Belgique

Guerre au Moyen-Orient : Poutine prêt à ne plus renseigner l’Iran.

Mojtaba Khamenei a proclamé vendredi la victoire sur les ennemis de la République islamique dans un message écrit pour le Nouvel an persan, Norouz. Le prix du pétrole a reculé vendredi de plus de 2% après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a suggéré que la guerre avec l’Iran prendrait fin « plus vite » qu’imaginé.


Le nouveau guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré vendredi que la République islamique avait remporté une victoire contre ses ennemis dans la guerre contre les États-Unis et Israël, à l’occasion de son message écrit pour le Nouvel an persan, Norouz.

L’ayatollah a déclaré : « En ce moment, en raison de l’unité particulière qui s’est créée entre vous, nos compatriotes, malgré toutes vos différences d’origines religieuses, intellectuelles, culturelles et politiques, l’ennemi a été vaincu ». Ce dernier ne s’est toujours pas montré en public depuis sa désignation pour succéder à son père, Ali Khamenei, tué lors d’une frappe aérienne au premier jour de la guerre.

Le prix du pétrole a chuté de plus de 2% vendredi, après que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé que la guerre avec l’Iran prendrait fin « plus vite » que prévu. Le baril de Brent, référence internationale, s’est négocié à 105,88 dollars, en recul de 2,55% vers 03h40 (heure belge). Il avait atteint la veille un montant de 120 dollars avant de modérer son augmentation. Le baril de WTI, son équivalent américain, a également baissé de 2,46% pour s’établir à 93,20 dollars. Stephen Innes, de SPI Asset Management, a noté que « les déclarations de Netanyahu ont apaisé les marchés ».

L’inquiétude venait des bombardements israéliens sur South Pars, le principal gisement gazier iranien. En réponse, l’Iran a endommagé la principale installation de liquéfaction de gaz au Qatar, réduisant ainsi sa capacité d’exportation de GNL de 17%. Le président américain a affirmé être intervenu auprès de Benjamin Netanyahou pour qu’il cesse ces actions.

Les marchés boursiers asiatiques ont montré cette incertitude vendredi, alors que les investisseurs restaient anxieux dans l’attente de développements favorables dans ce conflit, qui entre ce jour dans sa quatrième semaine. En cas d’arrêt des hostilités, six pays se sont déclarés prêts à participer à la sécurisation du détroit d’Ormuz.

Des déclarations optimistes ont été émises, même si des frappes ont eu lieu durant la nuit sur les pays du Golfe et Israël, notamment un incendie dans une raffinerie au Koweït à la suite d’attaques de drones iraniens.

Nous vous proposons de suivre minute par minute l’évolution de la situation de cette guerre au Moyen-Orient dans le direct ci-dessous.

Dans un entretien accordé à Politico, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré qu’il existait des « motifs raisonnables » de croire que les deux camps du conflit israélo-américain contre l’Iran pourraient avoir commis des crimes de guerre. Guterres a affirmé : « S’il y a attaques contre l’Iran ou depuis l’Iran contre des infrastructures énergétiques, je pense qu’il existe des motifs raisonnables de penser qu’elles pourraient constituer un crime de guerre. » Plus tôt cette semaine, une attaque israélienne contre le vaste gisement gazier iranien de South Pars a engendré des frappes de représailles iraniennes contre le complexe gazier qatari de Ras Laffan, marquant une escalade majeure du conflit. Il a ajouté : « Je ne vois aucune différence. Peu importe qui cible des civils. C’est totalement inacceptable. »

Six pays (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni, Pays-Bas et Japon) se sont déclarés jeudi « prêts à contribuer » aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz, la France, l’Allemagne et l’Italie précisant que cela ne pourrait se faire qu’après un arrêt des combats. Le président français Emmanuel Macron a mentionné la possibilité d’un « cadre onusien » pour une mission future. L’Organisation maritime internationale (OMI) a appelé auparavant à la création d’un « corridor maritime sûr » pour évacuer les navires bloqués dans le Golfe.

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé vendredi que la production de missiles se poursuivait en Iran, malgré les affirmations israéliennes selon lesquelles la guerre aurait anéanti les capacités balistiques du pays. « Notre industrie balistique mérite une note parfaite. (…) Il n’y a aucune inquiétude à ce sujet, car même en temps de guerre, nous continuons à fabriquer des missiles », a déclaré le porte-parole des Gardiens, Ali-Mohammad Naïni, cité par l’agence de presse Fars. Jeudi, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré que l’Iran n’avait « plus la capacité de produire des missiles balistiques » ni « celle d’enrichir de l’uranium ».

Israël a poursuivi ses frappes aériennes et ses opérations terrestres au Liban, après que le Hezbollah, groupe militant libanais soutenu par l’Iran, a tiré des missiles sur Israël, affirmant agir en réponse à la guerre menée conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran.