Test du Xgimi Titan : vidéoprojecteur 4K laser pour un grand spectacle
Le Xgimi Titan, dévoilé lors de l’IFA 2026, est un vidéoprojecteur 4K laser visant les amateurs de home cinéma. Avec un prix de lancement d’environ 3 999 euros, il se positionne dans le haut de gamme des vidéoprojecteurs grand public.
Le Xgimi Titan, présenté lors de l’IFA 2026, marque un tournant pour la marque chinoise, qui s’était jusqu’alors surtout fait connaître avec ses modèles compacts « lifestyle » tels que les gammes Halo, MoGo ou Horizon 20. Avec ce nouveau vidéoprojecteur 4K laser, Xgimi se tourne désormais vers les passionnés de home cinéma, ceux qui souhaitent projeter une image gigantesque sur une toile fixe, dans une salle dédiée ou un salon soigneusement aménagé.
Il ne s’agit plus d’un petit projecteur portable, mais d’un châssis imposant, rigide, conçu pour rester en place. L’ambition est explicite : rivaliser avec les grandes marques du secteur comme Sony, JVC, Epson ou Optoma dans le domaine du cinéma à domicile, tout en utilisant une architecture DLP moderne.
Pour aller plus loin
Quels sont les meilleurs vidéoprojecteurs en 2026 ? Notre sélection
La fiche technique du Xgimi Titan est particulièrement attrayante avec une puce DLP Texas Instruments de 0,78 pouce, bien plus grande que les habituelles matrices de 0,47 pouce, associée à la technologie XPR pour offrir une image en définition simulée 4K UHD pouvant largement dépasser les 2,5 m de base. L’appareil utilise un système double laser avec roue au phosphore, annoncé à 5000 lumens ISO, compatible HDR10, HDR10+, Dolby Vision, IMAX Enhanced et incluant un mode Filmmaker.
Pour une utilisation purement home cinéma, le Titan est clairement conçu pour une installation fixe : zoom optique, lens shift motorisé vertical et horizontal, connectique complète pour une intégration domotique. Cependant, Xgimi a omis les fonctions Smart TV.
Parmi ses concurrents, se trouvent des modèles laser d’Epson en 4K « pro-UHD », ainsi que des références SXRD de Sony Bravia et D-ILA de JVC DLA-NZ500. Reste à savoir si, dans un usage pratique, il parviendra à justifier ses ambitions et son prix de lancement d’environ 3 999 euros, le plaçant dans le haut de gamme des vidéoprojecteurs grand public.
Xgimi Titan Fiche technique
| Modèle | Xgimi Titan |
|---|---|
| Type de focale | Longue |
| Définition de l’image | Ultra HD (simulée) |
| Technologie | DLP |
| Luminosité (ISO) | 5000 Lumens |
| Compatibilité HDR | HLG, Dolby Vision, HDR10+ |
| Nombre de ports HDMI | 2 |
| ALLM | Oui |
Conditions du test
Le vidéoprojecteur Xgimi Titan testé nous a été prêté par la marque. Il a été testé en association avec un écran Lumene Movie Palace UHD Platinum 300C. Les mesures ont été réalisées avec du matériel professionnel adapté et en face de l’écran afin de limiter les erreurs et de proposer des valeurs en accord avec ce que le spectateur peut réellement voir. Ce protocole est identique pour tous les tests de vidéoprojecteurs à ultra-courte focale afin de pouvoir les comparer.
Xgimi Titan Design, un vrai « titan »
Le Xgimi Titan présente un design très différent des petits cubes lumineux auxquels la marque nous avait habitués. Il se démarque aussi des autres vidéoprojecteurs disponibles sur le marché actuellement.

