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Guerre au Moyen-Orient : hausse continue du prix du pétrole

Les cours du pétrole ont augmenté de 5 % mardi, avec le baril de West Texas Intermediate (WTI) atteignant 98,31 dollars et le baril de Brent à 104,80 dollars. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé être prête à débloquer davantage ses réserves stratégiques d’or noir « si nécessaire », après avoir prévu de libérer 400 millions de barils.


Les prix du pétrole continuent de grimper, enregistrant une hausse de 5 % mardi après une chute la veille. Cette montée est alimentée par des inquiétudes concernant l’offre de brut en provenance du Moyen-Orient, où des installations énergétiques font l’objet d’attaques. Parallèlement, les Bourses asiatiques restent marquées par la prudence.

Vers 7h30, lors des échanges en Asie, le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence pétrolière américaine, progressait de 5,14 % pour atteindre 98,31 dollars, après une baisse de 5,28 % la veille. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, s’envolait de 4,58 % à 104,80 dollars, après avoir chuté de 2,84 % lundi.

En fin d’échanges asiatiques, le marché a connu une nouvelle hausse en raison d’attaques iraniennes. La zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, située sur la côte est des Émirats arabes unis, a été la cible d’une nouvelle attaque de drones mardi, entraînant un incendie, selon les autorités locales. Ce site avait déjà subi une attaque similaire la veille, poussant la compagnie pétrolière nationale Adnoc à suspendre ses chargements de brut, a indiqué une source proche à l’AFP.

Ces frappes menacent d’aggraver les perspectives de l’approvisionnement énergétique mondial, la guerre entrant dans sa troisième semaine, et alors que le détroit d’Ormuz, passage stratégique, reste quasiment paralysé. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a annoncé qu’elle était prête à libérer davantage de ses réserves stratégiques de pétrole « si nécessaire », suite à la décision de mercredi de débloquer 400 millions de barils, tandis que le Japon a déjà ouvert ses stocks stratégiques. La situation demeure toutefois incertaine.

Lundi, Donald Trump a renouvelé son appel aux pays dépendant du pétrole du Golfe pour sécuriser Ormuz, reprochant à certains de ne « pas vouloir s’impliquer ». Il a également averti qu’il pourrait étendre les frappes sur l’île iranienne de Kharg pour cibler les infrastructures pétrolières stratégiques de Téhéran, qui avaient été épargnées le week-end précédent.

Concernant les marchés financiers, Rebecca Babin de CIBC Private Wealth Group LLC a déclaré que « ce n’est pas un marché concentré sur une seule nouvelle. C’est un marché où se jouent simultanément une centaine de nouvelles, qui tente frénétiquement de déterminer quel volume d’approvisionnement est absent du marché, et pour combien de temps ». Des experts de Tokai Tokyo Intelligence ont observé que « un facteur expliquant la résilience du marché boursier américain pourrait être la crainte de rater une opportunité de retournement de situation […] en cas de revirement soudain de politique de l’administration Trump » à l’approche des élections de mi-mandat.

Cependant, ils notent que face aux nombreux événements à venir et aux inquiétudes persistantes concernant le conflit en Iran, de nombreux investisseurs sont susceptibles d’adopter une attitude attentiste, notamment en raison des décisions très attendues des banques centrales au Japon, aux États-Unis et dans l’UE.

Les investisseurs intègrent de plus en plus dans leurs prévisions les conséquences de la hausse des prix de l’énergie et du ralentissement économique, a ajouté Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. Elle a souligné que « les flux énergétiques demeurent fortement contraints, et tant que cette situation perdurera, le risque d’un choc énergétique mondial prolongé restera élevé », alimentant ainsi « l’aversion des investisseurs pour le risque ».