Flambée des cours du pétrole : impacts et durée incertains ?
Les cours du Brent continuent de fluctuer, avec une stabilisation relative cette semaine autour de 100 dollars, un niveau encore loin du pic des 149 dollars enregistré en 2008. Selon l’Organisation maritime internationale (OMI), pas moins de 3.200 navires et 20 mille marins sont encore bloqués dans le Golfe, dans l’attente des décisions d’une réunion de crise, les 18 et 19 mars courant à Londres.

La hausse des prix du pétrole, les tensions géopolitiques persistantes et l’incertitude sur les flux énergétiques mondiaux : la crise actuelle autour du détroit d’Ormuz réveille le spectre d’un choc pétrolier durable.
Bien que des mesures d’urgence aient évité une flambée incontrôlée des prix, la volatilité des marchés et le manque de perspectives claires d’apaisement continuent d’alimenter les craintes sur leurs répercussions sur l’économie mondiale et leur éventuelle durée.
La Presse — En l’absence d’une résolution rapide du conflit en Iran, les cours du Brent continuent de varier, avec une stabilisation relative cette semaine autour de 100 dollars, un niveau encore éloigné du pic de 149 dollars atteint en 2008, mais qui suscite des inquiétudes sur les marchés s’il persiste.
En effet, après une hausse rapide atteignant presque 120 dollars le baril la semaine dernière, les prix ont chuté, en partie grâce au déblocage de 400 millions de barils des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE).
Une situation plutôt complexe
Selon une déclaration vidéo de son directeur, Fatih Birol, l’AIE dispose encore d’un stock de 1,4 milliard de barils pouvant être utilisé pour soutenir l’offre et éviter un choc pétrolier.
Cependant, la question qui préoccupe toujours les opérateurs concerne la durée pendant laquelle l’agence pourra couvrir les besoins, surtout en l’absence de signes d’apaisement du conflit sur le terrain.
Un léger apaisement a également été constaté avec la reprise partielle des exportations irakiennes via un oléoduc menant à un port turc, suite à un accord avec la région autonome kurde dans le nord du pays.
Le détroit d’Ormuz, qui est au centre des attentions, reste interdit aux expéditions de pétrole et de gaz pour les navires américains, israéliens et ceux de leurs alliés, malgré les efforts visant à débloquer la situation, incluant des options militaires.
Selon l’Organisation maritime internationale (OMI), pas moins de 3.200 navires et 20.000 marins sont encore bloqués dans le Golfe, en attente d’une réunion de crise prévue les 18 et 19 mars à Londres, concernant leur éventuelle évacuation ou réapprovisionnement, peu probable en l’absence d’une sécurisation totale de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Entre-temps, les prix à la pompe ont déjà grimpé de 24 % aux États-Unis, tandis qu’en Europe, le seuil de 2 euros le litre de gasoil est déjà dépassé dans certains pays, impactant considérablement le pouvoir d’achat des ménages et les coûts de production des entreprises.
Ils tirent déjà profit des perturbations… !
Bien que cette hausse des prix ait des conséquences négatives sur l’inflation et la croissance mondiale, ainsi que sur les coûts de production et d’assurance, ses effets varient d’un pays à l’autre.
Les pays producteurs, à l’exception des alliés des États-Unis dans le Golfe, ont déjà commencé à profiter pleinement de cette perturbation. Par exemple, l’Iran, impliqué dans le conflit, génère pas moins de 140 millions de dollars par jour grâce à la hausse des prix. La Russie se présente comme une alternative à la pénurie d’approvisionnement mondial en gaz, malgré les sanctions imposées en raison de sa guerre contre l’Ukraine.
Ce sont surtout les pays importateurs nets d’hydrocarbures qui subissent le plus les conséquences, augmentant ainsi les risques de récession.
Il convient également de noter que le monde entier ne dépend pas de l’approvisionnement des pays du Golfe, rendant ainsi le déficit d’environ 20 % des hydrocarbures mondiaux transitant par le détroit d’Ormuz potentiellement compensable par d’autres sources en Amérique, en Afrique ou en mer du Nord.
Même les marchés financiers, qui avaient d’abord connu une certaine nervosité en lien avec le conflit au Moyen-Orient, étaient à nouveau en hausse le 18 mars, affichant des variations positives allant de l’Asie aux Amériques.
Néanmoins, il est consensuel de dire que rien ne peut remplacer un retour à la normale pour retrouver les niveaux de février dernier.
Une question demeure cependant : combien de temps durera ce conflit et, par conséquent, les perturbations des flux pétroliers par le détroit d’Ormuz ?