On apprécie le châssis rectangulaire massif et original, soutenu par quatre pieds métalliques qui surélèvent légèrement le projecteur pour une meilleure stabilité sur une étagère ou un meuble, tout en facilitant un montage au plafond après avoir simplement retiré ces supports.
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
L’ensemble dégage une impression de sérieux, avec un plateau supérieur texturé imitant le cuir et une large couronne en aluminium entourant l’optique, ce qui renvoie immédiatement à un produit haut de gamme conçu pour rester à demeure dans une installation fixe.
Ses dimensions de 441 x 345 x 158 mm pour environ 11,5 kg soulignent qu’il s’agit d’un appareil destiné à un usage fixe en home cinéma, même si le gabarit reste raisonnable comparé à d’autres concurrents encore plus imposants, notamment chez Epson, Optoma, Sony ou JVC.
La façade est entièrement recouverte d’un tissu acoustiquement transparent, derrière lequel sont intégrés les haut-parleurs, permettant une esthétique épurée sans multiplication de grilles visibles.

Le dessus de l’appareil est particulièrement soigné, avec une finition agréable au toucher et une identité visuelle cohérente, plus proche d’un appareil hi-fi ou d’un amplificateur home cinéma que d’un simple vidéoprojecteur de salon.

Dès le déballage, on remarque que Xgimi a prévu une protection en mousse pour l’optique pendant le transport, à remplacer par un module de protection vitrée qui se fixe à l’avant, renforçant ainsi la sensation de manipuler un produit haut de gamme.
Les quatre pieds métalliques réglables permettent non seulement de stabiliser le Titan sur un meuble, mais aussi d’ajuster l’horizontalité pour limiter les corrections numériques.
Une fois retirés, le châssis s’adapte facilement à une installation au plafond, où son format relativement compact pour un projecteur lumineux est un atout.

Sur le flanc et à l’arrière, la ventilation est discrètement intégrée, avec des ouvertures qui ne perturbent pas le design général.
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Xgimi Titan // Source : Sylvain Pichot – Frandroid
Enfin, Xgimi a eu la bonne idée d’intégrer quelques boutons physiques de base directement sur le châssis, sous le panneau de connectique à l’arrière, accessibles même si l’appareil est suspendu au plafond à l’envers.

Ces boutons permettent d’allumer l’appareil, de naviguer à travers les menus et de valider certaines opérations sans avoir à compter uniquement sur la télécommande, ce qui est toujours appréciable durant l’installation ou en cas d’oubli de cette dernière.
Le design est très cohérent : ni ostentatoire ni trop minimaliste, mais clairement orienté vers une utilisation sérieuse en home cinéma avec des choix esthétiques et pratiques en ligne avec les ambitions techniques du produit.
Xgimi Titan Connectiques
Toutes les connectiques du Xgimi Titan sont regroupées à l’arrière, dans une zone qui reflète clairement sa vocation home cinéma. On y trouve deux entrées HDMI 2.0, dont une compatible eARC, pour le retour audio multicanal vers une barre de son ou un amplificateur home cinéma, indispensable pour profiter du son Dolby Atmos ou DTS-HD à partir d’un lecteur Blu-ray UHD ou d’un boîtier de streaming.
Le nombre de ports HDMI peut sembler limité, mais dans une installation typique, on utilise généralement un amplificateur audio-vidéo ou au minimum une barre de son qui centralise toutes les sources avant d’envoyer un seul câble vers le projecteur, ce qui relativise cette restriction.

En plus des ports HDMI, le Titan propose deux ports USB, dont un en 3.0 et un en 2.0, permettant de connecter une clé ou un disque dur pour lire directement des contenus via le lecteur intégré. On retrouve également une sortie audio numérique optique, une sortie mini-jack pour un système audio analogique ou un casque, un port Ethernet RJ45 pour une connexion réseau stable et une prise RS232 pour les intégrations domotiques ou les systèmes de contrôle personnalisés.

Le réseau ne se limite pas à l’Ethernet, puisque le Titan dispose également de Wi-Fi pour les mises à jour et certaines fonctions de lecture réseau. Cependant, en l’absence d’une véritable plateforme Smart TV intégrée, ce module ne permet pas d’accéder directement aux services de streaming. Cette absence d’interface « TV connectée » pourra surprendre les utilisateurs habitués aux vidéoprojecteurs plus grand public, mais elle est finalement cohérente avec une approche très orientée home cinéma, où l’on laisse cette tâche à des sources externes fréquemment mises à jour, comme un lecteur multimédia, un boîtier Apple TV, une Nvidia Shield TV ou une console de jeux moderne.
Le bloc d’alimentation est intégré, évitant ainsi d’avoir à cacher un gros transformateur externe et simplifiant le câblage, notamment en cas de montage au plafond.
La télécommande
La télécommande fournie avec le Xgimi Titan est identique à celle des modèles haut de gamme précédents, avec une finition métallique qui rassure immédiatement et un format compact mais suffisamment allongé pour une bonne prise en main. La seule différence notable est l’absence de touches dédiées aux plateformes de streaming.

