Municipales 2026 à Marseille : « Benoît Payan ne a pas fait un pari perdant »
Des détonations éclatent dans l’air et une gerbe de couleur illumine le ciel pluvieux du Vieux-Port de Marseille, où les militants du Printemps Marseillais célèbrent la victoire de Benoît Payan, qui a récolté 55 % des voix selon les résultats des bureaux de vote dépouillés peu après minuit. Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic et numéro 3 de la liste du maire sortant, se félicite en déclarant : « Marseille a su se tenir debout » et ajoute : « Dès demain, on sera au travail ».
Des détonations retentissent dans l’air et des couleurs illuminent le ciel pluvieux du Vieux-Port de Marseille. Devant la brasserie Fioupelan, où se rassemblent les militants du Printemps Marseillais, la victoire de Benoît Payan est célébrée par des feux d’artifice et des fumigènes, sous les acclamations d’une centaine de ses proches et militants. D’après les résultats des bureaux de vote dépouillés peu après minuit, le maire sortant a obtenu 55 % des voix, devant le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio (39,3 %) et la candidate de l’union de la droite et du centre, Martine Vassal (5,3 %).
« Commes les couleurs de notre maillot, ce soir notre sang est blanc et bleu », déclare l’édile de 48 ans, se tenant sur un plot, alors que la pluie recommence à tomber. Contrairement à l’OM, le Printemps Marseillais a remporté ce dimanche, lors du second tour des élections municipales, une victoire claire pour l’ancien socialiste.
« Quel bonheur, je suis tout ému », confie Vincent, 71 ans, militant de longue date. Tout au long de la journée, ce résident de Belsunce craignait un regain du score du RN dans la ville portuaire, ouverte sur la Méditerranée. « On est très apaisés », acquiesce une jeune femme anonyme, venue célébrer la victoire de la gauche avec plusieurs amies. « Vive Payan, vive le Printemps Marseillais : ce soir c’est la fête », se réjouit Walid, 20 ans, animateur à la mairie.
Thierry, « très heureux », savoure également sa première gorgée de bière de la soirée. « Payan a fait un pari gagnant sans LFI : le côté centriste de la droite s’est reporté sur nous », analyse le militant. Au lendemain du premier tour, Benoît Payan s’était présenté seul, déposant sa liste en préfecture sans accepter un accord avec LFI. Le candidat Sébastien Delogu, qui avait pourtant obtenu 11,9 % des voix, s’était finalement retiré. Cela a plu à Evelyne. « Il a tenu et c’était la clé de sa victoire », explique cette militante, déterminée à « faire un barrage net » au Rassemblement national.
Un attroupement se forme sous la pergola de la brasserie : Amine Kessaci, militant écologiste engagé contre le narcotrafic et numéro 3 de la liste du maire sortant, fait son apparition, entouré d’une protection policière. « Marseille a su se tenir debout », se félicite-t-il. Et d’ajouter : « Dès demain, on sera au travail ». Toutefois, derrière cette victoire se dessine une ombre pour ces militants : le score historique du RN, qui sera bien représenté au conseil municipal. « La droite classique à Marseille n’existe plus », souligne Thierry.
Plus tôt dans la soirée, Benoît Payan avait pris la parole pour la première fois dans son QG de campagne, situé sur la Canebière. « Je mesure l’ampleur de la tâche, je mesure l’honneur qui m’est fait ce soir et je mesure la responsabilité qui, dans la situation actuelle du pays, m’incombe », avait-il déclaré, remerciant les Marseillais et les Marseillaises. « Ce soir, ce n’est pas une petite victoire », avait-il ajouté, louant sa « constance ». Avant de conclure, ému : « Marseille, cette ville que d’aucuns croyaient perdue, a montré son plus beau visage ce soir ».

