Guerre au Moyen-Orient : la Belgique n’agit pas dans le détroit d’Ormuz sans conditions
La Belgique est prête à participer à l’opération initiée par six pays en vue de sécuriser le détroit d’Ormuz à condition qu’un cessez-le-feu durable et un mandat international clair soient mis en place. Elle importe chaque année pour environ 5,8 milliards de dollars de GNL en provenance du Qatar, et le total des échanges commerciaux liés aux Émirats arabes unis représente 8,2 milliards de dollars.
La Belgique est disposée à participer à l’opération mise en place par six pays pour sécuriser le détroit d’Ormuz, à condition que deux critères soient respectés : un cessez-le-feu durable et un mandat international clairement défini, similaire aux opérations Aspides et Atalanta. Cela a été annoncé vendredi par le gouvernement à l’issue d’une réunion en comité ministériel restreint (kern). Jeudi, six pays ont exprimé leur volonté de participer à cette opération, à savoir l’Allemagne, la France, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, ce dernier ayant formulé la demande à la Belgique.
Maxime Prévot a déclaré à la sortie du kern : « La Belgique se tient disponible à pouvoir participer à une mission, effectivement, au détroit d’Ormuz. Pour autant, ce sont deux conditions claires qui doivent être remplies : d’une part, qu’il y ait un cessez-le-feu qui soit intervenu. Parce que l’on ne souhaite pas, évidemment, se mettre dans un contexte guerrier », a ajouté le ministre des Affaires étrangères. Il a également précisé : « Deuxièmement, qu’il y ait un mandat international qui soit clair en la matière. »
Le ministre a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’un cessez-le-feu, et non d’une paix durable. « L’objectif, c’est effectivement un cessez-le-feu qui soit, on l’espère, suffisamment durable, que pour ne pas faire courir de risques qui soient déraisonnables. L’objectif, c’est de pouvoir contribuer à fluidifier à nouveau le trafic maritime, vu les conséquences dramatiques que cela a, sur le plan, notamment, économique. » Il a souligné l’augmentation des coûts énergétiques.
### La Belgique « fortement exposée »
Au sein de l’Union européenne, l’Italie est le pays le plus impacté, avec des échanges annuels de 9,8 milliards d’euros avec les pays du Golfe concernés par le blocus, principalement avec le Qatar, représentant environ 4,4 milliards de dollars de gaz naturel liquéfié (GNL) et environ 3,2 milliards de dollars de propane.
La Belgique, de son côté, est également « fortement exposée ». Elle importe chaque année environ 5,8 milliards de dollars de GNL en provenance du Qatar. De plus, Anvers est un important hub pour le commerce des diamants venant des Émirats arabes unis, représentant 2,1 milliards de dollars. Bien que les diamants constituent plutôt un flux financier qu’une chaîne d’approvisionnement mondiale critique, ces échanges peuvent être adaptés plus facilement. Au total, cela s’élève à 8,2 milliards de dollars.
Le Royaume-Uni est le pays le plus vulnérable d’Europe, avec un commerce de 12,9 milliards de dollars, dont environ 5,9 milliards de dollars de produits gaziers qataris.
Les grandes économies de l’Union européenne, l’Allemagne et la France, sont dotées d’une « plus grande diversification », bien que les montants échangés demeurent conséquents.