La répartition du poids est bien équilibrée, les touches sont accessibles naturellement, et on ne ressent jamais l’impression de manipuler un accessoire trop léger ou trop creux, ce qui est important dans une salle obscure où l’on manie souvent à l’aveugle. La télécommande dispose ainsi de boutons dédiés pour les réglages automatiques, la mise au point, et surtout les modes d’image, avec quatre boutons permettant de passer rapidement d’un profil Standard à un profil Film, Vif ou TV selon le contenu visionné.

La télécommande fonctionne en Bluetooth, ce qui évite de devoir viser précisément le vidéoprojecteur, un aspect appréciable lorsque celui-ci est monté au plafond ou au fond de la salle. Elle bénéficie également d’un rétroéclairage, bien que celui-ci soit seulement partiel.
Un point à améliorer : la télécommande utilise des piles AAA classiques, contrairement à certains concurrents qui intègrent désormais des batteries rechargeables via USB-C ou des solutions hybrides avec un capteur solaire intégré.
Xgimi Titan L’écran
Le vidéoprojecteur Xgimi Titan est livré sans écran. Cela permet de garder une certaine flexibilité, mais si le budget est limité, il est tentant de l’installer sans écran (en utilisant un mur comme surface de projection), ce qui risque de faire perdre les avantages importants d’une surface optimisée. Comptez entre 500 et 2 700 € environ pour des écrans de différentes tailles bénéficiant d’un traitement spécifique.
Xgimi Titan Installation
L’installation du Xgimi Titan se base sur une optique à focale classique avec un zoom de 1,2‑1,8:1 et un lens shift motorisé généreux. Concrètement, cela signifie que l’on peut placer le projecteur sur une étagère ou le suspendre au plafond à plusieurs mètres de l’écran, tout en ajustant précisément la position de l’image sans déplacer le projecteur. Le lens shift vertical permet une correction de ±100 %, et le lens shift horizontal de ±40 %, offrant une large marge de manœuvre pour s’adapter aux contraintes de la pièce, qu’il s’agisse d’un écran déjà installé ou d’un mobilier encombrant.
Les réglages de zoom, de mise au point et de lens shift sont motorisés et accessibles via la télécommande, avec des menus dédiés facilitant le cadrage de l’image dans les limites de l’écran. Le calage s’effectue en quelques secondes, il suffit de jouer avec le zoom et le décalage depuis la télécommande pour obtenir une image parfaitement adaptée à un écran de 3 m (taille de notre écran de test).

Le Titan est également équipé de capteurs de proximité des deux côtés du châssis qui interrompent la projection si une personne s’approche trop près du faisceau, pour protéger les yeux. En pratique, ces capteurs peuvent être trop sensibles et bloquent l’image dès qu’on se déplace à proximité du projecteur, même en restant en dehors de l’axe direct du faisceau. Heureusement, cette fonction est désactivable.
En résumé, le Xgimi Titan se met en place facilement comme un véritable projecteur home cinéma : idéalement de façon permanente, avec un soin particulier pour le placement et les réglages optiques, mais sans difficulté technique réelle.
Xgimi Titan L’image en mode subjectif
Sur le plan subjectif, le Xgimi Titan s’est montré particulièrement convaincant, notamment par sa gestion de la lumière et sa précision sur de grandes bases d’image. L’association de la puce DLP 0,78 pouce et de la source double laser au phosphore produit une image dense, extrêmement lisible, avec une netteté très marquée qui évite l’excès de suraccentuation. La taille de la puce 0,78 pouce fournit une image plus stable et précise par rapport aux modèles équipés d’une puce de 0,47 pouce.

