La MG4 électrique : une alternative solide aux Renault Mégane E-Tech et Volkswagen ID.3
La MG4 EV (2026) affiche des dimensions de 4,29 m de long, 1,84 m de large et 1,52 m de haut, avec une puissance de 190 chevaux et une autonomie de 452 km selon le cycle WLTP. Le prix d’entrée de gamme pour ce modèle est fixé à 33 490 euros.
Vous connaissez l’histoire : après un lancement réussi en 2022, grâce à des prix plusieurs milliers d’euros inférieurs à ceux de ses concurrents, la MG4 a marqué les esprits… avant que ses projets ne soient perturbés par son inéligibilité au bonus écologique français et une surtaxe douanière européenne de 45,3 % pour SAIC, la maison-mère de MG.
Sa seconde partie de carrière s’annonce donc plus calme, mais MG attaque une nouvelle offensive électrique. En 2026, la marque sino-britannique élargit l’offre MG4, avec en entrée de gamme, la MG4 Urban dotée d’une plateforme simplifiée, de petites batteries, et des prix clairement sous les 20 000 euros, tandis que la MG4 « normale » se distingue par un meilleur design et un accent sur les grandes batteries.
Ce repositionnement rend-il la MG4 moins intéressante ? Est-elle, au contraire, un choix judicieux face à une Renault Mégane E-Tech ou une Volkswagen ID.3 ? Pour le découvrir, nous avons pris le volant de cette MG4 EV édition 2026 au Portugal.
Fiche technique
| Modèle | MG4 (2026) |
|---|---|
| Dimensions | 4,29 m x 1,84 m x 1,52 m |
| Puissance (chevaux) | 190 chevaux |
| 0 à 100km/h | 7,5 s |
| Niveau d’autonomie | Conduite semi-autonome (niveau 2) |
| Vitesse max | 180 km/h |
| Taille de l’écran principal | 12,8 pouces |
| Prise côté voiture | Type 2 Combo (CCS) |
| Prix entrée de gamme | 33490 euros |
| Essayez-la | Fiche produit |
Cet essai a été réalisé dans le cadre d’un voyage presse organisé par la marque.
Extérieur : statu quo, ou presque
Commençons par l’essentiel : le design de cette MG4. Vous ne remarquerez pas beaucoup de différences ? C’est normal : MG a presque totalement laissé son modèle intact, ne modifiant que les enjoliveurs des jantes de 18 pouces, le spoiler arrière (à présent monobloc) et deux nouvelles teintes (Irises Cyan, visible en photos, et Piccadilly Blue).
L’aérodynamisme demeure intéressant, en particulier grâce à une calandre à volets actifs qui peut se fermer si la batterie n’a pas besoin d’être refroidie – une sophistication rare dans cette catégorie.
Les dimensions ne changent donc pas : la MG4 reste assez imposante, mesurant 4,29 m de long (avec un empattement de 2,70 m), 1,84 m de large et 1,52 m de haut.
Pour nuancer : la MG4 avait-elle réellement besoin d’une remise en forme ? Objectivement, la compacte conserve un style distinctif qui a plutôt bien vieilli avec une face avant acérée, un profil massif et un arrière avec un bandeau proéminent.
Cependant, après cinq ans sur le marché, un léger rafraîchissement n’aurait pas été superflu pour créer un effet de renouvellement et distinguer cette nouvelle version de celles déjà présentes sur la route.
Habitacle : on efface tout et on recommence
Une présentation en immense progrès
Bien que l’extérieur demeure similaire, l’habitacle de la MG4 « 2026 » a été complètement revu. Fini le style ultra-minimaliste avec des matériaux basiques : la MG4 adopte la planche de bord du MGS5 EV, offrant ainsi un bond en qualité perçue.
C’est indéniablement une grande avancée. Certes, le style et l’agencement restent assez classiques, mais il faut reconnaître que les matériaux rembourrés en abondance et l’ambiance de qualité rendent cet habitacle agréable.
Les rangements sont adéquats, avec un chargeur à induction et un compartiment vertical pour smartphone, ainsi que deux porte-gobelets et un espace sous la console centrale pour y déposer des objets du quotidien.
De la place pour les passagers, moins pour les bagages
Ce restylage n’impacte pas l’habitabilité de la MG4. Les sièges avant sont confortables avec un bon réglage (attention, le siège passager n’est pas réglable en hauteur !), et les passagers arrière bénéficient d’un espace généreux, notamment pour les jambes, grâce à un plancher plat – il faudra simplement se partager l’unique prise USB-C et se passer d’éclairage nocturne.
