Belgique

« Mars Attacks » : les écoles ne réagissent pas aux économies dans l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles

Le collectif « Mars Attacks » revendique le retrait pur et simple de toutes les réformes et a rassemblé treize écoles situées à Bruxelles, à Liège, et dans le Brabant Wallon. La ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, Valérie Glatigny, a déclaré « prendre note de cette action » tout en rappelant « qu’il y a déjà eu des concertations avec les acteurs de l’enseignement ».


Le titre du film emblématique de Tim Burton sonne comme un appel à la mobilisation. En ce mois de mars, de nombreux enseignants en ont assez. Une augmentation de 10 % du temps de travail pour les professeurs de secondaire, une réforme du tronc commun… Autant de décisions qui suscitent mécontentement et ras-le-bol. « L’école est en danger ! Les profs ne sont pas des paillassons ! », scandent les membres d’un collectif nommé « Mars Attacks ».

La référence est significative. « Ce qui nous tombe sur la tête sort de toute réalité », déclare Aurélie Praet, professeure de français. « Ça a un côté irrévérencieux, impertinent, qui colle bien à l’esprit du mouvement », ajoute Sébastien Demarche, professeur de français et porte-parole du collectif.

### Quand profs, élèves et directions parlent d’une même voix

La demande de « Mars Attacks » est explicite : le retrait total de toutes les réformes. Actuellement, treize écoles ont rejoint le mouvement, provenant de différents réseaux et situées à Bruxelles, Liège et dans le Brabant wallon. « Il est à peu près clair que nous serons rejoints par d’autres écoles la semaine prochaine. Nous sommes actuellement 500 à 600 profs, mais j’espère qu’à la fin de la semaine prochaine, nous serons des milliers », avance Sébastien Demarche.

### Des actions concrètes dès la semaine prochaine

Au programme : des arrêts de travail, un boycott de 10 % du temps de cours, une opposition aux journées pédagogiques, et un refus de transmettre les résultats du CE1D et du CESS à l’administration. « Chaque école va s’approprier le programme Mars Attacks à sa manière, mais nous sommes d’accord sur certaines mesures que nous mènerons ensemble », explique Sébastien Demarche. « Les actions se poursuivront jusqu’à ce que les réformes soient annulées. Nous irons jusqu’au bout », prévient le collectif.

Rassemblés au centre scolaire Ma Campagne à Bruxelles, les membres de « Mars Attacks » ont organisé une conférence de presse en présence de nombreux enseignants, élèves et directeurs d’écoles.

### « Nous aussi, on peut avoir une riposte »

De nombreux élèves ont souhaité exprimer leur solidarité envers leurs enseignants. Luca, 14 ans, déclare : « Nous sommes là parce qu’un gouvernement qui attaque les écoles, les hôpitaux et la culture est un gouvernement qu’il faut faire tomber. » Il s’inquiète de la qualité des professeurs. « Il y a des professeurs de néerlandais qui n’ont aucun diplôme. Ce n’est pas normal. »

Une autre élève prend la parole : « En 2024, 25 % de nos nouveaux enseignants n’ont pas les diplômes nécessaires, que ce soit pour la matière ou pour la pédagogie. Paradoxalement, nous devons être plus exigeants envers les élèves qui doivent atteindre un taux de réussite de 60 % aux épreuves externes. » Suzanne, 18 ans, ajoute : « C’est une manière de montrer que nous aussi, nous pouvons réagir. Nous sommes tous dans le même bateau. »

### Un mouvement soutenu par des directions d’école

Le mouvement bénéficie également du soutien de certaines directions d’écoles. Claude Dupont, directeur du centre scolaire Ma Campagne, estime : « C’est très important de soutenir les professeurs. Nous aimons notre école, notre équipe. Certaines mesures sont absolument inacceptables. » Il critique le passage de 20 à 22 heures d’enseignement pour les enseignants du secondaire supérieur, indiquant que cela pourrait entraîner des pertes d’emploi pour plusieurs d’entre eux. Il souligne également le flou entourant la réforme du tronc commun, déplorant le manque d’information à quelques mois de son application.

### La ministre Glatigny réagit

Contactée, Valérie Glatigny (MR), ministre de l’Enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, déclare « prendre note de cette action ». Elle rappelle qu’il y a déjà eu des concertations avec les acteurs de l’enseignement, et se dit « disponible pour dialoguer avec toutes les personnes qui le souhaitent ». En attendant, le malaise est palpable au sein des établissements. Le collectif « Mars Attacks » espère que le mouvement s’étendra à travers la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Côté syndical, la CSC rappelle avoir toujours soutenu ces revendications. Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC-Enseignement, indique qu’aucune demande de couverture de grève n’a été reçue de la part du collectif, ce qui signifie que les arrêts de travail ne pourront pas dépasser une période de cours de 50 minutes. La CGSP, pour sa part, affirme qu’elle soutiendra probablement le mouvement si elle est contactée, bien que la priorité demeure la grande manifestation du 9 avril.