QRÂ : Quelle évolution pour les femmes dans les postes dirigeants ?
Au sein des sociétés du Bel20, le nombre de femmes dans les conseils d’administration est passé de 40% à 37% en 2024. En 2026, seule une femme, Françoise Chombar, préside le conseil d’administration de son entreprise, Melexis.
La place des femmes dans les entreprises évolue, mais reste très limitée aux postes de direction. Dans les sociétés du Bel20, qui sont les mieux cotées en bourse, la proportion de femmes au sein des conseils d’administration est passée de 40 % à 37 % en 2024. En ce qui concerne les comités de direction, véritables décideurs du quotidien, leur nombre a augmenté de 17 % à 26 %. Toutefois, Isabella Lenarduzzi, fondatrice de l’association Jump, qui milite pour l’inclusivité dans les entreprises, souligne que « cela reste faible sachant que les femmes sont plus diplômées que les hommes dans notre pays ».
En 2026, seule une femme, Françoise Chombar, préside le conseil d’administration de l’entreprise Melexis, tandis qu’Anna Bertona est la directrice générale d’Azelis.
Comment expliquer que les femmes n’accèdent pas davantage à ces postes ? Ces chiffres illustrent la situation des femmes dans notre société, et plus particulièrement dans les familles. Selon Isabella Lenarduzzi, « la répartition des tâches dans les couples est inégale, surtout quand il y a des enfants. Il y a ce qu’on appelle la pénalité de la maternité contre le bonus de la paternité. Plus les femmes ont des enfants, moins elles travaillent, et plus les hommes ont des enfants, plus ils ont des responsabilités ».
Un autre élément souligné est le soupçon d’incompétence qui pèse sur elles. Elle ajoute : « Il faut qu’elles prouvent sans cesse qu’elles sont les bonnes personnes à la bonne place. Les entreprises se disent méritocratiques mais elles ne le sont pas. Elles ne se sont pas encore adaptées et, en agissant ainsi, elles perdent énormément de potentiels. »
Une loi de 2011 impose qu’au moins un tiers des membres des conseils d’administration soit des femmes, mais « il n’y a pas de sanctions, pas de contrôles, donc cela dépend un peu du bon vouloir des entreprises ». Cette loi ne s’applique pas aux comités de direction. En conséquence, aucune entreprise cotée en bourse n’a jamais atteint la parité dans ces instances dirigeantes.
Certaines entreprises s’alignent sur les pratiques des États-Unis. De nombreuses sociétés, ayant un marché important aux États-Unis, cherchent à ne pas déplaire à leurs partenaires, explique l’Association Jump. Elle signale que « le changement de climat politique et les nouvelles orientations gouvernementales interdisant les initiatives de diversité, d’équité et d’inclusion aux États-Unis ont contribué à un léger recul de la présence des femmes. Il y a plein d’entreprises chez nous qui ont tout annulé ou qui agissent dans la discrétion. Et il faut le dire aussi, beaucoup d’autres profitent du « trumpisme » pour reculer sur la question, alors qu’elles n’ont aucun marché aux États-Unis ».

