Résultats municipales à Paris : Grégoire appelle à voter utile.
Emmanuel Grégoire (PS-Ecologistes-PC) a obtenu 36,5 % des voix au premier tour des municipales à Paris, devançant Rachida Dati (LR-Modem-UDI) qui a recueilli 24,8 %. Sophia Chikirou (LFI) a été estimée à 13,7 % des voix et est qualifiée pour le second tour.
« C’est reparti pour un tour… » Ce constat d’un journaliste à l’annonce des résultats résume à la fois la situation du camp d’Emmanuel Grégoire (PS-Ecologistes-PC) sur un ton léger mais aussi sérieux. L’ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo a terminé en tête du premier tour des municipales à Paris, récoltant 36,5 % des suffrages, devant Rachida Dati (LR-Modem-UDI) qui a obtenu 24,8 %.
Réunis à la Rotonde de Stalingrad (19e arrondissement) pour l’annonce des résultats, les cadres de la campagne, parmi ceux-ci Lucie Castets, David Belliard, Audrey Pulvar et Danielle Simonnet, ont exulté devant le score de leur candidat. Ce dernier s’est ensuite exprimé devant un groupe de journalistes, les seuls autorisés sur place. Dans un certain sens, ils se retrouvent pourtant dans une situation similaire à celle d’il y a quelques heures.
« Rien n’est fait ! Dimanche prochain, la droite et l’extrême droite peuvent l’emporter à Paris », déclare Emmanuel Grégoire au pupitre, alors qu’une incertitude plane sur la participation ou non de la candidate zemmouriste, Sarah Knafo, au second tour. Au final, peu importe : le député socialiste de Paris considère que Rachida Dati et Sarah Knafo représentent une seule voix, qu’il qualifie de « droite extrémisée ».
« Seule la liste que je conduis peut l’emporter », répète-t-il dans un refrain familier. Sans jamais le nommer, l’ancien premier adjoint appelle les électeurs de gauche à voter utile. Un appel plus explicite vient de Saïd Benmouffok, candidat sur la liste de la Gauche unie, qui aborde le sujet de Sophia Chikirou (LFI), estimée à 13,7 % des voix et donc qualifiée pour le second tour : « Les choses sont claires maintenant pour les Parisiens, s’ils ne veulent pas que la ville bascule du côté Dati-Knafo, ils doivent choisir Emmanuel Grégoire. Oui, nous appelons au vote utile. »
Quelques dizaines de minutes plus tard, Sophia Chikirou prend le micro dans son QG du 10e arrondissement et annonce, avec un ton triomphant, qu’« une nouvelle génération d’élus va entrer dans le conseil de la municipalité », tout en appelant à lutter « contre la droite dont l’agenda politique épouse celui de l’extrême droite ».
Elle répète également le message d’Emmanuel Grégoire en lui tendant à nouveau la main : « Je vais attendre son appel. S’il ne souhaite pas d’une telle convergence, je le dis aussi clairement, je déposerai la liste du NFP (sic) demain soir. » Un lapsus qui est exploité par Émile Meunier, deuxième sur la liste de Sophia Chikirou, joint par *20 Minutes* : « S’il craint qu’il y ait un risque trop important que la droite passe, qu’il vienne discuter avec nous, nous sommes ouverts. À un moment, démocratiquement, c’est aussi de sa responsabilité d’ouvrir une discussion ; il prend un sacré risque s’il se présente seul. » « Il ne doit pas oublier qu’il a été élu député de Paris avec les voix des insoumis », ajoute-t-il, en faisant référence à la candidature Nouveau front populaire d’Emmanuel Grégoire en 2024.
Si les militants à la Rotonde jubilent face aux résultats, d’autres, contactés par *20 Minutes*, se réjouissent avec retenue : « C’est un jour sans fin cette élection. Grégoire est en tête depuis un moment. On sait que le seul moyen de gagner, c’est avec Chikirou. Mais lui refuse catégoriquement, et elle propose une alliance sans doute inacceptable. Ça tourne en rond, c’est la même chose depuis des semaines », témoigne Evelyne*, militante écologiste ayant rejoint la campagne du socialiste après le ralliement de David Belliard.
Son ami Théo, sympathisant, exprime également ses inquiétudes : « Il va falloir séduire à fond les électeurs insoumis et ceux de Bournazel. Ou discuter d’alliances, dont tout le monde dit qu’il n’en veut pas. Ils ont intérêt à trouver une solution parce que je ne respire plus. J’ai peur que ça finisse mal. »
Pour lui, il reste à envisager la stratégie du troisième tour (des accords à trouver au Conseil de Paris pour l’élection du maire) : « Mais c’est hyper risqué. » Cette idée n’a pas encore été évoquée, selon les militants de la Gauche unie et des insoumis contactés. « Pas encore… » confie un cadre de ces derniers.