En revanche, le coffre pâtit de cette habitabilité généreuse. Avec ses 350 litres, il reste inférieur aux standards de la catégorie : une Renault Mégane dispose de 389 litres, une Peugeot E-308 en propose 412 litres, et la Volkswagen ID.3, qui partage l’architecture à moteur arrière de la MG4, affiche 385 litres.
Il convient également de noter qu’il n’y a pas de coffre avant (frunk) pour ranger les câbles ou un sac souple, malgré la présence du moteur à l’arrière.
Des écrans en progrès, mais toujours pas parfaits
La MG4 était dotée d’un petit écran de 10,25 pouces avec des fonctionnalités limitées, et n’a jamais été saluée pour son système d’infodivertissement.
Cette refonte complète permet d’accéder à un nouvel écran de 12,8 pouces avec une interface modernisée et des services connectés (YouTube, Spotify, TikTok). De plus, quelques boutons et molettes (pour les médias et la ventilation) facilitent l’utilisation quotidienne.
Sur les raccourcis, l’écran couvre également les sièges chauffants et un menu swipable vers le bas affiche des touches personnalisables pour activer ou désactiver des fonctions rapidement.
Les compteurs demeurent à 7 pouces, mais incluent des jauges (batterie et powermètre) pour une meilleure lisibilité.
Ces améliorations apportent un bon coup de frais à la MG4, même si l’écran n’atteint pas encore la réactivité et l’éventail de services d’une Renault Mégane : il n’est pas des plus rapides ou fluides, et les graphismes manquent de soin, mais l’essentiel est là.
Aides à la conduite : de gros progrès
MG, qui revenait tout juste en Europe lors du lancement de la MG4, n’avait manifestement pas eu le temps de peaufiner ses aides à la conduite, ce qui donnait un résultat… compliqué, pour rester poli.
Bonne nouvelle : cette nouvelle version bénéficie de la suite de caméras introduite par le MGS5 EV, fournie à présent par Horizon Robotics, offrant une amélioration notable.
De série, la MG4 inclut toutes les aides à la conduite requises par le règlement GSR-2 européen, ainsi qu’un système de conduite semi-autonome de niveau 2 efficace, tant pour l’accélération/freinage que pour la direction, à condition que les virages ne soient pas trop serrés.
Et si les alertes sonores vous agacent, MG a intégré le « MG Pilot Custom », inspiré du bouton My Safety Switch des Renault : vous pouvez créer un profil incluant uniquement les aides souhaitées, activables d’un clic dans le menu de raccourci de l’écran central.
Conduite : toujours agréable
Une fiche technique (un peu) revue
Bien que la MG4 conserve sa plateforme MSP (comme les MGS5, MGS6 et Cyberster), cette mise à jour inclut des modifications techniques.
La nouveauté réside dans la version « d’entrée de gamme » qui adopte un nouveau moteur de 190 ch (140 kW) avec 350 Nm de couple. Ce moteur propulse les 1 765 kg de la compacte de 0 à 100 km/h en 7,1 secondes, étant toujours situé sur le train arrière.
Les deux autres versions demeurent inchangées : la grande batterie de 77 kWh développe 245 ch (180 kW) et effectue le 0 à 100 km/h en 6,2 secondes, tandis que la XPower ajoute un moteur avant pour atteindre une puissance totale de 435 ch (320 kW), abaissant le 0 à 100 km/h à seulement 3,8 secondes.
Une conduite toujours plaisante
Nous avons essayé cette nouvelle version, promise comme la plus populaire, sur les routes humides du Portugal. Les conditions furent difficiles, mais cela ne nous a pas empêchés de prendre du plaisir au volant de cette MG4.
La sensation de vivacité prédomine, tant au niveau de la réponse moteur que de la tenue de route. La direction est légère et précise, tandis que la calibration de l’accélérateur est réjouissante.
La suspension est plutôt bien réglée (bien au-dessus du MGS5), même si elle se montre légèrement ferme à basse vitesse ; rien de grave. Un bémol, toutefois : le grand appuie-tête central arrière obstrue une partie de la lunette arrière, pénalisant la rétrovision.
En milieu urbain, le bon rayon de braquage permet de manœuvrer facilement ; seul regret, que le mode one-pedal, qui permet d’arriver à l’arrêt complet, soit éloigné dans un sous-menu de l’écran, avec les autres réglages de régénération.
