PHOTOS. Un animal emblématique réapparaît à Tiaret après des années d’absence
Des clichés récents confirment la présence de la gazelle de sable, plus connue sous le nom de « Rhim », dans la wilaya de Tiaret. L’Algérie, qui interdit strictement la chasse à la gazelle, encourage désormais l’élevage de la Gazelle Rouge dans des réserves forestières transformées en véritables pépinières de reproduction pour sauvegarder ce patrimoine génétique.
Des photographies récentes confirment la présence de la gazelle de sable, plus connue sous le nom de « Rhim », dans la wilaya de Tiaret. Cette nouvelle apparaît comme un miracle pour les experts qui avaient récemment averti de son extinction imminente.
Un photographe professionnel a réussi à capturer cette scène rare dans la région de Tiaret. Alors que les deux dernières décennies ont été caractérisées par un déclin drastique des troupeaux de cette gazelle saharienne (classée dans la catégorie des Antilopinae), cette réapparition apporte un réconfort aux défenseurs de la nature.
La gazelle Rhim, espèce protégée par la loi, habite généralement dans le sud algérien, notamment à Ghardaïa. Autrefois, ses troupeaux occupaient plus de 100 000 hectares, mais leur territoire et leur nombre ont diminué au fil du temps.
Selon l’expert Sid Ali Azzouni, la survie de la gazelle Rhim repose sur un équilibre biologique très précaire, perturbé aujourd’hui par la pression humaine et climatique. Son cycle de reproduction est d’une grande sensibilité, se déroulant sur une période de rut de trois mois, aboutissant à la naissance d’un unique petit.
Pour protéger cette progéniture vulnérable des prédateurs et des dangers environnementaux, cette espèce a développé un instinct particulier : la mère cache son faon à l’écart du troupeau durant ses premiers jours de vie.
Ce n’est qu’après que le jeune animal a acquis la force nécessaire pour suivre le groupe qu’il rejoint le reste de la harde, une étape critique où toute perturbation extérieure peut se révéler fatale pour le renouvellement de l’espèce.
Sous la menace du braconnage intensif et d’une sécheresse persistante, la gazelle Rhim a été contrainte à l’exil. Autrefois présente sur les vastes étendues du plateau de Tademaït à In Salah, l’espèce a abandonné ses pâturages historiques pour se réfugier dans les confins hostiles et quasi inaccessibles du Grand Erg Occidental.
Aujourd’hui, sa survie se joue dans l’ombre : loin des grands troupeaux d’autrefois, de petits groupes isolés font l’effort de subsister au cœur d’un relief accidenté, composé de creux d’oueds, de crêtes de dunes et de roches isolées du Sahara.
Tandis que le Rhim lutte pour sa survie, sa cousine, la Gazelle Rouge, prospère dans le nord du pays. On observe une forte multiplication des effectifs en Grande Kabylie ainsi que dans les wilayas de Skikda, Annaba et Jijel.
L’Algérie, qui interdit strictement la chasse à la gazelle, encourage désormais l’élevage de la Gazelle Rouge dans des réserves forestières, transformées en véritables pépinières de reproduction afin de préserver ce patrimoine génétique.

