La Tunisie finalise son 7e rapport national sur biodiversité.
La Tunisie a élaboré son 7e Rapport national sur la biodiversité, qui estime à 185,9 millions de dinars le coût des actions prioritaires pour préserver son patrimoine naturel d’ici 2030. Entre 2020 et 2023, 31.515 hectares de terres dégradées ont été restaurés et le réseau d’aires protégées couvre désormais 7,86 % du territoire terrestre et 1,11 % des eaux nationales.
La Tunisie a finalisé son 7e Rapport national sur la biodiversité (7RN), une stratégie qui évalue à 185,9 millions de dinars le coût des actions prioritaires nécessaires pour préserver son patrimoine naturel d’ici 2030. Ce document, préparé dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique (CDB), présente un bilan nuancé : s’il existe des avancées notables en matière de restauration des terres et de protection juridique, le pays fait face à une fragmentation institutionnelle et à un défi majeur de financement.
Élaboré à travers un processus consultatif inclusif, impliquant ministères, société civile, chercheurs et partenaires techniques, ce rapport souligne des progrès concrets sur le terrain. Entre 2020 et 2023, 31.515 hectares de terres dégradées ont été restaurés. Le réseau d’aires protégées s’étend désormais sur 7,86 % du territoire terrestre et 1,11 % des eaux nationales, avec des plans d’aménagement prévus pour renforcer leur connectivité.
Sur le plan juridique et scientifique, la Tunisie a élargi son cadre avec la ratification du Protocole de Nagoya en 2021 et de la Convention CITES en 2024, notamment avec la création d’une Banque nationale de gènes. Cette dernière a été renforcée pour la conservation des ressources phytogénétiques, tandis que les programmes de réintroduction d’espèces menacées, comme les gazelles et les mouflons, continuent.
Le rapport met également en avant la dimension sociale et inclusive, avec un taux de participation féminine de 42 % lors des concertations et l’intégration de la budgétisation sensible au genre depuis 2022. Il se félicite par ailleurs de l’adoption, en 2025, de la Stratégie nationale d’engagement des jeunes dans l’action climatique.
Cependant, malgré ces avancées, le rapport signale des défis structurels persistants. Il souligne une fragmentation institutionnelle, une insuffisance des ressources financières et un manque de données harmonisées pour un suivi-evaluation efficace. Il reste aussi nécessaire d’accélérer l’intégration des valeurs de la biodiversité dans les secteurs économiques clés tels que l’agriculture, le tourisme et l’énergie.
Pour y faire face, le coût des actions prioritaires est évalué à 185,9 millions de dinars d’ici 2030. La mobilisation de financements innovants, tels que les obligations vertes ou les paiements pour services environnementaux (PSE), est considérée comme un levier essentiel pour surmonter ce déficit.
Diffusé sur les canaux officiels du PNUD–Tunisie, ce 7e rapport servira de feuille de route pour aligner la Stratégie et le Plan d’action nationaux pour la biodiversité (SPANB 2025-2030). À l’approche de la 16e Conférence des Parties à la CDB, le Ministère de l’Environnement, point focal national, réaffirme son engagement à faire de la biodiversité un pilier du développement durable et de la résilience climatique, grâce à un système d’information renforcé et une coordination intersectorielle améliorée.

