France

Municipales 2026 à Marseille : retrait de Delogu, militants LFI « responsables » mais « effondrés »

Hanaa, militante LFI, a assisté à la déclaration de Sébastien Delogu (12 %) annonçant le retrait de sa liste à la mairie centrale. Le maire sortant Benoît Payan, crédité de 36,7 %, a refusé la main tendue par Delogu après le premier tour des élections municipales à Marseille.


Une larme coule sur la joue couleur bronze d’Hanaa. La militante de La France insoumise (LFI) vient d’assister à l’annonce de Sébastien Delogu, qui, avec 12 %, a décidé de retirer sa liste pour la mairie centrale et appelle à faire « barrage au RN ». Ce dernier, Franck Allisio, est crédité de 35 % des voix au premier tour des élections municipales à Marseille, se rapprochant du maire sortant Benoît Payan qui obtient 36,7 %.

« Je suis effondrée, dit-elle à 20 Minutes, émue. Je n’imagine même pas l’abstention qu’il va y avoir au second tour dans les quartiers populaires. Parce que si même Delogu, le minot, baisse les bras, combien vont faire comme lui ? », s’interroge la jeune militante, une pancarte « Marseille au peuple » toujours en main. « C’est une action égoïste et égocentrée de Payan. On ne s’attendait pas à ce qu’il ait une position aussi figée », ajoute-t-elle.

La pression des manifestants n’a pas suffi. Le maire sortant Benoît Payan a tout de suite rejeté la proposition de Sébastien Delogu le soir du premier tour et a déposé sa liste dès lundi matin, mettant fin à tout éventuel dialogue et plaçant le candidat LFI dans une position difficile. Ce mardi, une manifestation rassemblant environ mille personnes réclamant la fusion des listes devant le QG du Printemps Marseillais n’a pas réussi à faire changer d’avis l’ex-socialiste.

« On espérait la fusion. Je suis complètement déçue pour Marseille, mais on s’y attendait. La décision prise est responsable », souligne Laetitia, qui envisage de « voter blanc au second tour ». « Face à l’irresponsabilité d’un homme, nous serons responsables pour un million », a résumé Sébastien Delogu lors de son annonce. À noter que LFI maintient des candidatures dans 4 des 7 secteurs de la ville où le parti était en lice et où il n’y a pas de risque de RN.

Pour son colistier Sébastien Barles (ancien EELV), ex-adjoint de Payan, cette décision de l’ex-socialiste illustre « le rapport très vertical et égotique de Payan au pouvoir. Il veut racheter dans cette campagne sa blessure narcissique originelle qu’est le switch avec Michèle Rubirola. Ce que je découvre, c’est l’opportunisme politique de Payan : il veut aussi exister au niveau national et pouvoir dire « regardez, j’ai été élu sans les insoumis » », estime Sébastien Barles.

Avant de s’exprimer dans l’après-midi, Benoît Payan, désormais le seul candidat à gauche, a salué dans un communiqué ce retrait, qualifiant cela de « seul acte qui s’imposait dans la situation ». Il n’est pas certain que les électeurs de LFI partagent cet avis.