Les motifs de test montrent des lignes fines reproduites avec une grande netteté, des chiffres et des lettres parfaitement détachés, ainsi qu’une bonne homogénéité du centre aux bords de l’écran. Bien que l’image soit en définition Ultra HD simulée, elle est de très bonne qualité et fait usage du traitement XPR permettant une illusion de meilleure définition.
Dans un usage réel, avec des films et séries en Ultra HD, cela se traduit par des textures de peau, de tissus ou de décors très détaillées, sans halos colorés ni aberrations visibles, contribuant à une sensation de réalisme. Cela est dû à la qualité du module optique, offrant une excellente précision sur toute la surface de l’écran, y compris aux coins.
Xgimi propose plusieurs modes d’image influençant fortement le rendu global : Film, TV, Standard, Vif, Sport, Filmmaker et Performances. Les profils Standard, TV ou Sport ont tendance à avoir une température de couleur trop froide et à exagérer légèrement le contraste, ce qui peut désavantager la naturalité.

En revanche, les modes Film, Filmmaker ou IMAX Enhanced offrent une base plus équilibrée pour un usage cinéma, avec des couleurs nuancées et un contrôle dynamique amélioré, produisant un rendu global doux sans perte de détails. Après quelques tests, le mode Film permet d’obtenir une image particulièrement cohérente, même sans calibration approfondie.
Les contenus SDR bénéficient d’une image agréable, stable, avec une bonne lisibilité dans les ombres et des tons chair crédibles, à condition de modérer légèrement la puissance lumineuse dans une salle totalement sombre pour éviter une impression d’image trop « éclairée ».

