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Génocide des Yazidis : Sabri Essid, condamné à perpétuité, présumé mort

Le djihadiste français Sabri Essid a été condamné vendredi à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises de Paris pour génocide, crimes contre l’humanité et complicité de ces crimes. Ce procès a eu lieu à l’issue de cinq jours de débats, durant lesquels son épouse a émis des doutes sur son décès, survenu en 2018, et des témoignages de trois femmes yazidies ont été présentés.


Le verdict du procès par défaut du djihadiste français Sabri Essid, né en 1984 à Toulouse et soupçonné d’avoir participé au génocide de la minorité religieuse yazidie entre 2014 et 2016 en zone irako-syrienne, a été rendu ce vendredi. Présumé mort en Syrie en 2018, il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises de Paris.

Après cinq jours de procès, la cour a reconnu Essid coupable de génocide, de crimes contre l’humanité et de complicité dans ces crimes. Bien qu’il soit considéré comme en fuite, son jugement a été prononcé par une cour composée de trois juges professionnels, sans jury populaire. Le mystère persiste concernant son décès. Son épouse, entendue comme témoin, a exprimé des doutes sur les circonstances de sa mort. Dans son verdict, la cour a pris en compte les incertitudes entourant son sort et a maintenu le mandat d’arrêt à son encontre.

Essid était jugé pour avoir participé à des actes de génocide et à des crimes contre l’humanité à l’encontre des yazidis, une minorité kurdophone présente dans le nord de l’Irak et de la Syrie, victime de viols, d’enlèvements, d’esclavage et d’autres traitements inhumains par les djihadistes de Daesh, qui les considèrent comme hérétiques. Le président de la cour d’assises, Marc Sommerer, a déclaré : « Sabri Essid a pris part au génocide perpétré par l’Etat islamique », en insistant sur son rôle dans le système d’exploitation des victimes yazidies.

Essid, figure centrale du djihadisme, était proche des frères Clain, qui ont revendiqué les attentats du 13 novembre 2015, et de Mohammed Merah, responsable de tueries en 2012 dans le sud-ouest de la France. Il avait rejoint l’État islamique en Syrie en 2014 et aurait été tué en 2018, mais dans des circonstances non précisées.

Trois femmes yazidies ont été parties civiles au procès, et deux d’entre elles ont témoigné. Leurs récits, si difficiles qu’ils ont dû être lus par la cour, ont été décrits comme insoutenables. La représentante du ministère public a souligné que « les violences sexuelles ont constitué une étape majeure dans la politique de destruction des Yazidis ». Bien qu’il ne soit pas accusé d’avoir conçu la politique d’extermination, il a « activement participé » à celle-ci. La magistrate a qualifié Essid de « homme profondément violent, déterminé à briser l’humanité de ses victimes », et l’a décrit comme « un homme qui incarne le génocide ».

Natia Navrouzov, directrice de l’ONG Yazda, a salué la condamnation en déclarant : « Chaque condamnation est une reconnaissance de la souffrance des victimes. C’est un moment historique, on espère que cela aura un effet domino en France comme cela l’a eu en Allemagne », où plusieurs condamnations ont été prononcées en lien avec ce génocide.