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Municipales 2026 à Paris : Grégoire, Dati et Chikirou dans un débat explosif.

Durant près de trois heures, le débat sur BFMTV et Le Figaro TV, en vue du second tour des municipales 2026 à Paris, a été particulièrement électrique. Sarah Knafo, candidate d’extrême droite qualifiée pour le second tour, a retiré sa liste pour faire « battre la gauche ».


Durant près de trois heures, le débat sur BFMTV et Le Figaro TV, en prélude au second tour des élections municipales de 2026 à Paris, a été particulièrement animé. Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et Sophia Chikirou ont affiché leurs différences sur divers sujets locaux, mais aussi sur d’autres enjeux.

Comme prévu, cette rencontre a révélé les tensions entre le Parti socialiste et La France insoumise, ainsi que des critiques concernant les rapprochements de certains à droite avec l’extrême droite.

### Grégoire dénonce la « rupture morale » de la droite

Premier à l’issue du premier tour, Emmanuel Grégoire a clairement établi ses limites avec les deux autres candidats. Le représentant de la gauche unie hors LFI a affirmé n’avoir « qu’une seule adversaire, Rachida Dati », candidate de la droite et du centre, qualifiant Sophia Chikirou de « concurrente ».

« Imaginez-vous un seul instant […] Jacques Chirac, élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ? », a-t-il lancé, évoquant une « rupture morale historique » par rapport à « la droite républicaine qui gardait la digue totalement hermétique vis-à-vis de l’extrême droite ». Il a ajouté : « Vous ne pourrez pas être élue dimanche maire de Paris sans le soutien explicite de l’extrême droite parisienne et nationale, au vu des très nombreux responsables qui vous ont apporté leur soutien, (Jordan) Bardella, (Bruno) Gollnisch, toutes les générations… On dirait le comité de soutien de Marine Le Pen. C’est une faute morale ».

Sarah Knafo, candidate d’extrême droite qualifiée pour le second tour, a retiré sa liste afin de « battre la gauche », tandis que celle de Pierre-Yves Bournazel (Horizons/Renaissance) a fusionné avec celle de Rachida Dati. Cette dernière a de nouveau appelé les électeurs à « se mobiliser pour l’alternance à Paris dimanche », en déclarant : « Après un quart de siècle de la gauche à Paris, Paris a besoin d’un nouvel élan. Alors le choix, il est simple. Soit on continue avec une gauche qui a échoué sur tout, soit on change ».

### Chikirou met dos à dos Grégoire et Dati

Arrivée troisième au premier tour, Sophia Chikirou s’est présentée comme « la seule véritable opposante » à la candidate de droite et du centre. Si Emmanuel Grégoire a admis des « points communs » avec la députée Insoumise qui a maintenu sa liste après le « refus » du candidat de fusionner, il a déclaré que « la dureté » de la campagne de Sophia Chikirou à son encontre « rendait impossible toute alliance ».

La candidate LFI a pour sa part voulu renvoyer dos à dos les deux favoris. « Mme Dati, j’espère qu’on la sortira […] La droite, c’est terminé. Ils ont fait trop de mal aux gens », a-t-elle affirmé, tout en reprochant à Emmanuel Grégoire de vouloir « continuer la même politique » avec « le même budget ».

### Des promesses concernant le périscolaire

Le débat a largement abordé la question des violences sexuelles dans le périscolaire. « On va tout remettre à plat », a promis Emmanuel Grégoire, face aux critiques des deux autres candidates. Sophia Chikirou, de son côté, a déclaré qu’elle débloquerait 19 millions d’euros supplémentaires par an pour le périscolaire.

Concernant le logement, l’écologie et la sécurité, les candidats ont présenté leurs propositions dans un échange dynamique. Rachida Dati a promis de réduire la taxe foncière à Paris, sans fournir de détails chiffrés. Sur les campements de réfugiés dans le nord de Paris, la candidate Insoumise a appelé à « un choc de solidarité » pour les sans-abri, dans une situation « dramatique ».

Interrogée sur son procès en septembre pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire Renault-Nissan, Rachida Dati a dénoncé les « attaques outrancières » d’Emmanuel Grégoire. « En matière d’affaires, moi je ne suis pas à la hauteur, on vient me chercher des poux pour une affaire de cafetière et de micro-ondes », a ironisé Sophia Chikirou, qui sera jugée en mai pour escroquerie.

Surtout, les deux candidates ont fréquemment rappelé Emmanuel Grégoire à l’héritage de la maire sortante, Anne Hidalgo. « On ne vous entend pas assumer votre bilan », a lancé l’Insoumise. Emmanuel Grégoire, de son côté, s’est dit « très reconnaissant » à l’égard d’Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë, maire de 2001 à 2014, en affirmant : « Je suis héritier de la gauche, j’en suis très fier ».