Belgique

Pierre Meys : « Le 22 mars 2016, le drame le plus tragique en 47 ans »

Pierre Meys, ancien porte-parole des pompiers de Bruxelles, a décrit le 22 mars 2016 comme « le pire drame en 47 ans de carrière ». Françoise Ledune, directrice de la communication de la STIB, a déclaré qu’ils avaient reçu une « avalanche d’appels » et des « 18.000 messages via les réseaux sociaux » le jour des attentats.


Pierre Meys, ancien porte-parole des pompiers de Bruxelles, évoque le 22 mars 2016 comme le pire drame de sa carrière de 47 ans. Il se souvient de son arrivée sur les lieux, peu après 9h30, à la station de métro de Maelbeek, où il a été confronté à un spectacle dévastateur : un métro en morceaux, des blessés déjà évacués, et une ambiance de silence pesant.

À l’époque, Pierre Meys était également porte-parole et a reçu un appel des journalistes alors qu’il se rendait sur les lieux. L’interrogation portait sur ce qu’il se passait. Ne pouvant communiquer d’informations précises, il a rapidement pris la décision de se rendre à l’hôtel Thon, devenu le premier poste avancé des secours, plutôt que de jouer son rôle de porte-parole.

Sur place, il a dû faire face à des blessures de guerre, un choc pour un pompier d’expérience. « J’ai connu des drames, mais cela a été le plus horrible. » Deux ans avant sa retraite, ce drame marquant a laissé des séquelles chez plusieurs de ses collègues. Bien qu’il ne ressente pas de souffrance personnelle, il admet avoir des pensées récurrentes à ce sujet, surtout lors d’événements similaires.

C’était la première fois qu’il revenait dans la station depuis les attentats, et le choc a été immense en revoyant l’endroit. Son fils, pompier lui aussi, a été l’un des premiers sur les lieux de l’attentat à Zaventem. Il a été très affecté, évitant des blessures qu’il n’avait jamais connues auparavant, et leur rencontre après l’attaque a été un moment chargé d’émotion.

Françoise Ledune, directrice de la communication de la STIB, également marquée par cette tragédie, se souvient d’avoir été informée des attentats par un chauffeur de bus. Alors qu’elle se rendait à une réunion de crise, une seconde explosion a frappé la station de Maelbeek. Très rapidement, l’équipe s’est mobilisée pour gérer la communication, accompagnée d’une avalanche d’appels de journalistes du monde entier.

Celle-ci souligne que le fait que cela se soit produit dans le métro bruxellois, leur « maison », a été extrêmement difficile à accepter. Le réseau a ensuite été évacué avec calme et professionnalisme, bien qu’il y ait eu des craintes concernant la sécurité des voyageurs.

Dix ans après les attaques, Françoise Ledune admet que le souvenir de ces événements est toujours présent, surtout en mars, avec les commémorations organisées. Les récits des médias et les souvenirs peuvent raviver la douleur chez certains, alors que d’autres préfèrent s’éloigner de ces événements marquants. La réaction de chacun face à cette tragédie est unique.