Les palettes au volant auraient suggéré une expérience plus fluide. Heureusement, la pédale de frein fournit une sensation agréable.
Les courts passages autoroutiers de notre essai ont montré un comportement sain, bien que les bruits d’air auraient pu être mieux atténués – ici encore, ce n’est pas dramatique.
Autonomie, recharge et consommation : de bon augure
Une nouvelle batterie
Une autre nouveauté de la version « d’entrée de gamme » : malgré une capacité inchangée (64 kWh brut / 61,7 kWh net), la batterie passe à la chimie LFP, qui est plus abordable et robuste, mais aussi plus lourde et moins dense énergétiquement.
Cependant, elle permet d’atteindre 452 km d’autonomie selon le cycle WLTP avec une consommation de 17,6 kWh/100 km, en tenant compte des pertes lors de la recharge. Surprise, c’est également la version qui se recharge le plus rapidement, avec une puissance de pic à 154 kW et la promesse de passer de 10 à 80 % de la capacité en 25 minutes.
Les autres versions profitent également d’améliorations logicielles, permettant d’augmenter l’autonomie. La version « Grande Autonomie » fait son retour avec une batterie NMC (nickel-manganèse-cobalt) de 77 kWh affichant désormais 545 km WLTP, une augmentation de 25 km par rapport à l’ancienne version. Cependant, la recharge prend un certain temps : 40 minutes pour passer de 10 à 80 %, malgré une puissance maximale de 144 kW.
Quant à la XPower, elle maintient l’ancienne batterie NMC de 64 kWh – la plus performante des trois selon les représentants de la marque – avec une autonomie de 405 km, soit 20 km de plus qu’auparavant. Sa recharge est annoncée à 30 minutes pour le passage de 10 à 80 % à une puissance maximale de 140 kW.
Une pratique prometteuse
Les conditions météorologiques difficiles de notre essai n’ont pas été idéales pour la MG4 « 64 kWh ». Entre pluies intensives et bourrasques, elle n’a pas été mise dans les meilleures conditions.
Néanmoins, elle a tout de même affiché une consommation de 15,3 kWh/100 km après 280 kilomètres, sur des routes variées. Ce qui pourrait laisser espérer, dans de meilleures conditions, une autonomie théorique de 403 km – des chiffres qui devraient s’améliorer dans des conditions plus favorables.
Concernant la recharge, celle-ci n’a pas pu être évaluée : la borne de 160 kW à laquelle nous étions connectés n’a jamais dépassé 65 kW. Il faudra donc se fier aux données techniques.
Prix, concurrence et disponibilité : toujours un bon plan
Ce restylage de la MG4 a permis à la marque de repositionner la compacte électrique et de se concentrer sur les versions les mieux équipées.
La gamme se simplifie avec un niveau Premium pour les deux batteries, accompagné de la version XPower. Même dans sa finition « premier prix », elle propose la totale : toutes les aides à la conduite (incluant la conduite semi-autonome de niveau 2), la caméra 360°, l’écran connecté, le chargeur à induction, les sièges avant et le volant chauffants, ainsi que la climatisation automatique avec pompe à chaleur.
La finition XPower, en plus du second moteur, inclut des sièges baquets à l’avant et quelques éléments de style orange, et c’est à peu près tout.
Au tarif catalogue de 33 490 euros, notre MG4 Premium 64 kWh est compétitive face à ses concurrentes : une Volkswagen ID.3 équivalente est à 39 990 euros, tout comme la Renault Mégane.
Cependant, ces dernières sont toutes éligibles au bonus écologique, ce qui peut réduire leur prix de plus de 5 000 euros selon les revenus du ménage. Pas de souci pour MG, qui offre sans conditions un rabais de 6 000 euros sur l’ensemble de ses versions.
Ainsi, il sera possible de se procurer cette version à 27 490 euros, soit le prix d’une Renault 5 E-Tech de milieu de gamme. Même la performante XPower est proposée à 32 990 euros : difficile à battre.
Il sera intéressant d’observer le positionnement de la Leapmotor B05, qui arrivera en Europe cet été et qui pourrait fortement concurrencer la MG4. Parallèlement, la Tesla Model 3 Propulsion (ex-Standard), qui propose d’excellentes performances avec 534 km d’autonomie pour un tarif compétitif (36 990 euros, sans comprendre la promotion actuelle de 3 500 euros), pourrait également être une alternative séduisante.

