Belgique

Contrat d’énergie fixe ou variable : les comparateurs ne vous aident pas.

Pour une consommation moyenne de gaz, le comparateur certifié par la CREG annonce un montant de 30 euros par mois en plus pour le contrat fixe le moins cher par rapport au contrat variable le moins cher. Les estimations ne redeviendront plus fiables qu’à partir du 1er avril, après la mise à jour des cartes tarifaires en tenant compte de la moyenne du mois de mars.


C’est une refrain que l’on entend fréquemment lorsqu’il est question des contrats d’énergie : « Il faut comparer » et « Un contrat fixe est toujours plus cher qu’un contrat variable. » En effet, en consultant des comparateurs comme comparateur-energie.be, le seul à être certifié par la CREG, l’organisme de régulation de l’énergie en Belgique, pour une consommation moyenne de gaz, le montant affiché pour le contrat fixe le moins cher est supérieur de 30 euros par mois par rapport au contrat variable le moins cher.

Cependant, il convient de noter un biais majeur dans ces comparaisons en période de crise, comme le souligne Maxime Sonkes, responsable de Wikipower et de comparateur-energie.be. Les montants des contrats variables sont souvent sous-estimés en raison de la méthodologie utilisée.

Il est essentiel de préciser qu’il n’y a aucune malveillance de la part des comparateurs ; ceux-ci s’appuient sur les cartes tarifaires des fournisseurs, qui respectent rigoureusement les obligations en vigueur. Toutefois, la méthode de calcul utilisée n’a pas été spécifiquement conçue pour les situations de crise soudaine, comme celle que nous subissons depuis le début des tensions liées à l’Iran.

Pour bien saisir la sous-estimation actuelle, il est nécessaire de comprendre le fonctionnement d’un contrat variable : lorsque vous souscrivez à ce type de contrat, vous ignorez le tarif que vous allez payer par kilowattheure consommé, car vous ne signez pas pour un tarif, mais pour une formule.

Le montant affiché sur les cartes tarifaires et donc sur les comparateurs n’est qu’une estimation. Ce chiffre représente l’acompte que vous paierez au début, mais cet acompte pourrait être modifié en cours de contrat. Si cet acompte est insuffisant, vous devrez effectuer un ajustement en fin de contrat, en tenant compte de la différence entre la facture finale et les acomptes payés.

Les formules indiquées sur les contrats sont du type : « 0,6465 + (0,1020 x ZTPDAM (Heren) ». Cela implique une partie fixe et une partie variable, ici représentée par le ZTPDAM (Heren). D’autres contrats peuvent utiliser le « TTF101 ». Dans tous les cas, le principe demeure le même : il s’agit de la moyenne des cotations du mois, pour le marché de Zeebruges (ZTPDAM) et pour le transfert de titres à Amsterdam.

Une moyenne mensuelle implique que l’on ne peut connaître cette valeur qu’à la fin du mois. Pour estimer le prix du gaz dans un contrat variable, les fournisseurs et les comparateurs se basent donc sur la moyenne du mois précédent, où les prix de gros étaient très bas, soit un peu plus de 32 euros le Mégawatt-heure en moyenne. Actuellement, le prix est à 60 euros le Mégawatt-heure, ce vendredi 20 mars, presque le double. La moyenne du mois de mars est d’ailleurs actuellement supérieure à 50 euros et continue d’augmenter.

Ainsi, le prix par kilowattheure sur lequel se fonderaient les fournisseurs pour calculer votre acompte, basé sur les moyennes de mars, serait d’environ 4 centimes, alors qu’en appliquant la formule aux prix constatés en mars, on arrive à 6 centimes le kilowattheure, soit bien au-dessus du prix proposé dans tous les contrats fixes.

On peut donc conclure qu’en mars, ceux qui ont opté pour un contrat fixe récent paieront leur gaz moins cher que ceux qui sont engagés dans un contrat variable, dont le prix est basé sur les fluctuations du mois en cours.

La question qui se pose est la suivante : cela va-t-il perdurer ? Si tel est le cas, et que les prix du gaz sur les marchés de gros demeurent à un niveau similaire à celui d’aujourd’hui, comme l’anticipent les experts, alors les comparateurs induisent gravement en erreur. Un contrat pour une consommation moyenne de gaz dans le cadre d’un contrat variable ne vous coûtera pas 30 euros de moins par mois, comme l’indique l’outil, mais plutôt 25 euros de plus par mois !

C’est là un des défauts de la méthodologie imposée aux fournisseurs pour indiquer les tarifs indicatifs des contrats variables, reconnait Maxime Sonkes. « Il y a un biais en cas de crise soudaine », explique-t-il. « Les prix étaient relativement bas tout au long du mois de février, et les fournisseurs ont établi leurs tarifs en fonction de cela. Ensuite, avec les attaques survenues un samedi, les marchés étaient fermés le week-end, et dès le lundi, au début de mars, les prix ont explosé. »

Les estimations ne redeviendront fiables qu’à partir du 1er avril, après la mise à jour des cartes tarifaires, prenant en considération la moyenne du mois de mars. De même, si les prix chutent brutalement le mois suivant, les tarifs affichés par le comparateur risquent d’être surévalués alors qu’ils pourraient finalement s’avérer plus intéressants.