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« Peaky Blinders » : Peut-on apprécier le film sans connaître la série ?

Peaky Blinders, créée en 2013 par Steven Knight, s’est poursuivie jusqu’en 2022, totalisant trente-six épisodes. Le film Peaky Blinders : L’Immortel, disponible sur Netflix, clôt l’intrigue six ans plus tard en un long métrage de près de deux heures.


Comme *Game of Thrones* ou *Friends*, *Peaky Blinders* figure parmi les séries que tout le monde est censé connaître. Avouer le contraire pourrait donner l’impression d’une personne incultive ou ayant vécu recluse durant les quinze dernières années. Créée en 2013 par Steven Knight, la série a été diffusée jusqu’en 2022, totalisant trente-six épisodes. *Peaky Blinders : L’Immortel*, disponible sur *Netflix*, conclut l’intrigue six ans plus tard avec un long métrage de près de deux heures.

N’ayant regardé aucun épisode auparavant, j’ai visionné le film sans chercher d’informations en ligne. Mes connaissances étaient limitées : je savais qu’il s’agissait de gangsters britanniques d’autrefois vêtus de costumes élégants, que l’on entendait une belle chanson de Nick Cave au générique, et que Cillian Murphy jouait le rôle principal. Je supposais qu’il ne s’agissait pas d’enfants de chœur, qu’ils avaient tendance à se battre et à comploter, et c’était tout. Que vaut donc le film pour quelqu’un qui ne connaît pas la série ? Voici quelques éléments de réponse sans spoiler.

### Une intrigue complète

Steven Knight maîtrise son sujet. L’intrigue est cohérente en elle-même. Elle se déroule en 1940 dans un Londres ravagé par les bombardements. On y retrouve Tom Shelby (Cillian Murphy, j’avais raison !), qui est tourmenté par les morts qu’il a causées et envisage d’écrire un livre. Son fils a repris les rênes de l’entreprise, mais il peine à s’imposer. Trop jeune et inexpérimenté, il manque de respect et s’associe avec des individus encore moins fréquentables que les Peaky Blinders, ce qui n’est pas rassurant.

Même sans connaître l’univers, on s’y adapte aisément. Steven Knight et le réalisateur Tom Harper ont eu l’intelligence de ne pas surcharger le film de flashbacks. Ces derniers sont en effet très rares. On comprend qu’ils doivent avoir de l’importance pour les fans de la série, mais le nouveau spectateur ne se sent pas pour autant exclu.

### Jamais exclu

En ce qui concerne le casting, il est de qualité. On peut supposer que Sophie Rundle, qui incarne la sœur de Tom Shelby, était déjà présente auparavant. De nouveaux visages tels que Rebecca Ferguson, Barry Keoghan, Tim Roth ou Stephen Graham apportent également leur talent à l’écran. Ils sont, bien sûr, excellents. La production a investi pour les mettre en valeur. L’action est accompagnée de décors somptueux, et le contexte historique est habilement utilisé par Steven Knight, sans abus.

Évidemment, on perçoit que certaines scènes ou révélations visent à ravir les fans, mais il n’est pas nécessaire d’être un aficionado pour ressentir de l’excitation lorsque le personnage de Cillian Murphy reprend du poil de la bête, mettant de l’ordre dans un pub ou se déplaçant avec aisance dans la rue. Une véritable dimension épique émane de ce héros tourmenté, contraint de retourner dans le monde des affaires. La bande-son très rock dynamise encore davantage l’ensemble.

### La fin de « Peaky Blinders » ?

La conclusion de *L’Immortel* ne ferme pas toutes les portes et ouvre celle d’une nouvelle série promise par Steven Knight. Celle-ci permettra de découvrir une nouvelle génération de Shelby. Ce film luxueux et bien construit incitera certainement de nombreux spectateurs à visionner les anciens épisodes en attendant les nouveaux.