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Ali Larijani : le stratège iranien éliminé selon Israël

Ali Larijani, 67 ans, a multiplié les déclarations martiales envers les États-Unis et Israël après la mort de son prédécesseur dans une frappe israélienne le 28 mars. En mars 2025, il met en garde contre le risque de pousser Téhéran vers le nucléaire militaire avant des pourparlers irano-américains stoppés par la guerre.


À la tête du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, 67 ans, avait retrouvé une place centrale dans la politique nucléaire et la diplomatie de l’Iran, après avoir passé quelques années en retrait.

Connu pour sa capacité à allier loyauté idéologique et pragmatisme, il était réputé jouir de la confiance du guide suprême Ali Khamenei, fruit d’une longue carrière au sein de l’armée, des médias et du Parlement.

Suite au décès de ce dernier dans une frappe israélienne le 28 mars, qui a marqué le début de la guerre au Moyen-Orient, il a multiplié les déclarations martial envers les États-Unis et Israël.

Il avait par exemple prévenu que son pays se battrait « quel que soit le prix » pour sa défense et accusé Donald Trump d’avoir entraîné « le peuple américain dans une guerre injuste« .

### Homme du sérail

Il jouait « un rôle plus important que la plupart de ses prédécesseurs« , a déclaré en février Ali Vaez, du centre de résolution des conflits International Crisis Group (ICG), décrivant un « véritable homme du sérail, fin tacticien, familier du fonctionnement du système et des inclinations du guide suprême« .

Né en 1957 à Najaf, en Irak, Ali Larijani est le fils d’un éminent dignitaire chiite proche de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, fondateur de la République islamique.

Ancien combattant des Gardiens de la Révolution – l’armée idéologique de la République islamique – durant la guerre avec l’Irak (1980-1988), il détient un doctorat en philosophie occidentale de l’université de Téhéran et dirige, à partir de 1994 et pendant une décennie, l’audiovisuel d’État (Irib).

Il s’y fait remarquer par son engagement contre les réformateurs, diffusant de nombreux programmes attaquant les intellectuels et les proches du président Mohammad Khatami.

En 1996, il est nommé représentant d’Ali Khamenei au sein du Conseil suprême de sécurité nationale, puis secrétaire.

Entre 2005 et 2007, il est le principal négociateur sur le nucléaire face à Londres, Paris, Berlin et Moscou, perçu dans ce rôle comme un pragmatique par ses interlocuteurs occidentaux.

Candidat à la présidentielle en 2005, il est évincé par son rival populiste Mahmoud Ahmadinejad. Il préside ensuite le Parlement de 2008 à 2020, avant que sa candidature aux présidentielles de 2021 et 2024 ne soit écartée par le Conseil des gardiens de la Constitution.

### Rencontre avec Poutine

En 2015, Larijani soutient l’accord nucléaire historique conclu avec les grandes puissances, qui disparaît trois ans plus tard avec le retrait des États-Unis sous Donald Trump.

En mars 2025, avant des pourparlers irano-américains interrompus par la guerre provoquée par une attaque israélienne, il met en garde contre le risque de pousser Téhéran vers le nucléaire militaire.

Quelques semaines après la guerre Iran-Israël de juin 2025, il est nommé à la tête du principal organe de sécurité, qu’il avait déjà présidé 20 ans plus tôt, coordonnant les stratégies de défense et supervisant la politique nucléaire.

Ce retour est interprété comme un tournant pragmatique dans la gestion sécuritaire du pays. Depuis, l’homme à la barbe grisonnante, sous le coup de sanctions américaines, était de plus en plus présent sur la scène diplomatique.

Il avait été sélectionné fin janvier pour rencontrer le président russe Vladimir Poutine à Moscou, avant de discuter ce mois-ci avec des responsables du Golfe désireux de réduire les tensions avec Washington.

Il n’a cessé de répéter que les négociations avec les Occidentaux devaient se limiter au nucléaire, faisant valoir comme un droit souverain de l’Iran l’enrichissement d’uranium.