La guerre est passée, la spéculation ne s’arrête jamais.
Dans la nuit du 15 au 16 mars 2026, les prix à la pompe au Maroc ont augmenté de 2 dirhams par litre pour le gasoil, atteignant 12,80 DH, et de 1,44 dirham pour l’essence, à 13,90 DH. L’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient a provoqué une hausse significative des prix du pétrole brut, dépassant les 100 dollars le baril, affectant directement le marché marocain.
Les consommateurs marocains sont en colère. La raison : la hausse des prix des carburants, tandis que le gouvernement semble absent.
En effet, après des semaines de spéculations, la situation s’est aggravée. Entre la nuit du 15 et du 16 mars 2026, les tarifs à la pompe ont considérablement augmenté, avec une hausse de 2 dirhams par litre pour le gasoil (affiché à 12,80 DH dans certaines stations-services lundi matin) et de 1,44 dirham pour l’essence (13,90 DH).
Dimanche soir, de longues files de voitures se sont formées devant les stations-service dans les villes marocaines, illustrant l’alerte et la panique qui s’installent chez les citoyens et les professionnels.
Cette demande accrue fait suite à l’annonce d’une flambée record des prix des carburants, qui propulse ceux du diesel et de l’essence à des niveaux inédits, provoquant une colère généralisée au sein de la population, qui craint un effet domino.
Cette hausse va mécaniquement alourdir les coûts de transport et de production, laissant présager une augmentation des prix des denrées alimentaires et des produits essentiels dans les semaines à venir, ajoutant une pression supplémentaire sur le budget des ménages.
Les professionnels du transport sont en première ligne face à ces augmentations. Après une brève stabilisation du prix du diesel sous la barre des 10 dirhams le litre à la fin de l’année dernière, celui-ci a de nouveau grimpé.
Plusieurs chauffeurs de taxi ont affirmé que ces hausses constituent « un fardeau insupportable », surtout que leurs tarifs demeurent souvent fixes, les contraignant à absorber la différence sur leurs revenus quotidiens ou à travailler davantage pour compenser les pertes.
« Cette décision arrive au mauvais moment, car elle coïncide avec l’Aïd el-Fitr. Mais ce que je ne comprends pas, c’est que les prix augmentent, par exemple, de deux dirhams lorsque le pétrole hausse sur les marchés mondiaux, mais quand les cours chutent, les prix baissent de seulement quelques centimes », a exprimé un chauffeur de taxi.
Cette colère ne se limite pas aux professionnels. Elle touche également les citoyens, qui expriment leur ras-le-bol parfois avec ironie. Les observateurs prévoient que cette hausse impactera inévitablement les prix de tous les biens et services, annonçant une nouvelle vague d’inflation, qui érodera davantage le pouvoir d’achat des ménages marocains déjà confrontés à un coût de la vie élevé.
Des professionnels et des analystes attribuent cette forte augmentation au contexte international complexe. L’escalade des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment les inquiétudes concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz, une voie essentielle de transit pétrolier, a provoqué une augmentation significative des prix du pétrole brut, dépassant les 100 dollars le baril.
Ces évolutions mondiales ont un impact direct et immédiat sur le marché marocain, en raison de la quasi-totalité de la dépendance du Royaume aux importations de produits pétroliers raffinés, surtout depuis l’arrêt des activités de la raffinerie la Samir en 2016.
Face à la grogne des Marocains contre la hausse des tarifs des carburants et le coût de la vie en général, le gouvernement semble faire la sourde oreille.
Dans ce climat d’incertitude et d’anxiété croissante, le gouvernement abandonne les Marocains aux fluctuations du marché international et à la spéculation, sur lesquels il n’a aucune emprise, alors que la population attend des mesures gouvernementales décisives pour atténuer l’impact de cette crise persistante.
**Mourad Tabet**