En matière de contenus HDR et Dolby Vision, le Titan marque une différence notable avec la plupart des vidéoprojecteurs habituels. En lançant des films comme 1917, Dune: Part Two ou Top Gun: Maverick via un lecteur Blu-ray UHD, on remarque que la réserve de lumière permet au HDR de s’exprimer de manière convaincante sur très grande image. Les détails dans les hautes lumières, les reflets métalliques, les sources lumineuses ou les explosions conservent du relief sans exagérer la courbe du contraste, tandis que les zones sombres restent suffisamment lisibles, évitant un voile gris uniforme.
Le Titan parvient donc à maintenir une dynamique globale qui rappelle davantage un téléviseur haut de gamme qu’un projecteur classique, surtout lorsqu’il est associé à un écran technique à gain modéré renforçant la perception des noirs.
Il est à noter que Xgimi propose un véritable « double iris » dans une nouvelle version du Titan, le Titan Noir Max, qui, en plus d’être équipé d’une puce 0,47 pouce, devrait offrir, selon les annonces, un approfondissement des noirs dans des scènes sombres et une plus grande ouverture dans les séquences très lumineuses pour préserver la dynamique et les pics de luminosité. Pour le Titan Noir Max, Xgimi revendique un taux de contraste de 10 000:1.
Avec le Titan « classique », la colorimétrie, une fois bien choisie dans les modes adéquats, se révèle agréable au quotidien. Les films affichent des couleurs riches sans excès, avec des verts et des rouges suffisamment saturés pour donner vie à l’image, sans atteindre les niveaux de démonstration artificielle de certains systèmes à triples lasers RGB très agressifs. Le Titan réussit à offrir une douceur « cinéma », une image posée, stable, qui se laisse oublier au profit du contenu, ce qui est exactement ce qu’on attend d’un appareil destiné à une salle dédiée.
Avec les séries et films en streaming (via des sources externes), cette signature est maintenue : bonne lisibilité, netteté sans bruit excessif, couleurs plaisantes et un HDR contenu, meilleur que sur des modèles moins lumineux qui peinent à suivre.
La profondeur des noirs peut encore être améliorée par rapport à certaines références à matrices réfléchissantes, mais le compromis global reste solide, surtout si l’on choisit un écran adéquat et maîtrise bien la lumière ambiante.
Enfin, il est possible dans les menus d’appliquer un effet de correction dynamique du niveau de noir, fonction bien pensée et efficace, permettant de compenser les dérives colorimétriques du laser sans sacrifier les couleurs pour un meilleur taux de contraste.
La compensation des mouvements
La gestion des mouvements sur le Xgimi Titan nécessite une attention particulière, surtout avec des contenus cinématographiques tournés en 24p. Avec la compensation désactivée, un effet judder est assez perceptible pendant les panoramiques, fréquents dans de nombreux films, avec de petits à-coups qui peuvent déranger les spectateurs sensibles à ce phénomène. Xgimi a heureusement intégré une fonction de compensation d’images accessible dans les menus, disponible en SDR comme en HDR. L’activation de ce traitement améliore nettement la fluidité : en mode intermédiaire, les travellings ainsi que les mouvements de caméra deviennent plus réguliers, procurant une sensation de continuité agréable à regarder.
Cela dit, il est important de ne pas trop pousser les paramètres, car le mode le plus élevé tend à donner un effet « caméscope » prononcé, peu en phase avec une restitution respectueuse de l’intention cinématographique. D’après nos tests, le réglage moyen constitue un bon compromis.
L’effet arc-en-ciel
En tant que vidéoprojecteur DLP, le Xgimi Titan n’échappe pas totalement à l’effet arc-en-ciel, même si la combinaison de la grande puce de 0,78 pouce et de l’architecture double laser au phosphore limite son apparition. Dans des scènes très contrastées, avec des sous-titres blancs sur fond noir ou des objets lumineux sur des arrière-plans sombres, certaines personnes sensibles peuvent percevoir de légères franges colorées lors des mouvements rapides des yeux. Au cours des tests, cet effet a été relativement discret et n’a pas altéré l’expérience, même avec des contenus à fort contraste.
Il est à noter que la perception de l’effet arc-en-ciel est subjective : certains spectateurs n’y prêteront pas attention, tandis que d’autres seront plus réceptifs. Dans le cas du Titan, il semble que Xgimi ait suffisamment maîtrisé le phénomène pour qu’il ne devienne pas un obstacle lors d’une utilisation courante.
Xgimi Titan Nos mesures, sondes à l’appui
Pour commencer, le contraste natif en mode Filmmaker a été mesuré à environ 1 287:1, ce qui est correct, mais reste en deçà des meilleurs vidéoprojecteurs du marché, notamment ceux de Sony et JVC qui dominent ce secteur.
À la sortie de l’emballage, sans calibrage, nous avons obtenu une température moyenne des couleurs de 6 683 K, légèrement supérieure aux 6 500 K attendus, et un gamma moyen de 1,86, lui aussi en-deçà des attentes (2,4). De plus, pour la fidélité des couleurs, des ajustements sont nécessaires, car nous avons mesuré un Delta E moyen de 4,65, ce qui est au-dessus du seuil de 3, au-dessous duquel l’œil humain ne perçoit plus de différence entre la couleur demandée et celle affichée.

Le mode Film est quant à lui très cohérent et permet d’obtenir, dès la sortie de l’emballage, des mesures relativement satisfaisantes bien que perfectibles.
La grande force du Titan se situe dans sa luminosité. Malgré une légère dérive concernant le Tone Mapping, qui pourrait être mieux calée à la courbe de référence sur les valeurs les plus hautes, nous avons enregistré un pic de luminosité de 255 cd/m² pour une image de 3 m de base, soit 4 200 lumens en mode Filmmaker. C’est la mesure la plus élevée que nous avons obtenue à ce jour, tous modèles confondus. Le Horizon 20 Max affiche, également sur un écran de 3 m, une luminosité de 211 cd/m² dans des conditions similaires.

Contrairement aux téléviseurs où la luminosité chute avec une image occupant l’intégralité de l’écran par rapport à une image occupant 10 % de la surface, ici, nous avons bien les 255 cd/m² quelle que soit la taille de l’image.

