Fraude à l’assurance : l’IA ne baisse pas votre facture auto.
L’intelligence artificielle générative permet de retoucher les carrosseries accidentées en effaçant des rayures ou en modifiant l’apparence des véhicules avant la souscription d’un contrat. Selon Leocare, environ 50% des tentatives de fraude analysées reposent désormais sur un «maquillage» physique ou numérique du véhicule au moment de signer le contrat.
Hier encore, des constats étaient falsifiés manuellement ; aujourd’hui, les véhicules accidentés peuvent être retouchés d’un simple clic grâce à l’algorithme. L’intelligence artificielle générative a ouvert une boîte de Pandore, faisant du maquillage numérique un véritable fléau pour les compagnies d’assurance auto, entraînant ainsi une hausse invisible de votre prime.
L’intelligence artificielle serait-elle le nouveau visage de la fraude à l’assurance ? L’adage selon lequel une « image vaut mille mots » prend un autre sens dans le secteur de l’assurance auto, où une image pourrait valoir moins que le coût d’un mensonge numérique bien construit.
Les faux constats d’antan ont disparu. Aujourd’hui, les fraudeurs utilisent une IA générative pour effacer les rayures d’une carrosserie ou dissimuler un pare-brise fissuré avant même la signature de leur contrat.
L’assureur en ligne Leocare constate l’augmentation de ces pratiques. Selon eux, les méthodes des fraudeurs ont évolué, ne se limitant plus à la falsification de documents, mais incluant aussi la modification de l’apparence même du véhicule.
D’après la compagnie d’assurance, environ 50 % des tentatives de fraude analysées reposent sur un « maquillage » physique ou numérique du véhicule au moment de la souscription.
Ainsi, lors de la demande d’assurance, un client envoie des photos parfaitement retouchées, puis, quelques semaines plus tard, un « accident » survient. En réalité, les dommages étaient présents depuis plusieurs mois.
La retouche par intelligence artificielle a donc permis de masquer rayures, fissures et autres impacts numériquement avant la déclaration d’un sinistre potentiel. Leocare a également observé que d’autres photos sont prises intentionnellement dans des conditions de faible éclairage pour dissimuler des défauts existants.
Cependant, certains audacieux poussent la tromperie encore plus loin pour obtenir quelques euros supplémentaires, selon l’assureur. Certains clients recherchent une voiture identique à la leur, ayant le même modèle et la même couleur, mais en parfait état, et y fixent leurs propres plaques d’immatriculation grâce à l’IA, afin de contourner les systèmes de détection, y compris humains, lors de la prise de photos.
Ce « jumeau » en parfait état est ainsi présenté à l’assureur pour obtenir un contrat à tarif normal. Une fois le contrat signé, le véhicule réellement cabossé fait alors irruption pour réclamer son indemnisation.
Cette ingéniosité peut prêter à sourire ou même donner des idées, mais cela a des conséquences financières élevées pour tous. Leocare estime qu’ « un sinistre frauduleux de carrosserie coûte en moyenne 2 500 euros » pour des réparations hors réseau agréé. Pour un bris de glace, il faut chiffrer environ 1 000 euros.
Multipliés par des milliers de dossiers, ces montants créent un trou financier que les compagnies d’assurance ne peuvent pas combler seules. Leocare souligne que le renforcement des dispositifs de détection, des analyses techniques approfondies et des expertises sur le terrain sont nécessaires pour maintenir l’équilibre du système, mais que ces investissements se reflètent directement sur le montant des cotisations payées par les assurés honnêtes.
Sur le plan économique, le constat est sévère : « ce qui nous inquiète, c’est que la lutte contre la fraude représente un coût allant jusqu’à 10 % du prix d’une assurance, supporté par l’ensemble des assurés », explique Christophe Dandois, cofondateur de Leocare.
En somme, chaque fois que vous payez votre assurance, vous financerez une « taxe invisible » pour lutter contre les fraudeurs. Pour le consommateur, l’IA a facilité l’accès à la fraude, tout en rendant l’assurance plus coûteuse pour tout le monde, à une période où la question du pouvoir d’achat est cruciale.

