Italie : Le « non » l’emporte au référendum justice, camouflet pour Meloni
La réforme de la justice italienne, portée par la Première ministre Giorgia Meloni, a été rejetée par 54 % des votants lors du référendum, selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur. Cette réforme vise à modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et à séparer les carrières des juges et des procureurs.
Portée par la Première ministre Giorgia Meloni, la réforme de la justice italienne a finalement été rejetée par le peuple, avec 54 % des votants choisissant le « non », selon les derniers chiffres du ministère de l’Intérieur.
Giorgia Meloni a reconnu, lundi, l’échec de cette réforme, tout en précisant qu’elle n’avait pas l’intention de démissionner. « Les Italiens ont tranché. Et nous respectons cette décision […]. Mais cela ne change rien à notre engagement de continuer, avec sérieux et détermination, à œuvrer pour le bien de la nation et à honorer le mandat qui nous a été confié », a-t-elle affirmé dans une vidéo publiée sur X.
« Nous avons dit dès le début que le référendum n’aurait aucune incidence sur le sort du gouvernement », a répété Galeazzo Bignami, chef du groupe Fratelli d’Italia (FdI), le parti de Meloni, à la Chambre des députés, sur la chaîne télévisée La7. « Nous l’avons fait ! Vive la Constitution ! », a pour sa part réagi sur X Giuseppe Conte, leader du Mouvement 5 Étoiles (M5S, opposition).
La réforme, qui prévoyait une modification de la Constitution, visait à séparer les carrières des juges et des procureurs et à modifier le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), l’organe qui supervise tous les magistrats. Le gouvernement de Mme Meloni considérait cette réforme comme indispensable pour garantir l’impartialité du système judiciaire.
L’opposition, de son côté, y voyait une tentative de contrôle du pouvoir sur les magistrats, critiquant l’absence de réponses aux problèmes de fond, tels que les procès prolongés ou la surpopulation carcérale. Le volet le plus controversé de la réforme concernait les modifications apportées au CSM, dont les membres étaient jusqu’à présent élus par leurs pairs et par le Parlement.
La réforme aurait divisé le CSM en deux conseils distincts : l’un pour les juges, l’autre pour les procureurs, et une nouvelle cour disciplinaire de 15 membres aurait été créée. Trois membres auraient été nommés par le président de la République, trois autres choisis par tirage au sort sur une liste établie par le Parlement et neuf tirés au sort parmi les juges et procureurs.
Le deuxième volet de la réforme visait à interdire aux juges ou aux procureurs de passer d’une fonction à l’autre, même si cette pratique concerne une infime minorité. Depuis 2022, ils ne peuvent changer de poste qu’une seule fois durant les dix premières années de leur carrière. Ce système est perçu par de nombreux magistrats comme une protection contre les ingérences politiques, tandis que les partisans de la réforme affirment que des relations trop étroites entre procureurs et juges nuisent aux accusés.

