Les coûts des soins orthodontiques ne cessent d’augmenter, alerte Solidaris.
Selon l’étude de la mutualité socialiste Solidaris, le coût théorique total d’un traitement médian complet en orthodontie s’élève à 1.210 euros en 2024, et après remboursement par l’assurance obligatoire (l’Inami), le coût pour le patient ordinaire s’élève à 244 euros. Une analyse de plus de 46.000 factures payées entre 2021-2024 indique que 70% de ces factures comportent des suppléments, avec une facture médiane de 2.434,75 euros pour un patient bénéficiant de l’intervention majorée et de 2.678,75 euros pour un patient bénéficiaire ordinaire.
Le coût d’un traitement en orthodontie est-il considéré comme trop élevé ? Selon la mutualité socialiste Solidaris, qui a publié une étude à ce sujet, la réponse est clairement « oui ». Elle évoque un « coût restant à charge du patient significativement élevé », un coût qui « varie sensiblement en fonction des suppléments d’honoraires pratiqués par les prestataires, dans un contexte où la majorité de ceux-ci exercent hors du cadre de la convention (plus de 90%) ».
Cependant, il faut prouver que les tarifs appliqués par les orthodontistes sont excessifs. Les auteurs de l’étude ont donc calculé le coût théorique d’un traitement complet pour établir une base de comparaison. Ils se sont appuyés sur l’honoraire légal, soit les tarifs établis par convention. Le résultat montre que « le coût théorique total selon l’honoraire légal s’élève à 1.210 euros en 2024 pour un traitement médian complet ». Après remboursement par l’assurance obligatoire (l’Inami), le coût théorique pour un patient lambda s’élève à 244 euros. Pour les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM), le coût à charge du patient est de 0.
La deuxième étape consistait à analyser plus de 46.000 factures réglées entre 2021 et 2024 par des affiliés de Solidaris ayant souscrit une assurance complémentaire et/ou facultative. Le bilan est clair : 70% de ces factures incluent des suppléments. La facture médiane est significative : « 2.434,75 euros pour un patient bénéficiant de l’intervention majorée et 2.678,75 euros pour un patient ordinaire », selon Solidaris.
La conclusion est sans appel : les frais supplémentaires font grimper drastiquement le coût du traitement à la charge du patient. Souscrire une assurance complémentaire et/ou facultative – proposition souvent faite par les mutuelles – peut aider à réduire la facture, mais le coût demeure élevé. « Pour un patient BIM », calcule Solidaris, « l’intervention fait passer la facture médiane de 2.044,75 euros à 1.094,75 euros, tandis que pour les autres patients, elle permet de réduire la facture médiane de 2.288,75 euros à 1.338,75 euros ».
Les orthodontistes sont-ils trop gourmands ? Globalement, la réponse est non, selon les experts de Solidaris. Après avoir consulté de nombreux professionnels du terrain, leur verdict est que, pour les orthodontistes, « soigner les patients au coût de l’honoraire légal est intenable pour couvrir ses frais, notamment parce que les tarifs fixés par la convention ne correspondent plus du tout aux pratiques actuelles. La nomenclature sur laquelle reposent les tarifs pour les diverses prestations de soins orthodontiques est devenue largement obsolète, par rapport aux techniques de soins en usage aujourd’hui ». Autrement dit, le problème réside moins dans la rémunération des orthodontistes que dans les remboursements assurés par l’Inami.
Mohssin El Hajjaji, dentiste spécialiste en orthodontie dans la région de Verviers et président de l’Union belge des orthodontistes spécialistes, confirme l’obsolescence du système actuel de remboursement. « Aujourd’hui », affirme-t-il, « nous utilisons des matériaux coûteux et précis, mais les remboursements en orthodontie n’ont pas évolué avec notre métier. Par exemple, les forfaits d’appareillage, établis il y a plus de 40 ans, n’ont jamais été correctement revalorisés, alors que la technologie et les techniques d’aujourd’hui sont nettement plus coûteuses. C’est pourquoi la majorité des orthodontistes en Belgique ont décidé de travailler hors convention afin de proposer aux patients des traitements et des techniques modernes, en particulier numériques, plutôt que de recourir à des appareils largement usités dans le passé et désormais obsolètes. »
Il ajoute que « ces dernières années, les coûts de nos cabinets ont explosé, que ce soit pour le personnel, l’énergie ou l’investissement dans du matériel toujours plus cher, notamment les appareils nécessaires à la prise d’empreintes numériques, alors qu’auparavant, nous utilisions des pâtes en alginate beaucoup moins coûteuses ».
Quelles sont les perspectives pour le prix des soins orthodontiques ? La situation devrait évoluer (s’améliorer ?) assez rapidement, puisque, comme le note Solidaris, « des discussions sont en cours pour parvenir à une réforme de la nomenclature d’orthodontie ». Cette nouvelle nomenclature, modernisée, devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2027.
La mutualité plaide également pour que cette réforme permette « d’évaluer et d’objectiver les coûts réels des prestations en orthodontie, afin de répondre au manque de financement structurel dont souffre le secteur, tout en garantissant un réel accès aux soins pour l’ensemble de la population », ce qui n’est pas le cas actuellement.