Enfin, concernant la couverture des espaces colorimétriques, le Titan affiche un très bon resultat de 83 % pour le BT2020 et un convaincant 97 % pour le DCI-P3.
Xgimi Titan Gaming
Le Xgimi Titan n’est pas spécifiquement conçu pour le jeu vidéo, mais il offre des fonctionnalités qui le rendent crédible dans ce domaine, en particulier pour ceux qui souhaitent profiter de leurs consoles sur une très grande image. Tout d’abord, sachez que lorsque une PlayStation 5 ou une Xbox Series est détectée, l’appareil peut automatiquement activer un mode jeu via l’ALLM, désactivant au passage les traitements vidéo superflus qui augmenteraient la latence. Une fois ce mode activé, la réactivité de l’affichage s’améliore nettement : l’input lag descend à 32,8 ms, un niveau correspondant à un léger décalage d’environ deux images de retard à 60 Hz avec une définition UHD, ce qui est largement acceptable pour la majorité des joueurs.
Dans des jeux de course ou d’action comme Gran Turismo 7, on bénéficie d’une image très claire, avec une bonne impression de vitesse et de profondeur, renforcée par la grande diagonale permise par le projecteur. Les variations rapides de luminosité sur les circuits, où l’on alterne entre zones ensoleillées et passages plus sombres, sont bien gérées, avec un contraste suffisant pour garder une bonne lecture de la piste. La réserve de luminosité permet d’obtenir un rendu impactant, même si la pièce n’est pas totalement plongée dans l’obscurité, ce qui est souvent le cas lors de sessions de jeu conviviales.
Il est à noter que le Titan accepte les signaux Full HD jusqu’à 240 Hz, une capacité intéressante pour ceux qui cherchent la fluidité maximale sur un PC. Dans ce mode, l’accent est clairement mis sur la réactivité et la stabilité de l’image, parfois au détriment de certains raffinements d’image, ce qui correspond aux attentes de son public.
En pratique, après plusieurs heures de jeu, le Xgimi Titan se révèle être un compagnon de jeu très convaincant.
Xgimi Titan Audio, pour la forme
La partie audio intégrée du Xgimi Titan se veut avant tout une solution d’appoint, capable de dépanner ou de fournir le minimum dans une configuration sans système externe, mais elle ne peut évidemment pas rivaliser avec les ambitions vidéo de l’appareil. Derrière la façade en tissu se cachent plusieurs haut-parleurs qui délivrent un son clair, avec des dialogues bien intelligibles même à volume modéré, ce qui est appréciable pour des usages plus « TV » comme les talk-shows, les émissions sportives ou les nouvelles. Sur ce terrain, le Titan fait le travail, proposant un rendu net et articulé suffisant pour une écoute occasionnelle.

Cependant, lorsque l’on passe à des films ou des séries avec des bandes-son plus complexes, les limites du système se font rapidement sentir. Le registre grave manque de profondeur, réduisant l’impact des explosions, des effets de basse fréquence, ou des musiques orchestrales riches, et empêchant de ressentir pleinement la dimension spectaculaire de l’image projetée. La scène sonore reste confinée au niveau du projecteur, sans effet d’enveloppement, surtout si l’appareil est placé derrière le spectateur, une situation courante en fond de salle. La dynamique générale est correcte, mais ne donne pas l’impression d’atteindre le niveau d’une installation home cinéma dédiée, ce qui était attendu compte tenu de la fonction de ce système intégré.
Il convient de rappeler que l’appareil prend en charge des flux multicanaux via HDMI eARC et sortie optique, permettant facilement de déléguer la reproduction sonore à une barre de son ou, mieux encore, à un système de haut-parleurs piloté par un amplificateur home cinéma.
Xgimi Titan L’interface, des menus de configuration à disposition
À la différence des vidéoprojecteurs « tout-en-un » de la marque, mais comme ses concurrents directs, le Xgimi Titan ne possède pas un véritable environnement Smart TV, se concentrant sur ce qui intéresse principalement un utilisateur de home cinéma : les réglages de l’image, de l’optique et de la gestion de la lumière. La page d’accueil reste très sobre et oriente directement vers les entrées HDMI, le lecteur multimédia intégré, ou les menus de configuration, sans empiler de contenu provenant de plateformes de streaming. Pour accéder à ces dernières, il faut donc passer par une source externe, ce qui est de toute façon le cas dans les installations déjà dotées d’un lecteur UHD ou d’un boîtier de streaming.

