Belgique

Électricité « gratuite » : économies possibles avec les « happy hours » ?

Chez Engie, les clients équipés d’un compteur numérique peuvent bénéficier des « Happy Hours », qui sont généralement disponibles le week-end à partir de 13 heures pour une durée moyenne d’environ trois heures. Luminus offre de son côté des « Happy Sundays » avec de l’électricité gratuite chaque dimanche entre onze et dix-sept heures, du 21 mars au 20 septembre, mais cette gratuité ne vaut que la première année du contrat.

Des heures d’électricité gratuites, vraiment ?

Chez Engie, les clients disposant d’un compteur numérique peuvent profiter des “Happy Hours”. Le fournisseur prévient via son application d’une période d’électricité gratuite le lendemain. Un projet pilote mené en 2025 auprès de 1 300 ménages a révélé que ces créneaux se situent principalement entre mars et septembre, généralement le week-end à partir de 13 heures, et durent en moyenne environ trois heures.

Luminus a opté pour une approche plus simple avec ses “Happy Sundays”. Dans le cadre du contrat « SmartFlex », l’électricité est gratuite chaque dimanche entre 11 heures et 17 heures, du 21 mars au 20 septembre. Cependant, cette gratuité ne s’applique que la première année du contrat.

Pourquoi ces offres apparaissent ?

Si ces formules se multiplient, ce n’est pas uniquement pour le bien-être et le portefeuille du client final. Cela s’explique par le besoin du système électrique de gérer de plus en plus de surplus d’électricité renouvelable. Les panneaux solaires et les éoliennes peuvent parfois produire plus d’électricité que le réseau n’en consomme, notamment lors des après-midis ensoleillés au printemps et en été. Dans ces situations, les prix sur le marché de gros peuvent même devenir négatifs : les producteurs doivent alors payer pour vendre leur électricité. Encourager les ménages à consommer davantage durant ces périodes permet d’éviter le gaspillage d’énergie et de soulager le réseau.

Une formule plus simple que les tarifs dynamiques

Une électricité pas totalement gratuite

Des économies souvent modestes

Dans la plupart des cas, les économies restent relativement limitées. Selon les calculs de Testachats :

  • un ménage moyen économiserait entre six et huit euros d’électricité entre mars et septembre sans changer ses habitudes
  • en utilisant davantage d’appareils pendant ces heures de gratuité (machine à laver, sèche-linge), l’économie pourrait atteindre 20 à 25 euros.

En d’autres termes, l’association de consommateurs indique que plus on déplace les appareils énergivores et ses habitudes de consommation pendant ces périodes, plus le bénéfice peut être important. Les gains peuvent donc devenir plus significatifs pour certains profils d’utilisateur. Par exemple, les propriétaires de voitures électriques peuvent économiser plus de 100 euros en rechargeant régulièrement leur véhicule durant ces périodes.

Attention à certains effets sur la facture

Certaines formules ne sont pas nécessairement avantageuses pour tous. En effet, les ménages équipés de panneaux solaires consomment souvent déjà leur propre production lorsqu’apparaissent ces heures gratuites. Dans certaines régions, d’autres mécanismes tarifaires peuvent aussi impacter la situation. Par exemple, en Flandre, le tarif capacitaire dépend du pic de consommation du ménage. Faire fonctionner plusieurs appareils énergivores en même temps pour bénéficier de l’électricité gratuite peut donc augmenter ce pic… et ainsi faire grimper la facture.

Une nouvelle façon de consommer l’électricité

Malgré ces limites, ces offres pourraient se multiplier dans les années à venir. Avec le développement des énergies renouvelables, la flexibilité de la consommation devient un élément clé pour maintenir l’équilibre du réseau électrique. Pour les ménages, cette promesse reste modeste : quelques dizaines d’euros d’économie tout au plus. Néanmoins, ces « Happy Hours » et « Happy Sundays » pourraient surtout annoncer un changement plus profond : celui d’un marché où les consommateurs deviennent progressivement des acteurs de la gestion de l’électricité.

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