Guerre au Moyen-Orient : Trump exclut cessez-le-feu, Netanyahu intensifie frappes à Beyrouth
Mojtaba Khamenei a proclamé vendredi la victoire sur les ennemis de la République islamique dans un message écrit pour le Nouvel an persan, Norouz. L’armée israélienne a appelé vendredi soir les habitants de la banlieue sud de Beyrouth à évacuer en raison d’opérations « de plus en plus intenses » contre les infrastructures du Hezbollah.
Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré vendredi avoir remporté la bataille contre les ennemis de la République islamique dans le conflit opposant l’Iran aux États-Unis et à Israël, dans un message écrit à l’occasion du Nouvel an persan, Norouz.
« En ce moment, grâce à l’unité particulière qui a émergé parmi vous, nos compatriotes, malgré vos différentes origines religieuses, intellectuelles, culturelles et politiques, l’ennemi a été vaincu« , a indiqué l’ayatollah, qui ne s’est pas encore présenté en public depuis sa nomination pour succéder à son père, Ali Khamenei, tué lors d’une frappe aérienne au premier jour de la guerre.
Intensification des frappes israéliennes sur Beyrouth ce vendredi soir
L’armée israélienne a appelé vendredi soir les résidents de la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, à évacuer.
Le porte-parole arabe de l’armée israélienne a lancé un avis d’évacuation d’urgence pour sept quartiers du sud de Beyrouth. Selon cette annonce, l’armée israélienne mène actuellement des opérations « de plus en plus intenses » contre les infrastructures du Hezbollah dans la région.
Trump insulte ses alliés de l’Otan et déclare que « tout va bien »
Donald Trump a affirmé que « tout se passait très bien en Iran » et a estimé que le combat militaire était gagné, excluant même un cessez-le-feu : « Vous ne faites pas de cessez-le-feu quand vous anéantissez littéralement l’adversaire« , a-t-il déclaré vendredi lors de son départ de la Maison Blanche pour la Floride.
Selon lui, les États-Unis envisagent de « réduire graduellement » leurs opérations au Moyen-Orient contre « le régime terroriste iranien ».
« Nous sommes sur le point d’atteindre nos objectifs alors que nous envisageons de réduire progressivement nos efforts militaires significatifs au Moyen-Orient contre le régime terroriste iranien« , a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.
« Le détroit d’Ormuz devra être surveillé et contrôlé, si nécessaire, par d’autres pays qui l’empruntent – ce qui n’est pas le cas des États-Unis !« , a-t-il également demandé. « Si on nous le demande, nous aiderons ces pays dans leurs efforts concernant le détroit d’Ormuz, mais cela ne devrait plus être nécessaire une fois la menace iranienne éliminée« , a-t-il ajouté.
Le prix du pétrole recule
Le prix du pétrole a chuté vendredi de plus de 2 % après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a assuré que la guerre avec l’Iran prendrait fin « plus vite » qu’imaginé. Le baril de Brent, référence internationale, était en baisse de 2,55 % à 105,88 dollars vers 03h40 (heure belge).
Il avait atteint la veille un pic à 120 dollars, avant de modérer sa hausse. Son équivalent américain, le baril de WTI, reculait de 2,46 % à 93,20 dollars vendredi. « Les déclarations de Netanyahou ont apaisé les marchés« , a commenté Stephen Innes, de SPI Asset Management.
Les Bourses européennes ont encore terminé en forte baisse vendredi, tout comme Wall Street.
Les cours du pétrole, en revanche, ont été relativement stables.
Dans un entretien au média Politico, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il existait des « motifs raisonnables » de croire que les deux camps du conflit israélo-américain contre l’Iran pourraient avoir commis des crimes de guerre. Guterres a affirmé : « S’il y a des attaques contre l’Iran ou depuis l’Iran contre des infrastructures énergétiques, je pense qu’il existe des motifs raisonnables de penser qu’elles pourraient constituer un crime de guerre. »
Plus tôt cette semaine, une attaque israélienne contre le gisement gazier iranien de South Pars – partagé avec le Qatar – a déclenché des frappes de représailles iraniennes contre le complexe gazier qatari de Ras Laffan, marquant une escalade majeure du conflit.
« Je ne vois aucune différence. Peu importe qui cible des civils. C’est totalement inacceptable« , a-t-il ajouté.
Le président syrien Ahmad al-Chareh a déclaré vendredi qu’il travaillait à maintenir son pays à l’écart du conflit qui s’élargit au Moyen-Orient et a assuré que Damas était en accord avec tous les pays de la région. « Nous pesons nos actes avec une extrême prudence et œuvrons à éloigner la Syrie de tout conflit« , a déclaré le président après la prière de l’Aïd el-Fitr au palais présidentiel de Damas.
La Syrie, qui « a toujours été un terrain de conflit (…) au cours des quinze dernières années, et avant, est aujourd’hui en accord avec tous les pays du voisinage (…), tout en étant entièrement solidaire des États arabes« , a ajouté le président, qui a renversé le dirigeant syrien Bachar al-Assad en décembre 2024.
Alors que l’Iran était l’un des principaux soutiens du pouvoir d’Assad, la coalition islamiste qui l’a renversé est résolument hostile à Téhéran.
Enfin, l’armée israélienne a annoncé vendredi avoir frappé dans la nuit des « infrastructures du régime syrien » dans le sud de la Syrie. Selon un communiqué, « Cette nuit, Tsahal a visé un quartier général et des armes dans des camps militaires du régime syrien dans le sud de la Syrie. Il s’agissait d’une riposte aux événements d’hier (jeudi), au cours desquels des civils druzes ont été attaqués dans la région de Soueïda« .
L’armée israélienne a averti qu’elle « ne permettra pas que les Druzes en Syrie soient pris pour cible et continuera d’agir pour assurer leur protection« . Elle a également indiqué qu’elle « continue de suivre de près l’évolution de la situation dans le sud de la Syrie« .
Les Druzes sont une minorité arabophone professant une foi issue d’un islam hétérodoxe et se répartissent entre certaines régions de Syrie, du nord d’Israël, du Liban et du plateau du Golan occupé par Israël.

