elle a évoqué l’exemple du projet de Borj Bourguiba à Tataouine, qui a coûté à la société un prêt de 15 millions de dollars (soit 46,8 millions de dinars tunisiens) avant le retrait de l’investisseur étranger.
Laajimi a ajouté que la nature intermittente de l’énergie solaire impose à la STEG des investissements additionnels dans les systèmes de stockage et les batteries.
L’achat obligatoire de l’énergie, même durant les périodes de faible consommation ou en dehors des heures de pointe, accroît le coût réel de production par rapport au gaz importé.
Enfin, elle a souligné l’importance d’impliquer la société civile et les acteurs nationaux dans la création d’un modèle de transition énergétique décentralisé.
Ce modèle devrait favoriser les petites et moyennes entreprises ainsi que les citoyens, afin d’assurer l’indépendance stratégique de la Tunisie.

