Les libertés individuelles aux Etats-Unis au plus bas en 50 ans.
Le rapport de l’ONG américaine Freedom House sur l’état de la liberté dans le monde en 2025 signale une détérioration des droits politiques et des libertés civiles dans 54 pays, touchant plus de 40% de la population mondiale. Selon l’ONG, seulement 21% de la population mondiale vit dans un pays estampillé « libre », et le nouveau score des États-Unis est de 81 points sur 100, le plus faible depuis 1973.
Le rapport de l’ONG américaine Freedom House sur l’état de la liberté dans le monde en 2025 présente un tableau alarmant. Intitulé « L’ombre grandissante de l’autocratie », il examine la situation politique de 195 pays et 13 territoires, révélant une dégradation des droits politiques et des libertés civiles dans 54 pays, affectant plus de 40 % de la population mondiale.
La liberté d’expression, la liberté de la presse et le respect des procédures légales subissent de lourdes pertes.
« La liberté dans le monde a reculé pour la vingtième année consécutive en 2025 », souligne Freedom House dans son rapport.
L’organisation y analyse les causes de cette situation : « Les coups d’État, les conflits armés, les attaques contre les institutions démocratiques par des dirigeants élus et l’intensification de la répression par les régimes autoritaires ont été les principaux facteurs de cette détérioration durant cette période de vingt ans. »
Depuis 2005, 19 pays, auparavant « partiellement libres », ont été reclassés parmi ceux dits « non libres », devenant ainsi des autocraties.
Seuls 35 États ont enregistré des améliorations en 2025. Selon l’ONG, 21 % de la population, soit une personne sur cinq, vit dans un pays considéré comme « libre ». La Finlande se classe en tête avec un score parfait de 100 sur 100, tandis que le Soudan du Sud affiche un score de zéro.
Entre ces extrêmes, la Bulgarie, l’Italie et les États-Unis ont enregistré des baisses notables en 2025.
L’Amérique, sous la présidence de Donald Trump, reste « libre » mais présente des préoccupations croissantes concernant les libertés. « Bien évidemment que je parlerais de dérive autoritaire », déclare Romuald Sciora, directeur de l’Observatoire politique et géostratégique des États-Unis de l’IRIS. Depuis un an, le pays a perdu trois points et douze points depuis 2005 en matière de libertés individuelles et de droits politiques.
Il poursuit en précisant que Trump s’est radicalisé durant son premier mandat, s’alliant à une extrême droite qualifiée de « cryptofasciste ». Malgré une tradition d’État de droit et des protections pour les libertés d’expression, les atteintes aux droits fondamentaux se font de plus en plus fréquentes, et le rapport de Freedom House rejoint le consensus croissant sur le déclin de la démocratie américaine.
Le score actuel des États-Unis, à 81 points sur 100, est le plus bas depuis 1973, rejoignant le niveau de pays comme l’Afrique du Sud ou la Jamaïque, et se situant en dessous de la Corée du Sud. Romuald Sciora explique que des figures clés de l’extrême droite, comme J.D. Vance et Susie Wiles, poursuivent des objectifs clairs : déstabiliser le système multilatéral instauré après 1945 et établir un régime semi-autoritaire inspiré du modèle hongrois.
L’administration Trump cible systématiquement les voix dissidentes, notamment dans les universités et les médias. Romuald Sciora note qu’il a été demandé à certains médias de ne pas critiquer l’administration concernant des questions sensibles comme la guerre en Iran, ce qui constitue un changement significatif pour une démocratie comme celle des États-Unis.
Les conséquences de cette politique sont palpables, avec des enquêtes pour terrorisme intérieur et un gel des subventions, y compris pour Freedom House, dont l’administration a récemment réduit le financement.
Quant aux citoyens, ils vivent dans la peur de représailles qui les poussent à l’autocensure. Freedom House évoque des cas où des individus ayant exprimé leurs opinions ont subi des interrogatoires, créant un climat de méfiance. « Je peux comprendre que certaines personnes aient des réticences à parler aujourd’hui aux États-Unis », indique Romuald Sciora.
La pression est telle que perdre son emploi dans un pays où les assurances santé dépendent de l’employeur peut mener à des situations catastrophiques. « Il y a une pression maximale. Vous avez peur de perdre votre emploi », ajoute-t-il.
Malgré cette situation préoccupante, Freedom House note qu’il existe des raisons d’être optimiste. La dégradation des libertés est une tendance persistante depuis 20 ans, mais l’ONG évoque la résilience des démocraties. « Le nombre de démocraties consolidées dans le monde a considérablement augmenté au cours des 50 dernières années. Aujourd’hui, 88 des 195 pays sont considérés comme libres », un chiffre qui représente plus du double de celui de 1973, année de la première publication de « Freedom in the World ».