Les menus du Titan sont organisés en plusieurs sections clairement identifiées, dont un bloc « Luminosité et écran » particulièrement détaillé. On y trouve les paramètres de base, comme la luminosité, le contraste, la saturation, la netteté, ou la température de couleur, ainsi que la compensation de mouvement, directement intitulée « Motion compensation ». En plus de ces réglages de base, un sous-menu « Paramètres professionnels » permet d’accéder aux fonctions avancées destinées aux utilisateurs souhaitant calibrer fine-tuned l’image : sélection de l’espace couleur, réglage du gamma, calibration en niveaux de gris sur 2 puis 11 points, gestion du contraste dynamique et régulation précise de la puissance laser de 1 à 10.
Les modes d’image SDR : Standard, Film, Vif, Sport, TV, Filmmaker Mode et Performance, sont disponibles pour ajuster les paramètres selon chaque contenu, chacun pouvant être modifié individuellement. En HDR, ces profils sont enrichis par des options IMAX Enhanced et HDR10+, ainsi que des variantes Dolby Vision Dark et Dolby Vision Bright qui adaptent la courbe de ton à la pièce et au type de contenu.
La gestion du contraste offre plusieurs réglages : contraste local, contraste dynamique, AI contrast, et une fonction Dynamic Enhancement associée à une correction dynamique du niveau de noir, permettant de compenser les variances colorimétriques causées par une modulation agressive de la lumière. L’ensemble est dense, voire intimidant au premier abord, mais offre une réelle flexibilité pour ajuster le rendu selon les préférences personnelles et les exigences de la salle.
Un lecteur multimédia interne est présent pour lire les fichiers stockés sur USB ou partagés sur le réseau, bien que le Titan ne cherche pas à rivaliser avec les meilleurs lecteurs spécialisés. Il remplit l’essentiel avec une compatibilité satisfaisante et une fluidité adéquate, mais les utilisateurs exigeants lui préféreront rapidement un lecteur externe plus performant pour les formats les plus délicats.
Enfin, la réactivité de l’interface est appréciable, les déplacements dans les menus sont fluides, et les modifications de paramètres s’appliquent rapidement, sans que le système ne semble peiner à suivre les commandes de la télécommande.
Xgimi Titan Consommation et nuisance sonore
Étant donné le niveau de luminosité annoncé, la consommation électrique du Xgimi Titan se situe dans des valeurs logiques pour ce type de produit. En pleine puissance laser, l’appareil consomme environ 310 watts, ce qui reflète la capacité de la source lumineuse à délivrer un flux élevé, utilisable sur de très grandes bases d’image. En baissant la puissance à un niveau intermédiaire, la consommation diminue significativement tout en restant largement suffisante pour un écran de 100 pouces dans une salle correctement contrôlée.
En ce qui concerne le bruit, c’est l’un des points forts : le projecteur, en marche à pleine puissance, est presque inaudible dans des conditions réelles. Même lors de scènes calmes à faible volume, le souffle de la ventilation reste discret, n’interférant pas avec l’immersion. Xgimi a apparemment considérablement travaillé sur la circulation d’air et le dimensionnement des ventilateurs pour atteindre un tel résultat, plaçant ainsi le Titan parmi les références en termes de silence de fonctionnement.
Xgimi Titan Date de sortie et prix
Le Xgimi Titan est disponible depuis le début de l’année 2026 sur le marché français, principalement via des revendeurs spécialisés en home cinéma et les grandes enseignes en ligne orientées vers l’audio-vidéo. Son prix s’élève autour de 3 999 euros. À ce tarif, il se positionne clairement dans la tranche haut de gamme des vidéoprojecteurs grand public, en concurrence directe avec certains modèles laser d’Epson, des références de matrices SXRD ou D‑ILA chez Sony et JVC, ainsi que quelques DLP très lumineux dédiés à un usage home cinéma exigeant. Le Titan se présente donc comme le vaisseau amiral home cinéma de la marque Xgimi.

