Attentats de Bruxelles : Dix ans après, la Belgique honore les 32 morts.
Le 22 mars 2016, les attentats djihadistes à Bruxelles ont fait 32 morts et plus de 300 blessés. La menace terroriste en Belgique est maintenue au niveau 3 sur 4, jugée « grave », depuis un attentat perpétré en octobre 2023 à Bruxelles.
Les cœurs étaient lourds ce dimanche en Belgique. Le pays a commémoré les dix ans des attentats djihadistes de mars 2016 à Bruxelles, un traumatisme encore présent, et dont les autorités affirment avoir tiré des enseignements en renforçant le renseignement et la lutte antiterroriste. « Notre pays n’oubliera jamais », a déclaré le roi Philippe devant des centaines de personnes réunies autour du monument dédié aux victimes, dans le quartier européen de la capitale belge.
Cet hommage national a débuté dès le matin par des témoignages touchants à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem, puis à la station de métro Maelbeek, les deux cibles des attentats suicides. « Tous les jours, je me réveille avec les souvenirs de cette horreur. Je regarde mon corps. Mon corps qui a été brûlé, meurtri et déchiré », a témoigné Béatrice de Lavalette, qui a perdu ses jambes à l’aéroport. Mais « j’ai choisi de vivre, de me battre », a ajouté celle qui est devenue athlète paralympique en équitation.
Revendiqués par l’organisation État islamique (EI), ces attentats avaient causé 32 morts et plus de 300 blessés le 22 mars 2016, quatre jours après l’arrestation de Salah Abdeslam à Bruxelles. La même cellule djihadiste, sous l’autorité de cadres de l’EI, avait également attaqué Paris et sa proche banlieue le 13 novembre 2015, faisant 130 morts. L’arrestation d’Abdeslam a précipité les projets de nouvelles attaques.
Ce dimanche matin, les commémorations ont été marquées aux heures où les trois assaillants avaient fait exploser leurs engins : deux dans un hall de l’aéroport et un autre dans un métro bondé. « Face à la terreur » de ces attentats, les plus meurtriers de l’histoire du pays, « nous n’avons pas cédé à la peur. Nous n’avons pas cédé à la division », a souligné le roi des Belges.
Cet hommage s’est tenu dans un contexte de guerre au Moyen-Orient, une situation qui inquiète les autorités belges concernant des potentielles nouvelles attaques. Une explosion criminelle a endommagé la synagogue de Liège (est) le 9 mars, sans faire de blessés, suivie de deux incidents similaires aux Pays-Bas les 13 et 14 mars, visant la communauté juive.
En Belgique, la menace terroriste est maintenue au niveau 3 sur 4, jugée « grave », depuis un attentat survenu en octobre 2023 à Bruxelles. Un Tunisien radicalisé y avait alors tué deux supporters de football suédois, avant d’être abattu le lendemain par la police.
Gert Vercauteren, le directeur de l’Ocam, l’instance en charge d’analyser cette menace, se souvient des défaillances sécuritaires reprochées à la Belgique après la série d’attentats de 2015-2016. « C’est un sentiment d’échec qui nous a tous frappés évidemment », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP.
En plus des 32 morts directes, quatre autres personnes sont décédées depuis les attaques, traumatisées par les événements. Katarina Viktorsson, dont la mère avait été tuée à l’aéroport, s’est suicidée il y a quelques semaines et a été reconnue ce dimanche comme la 36e victime de ces attentats de 2016.

